Scania est actuellement le seul acteur du marché européen capable de livrer un autocar Euro 6 fonctionnant au gaz. Pour ses bus fonctionnant au méthane, il faudra attendre encore quelques mois avant qu’ils deviennent une réalité commerciale en France.
Actuellement, les cars et les bus Scania fonctionnant au gaz font appel au 5 cylindres de 9 litres type OC09, réglé à 280 ch/1 350 Nm ou bien à 320 ch/1 500 Nm. Pour l’heure, l’offre gaz de Scania se concentre sur le GNC (gaz naturel compressé) et comprend le bus Citywide, ainsi que le car Interlink. En raison de la rehausse de 40 cm provoquée par les bouteilles en toiture, l’Interlink gaz n’est proposé qu’en version basse Low Decker à deux essieux, de 10,9 à 13,2 m. Le Citywide gaz est, pour sa part, disponible en versions Low Floor et Low Entry, de 10,9 à 18,1 m. Il est d’ailleurs possible de créer ces véhicules grâce au configurateur du site scania.com. Le surcoût de l’équipement gaz représente de 35 000 à 40 000 euros sur un Interlink, et un peu moins sur un Citywide. L’autonomie atteint 500 à 600 km avec le Citywide et 600 à 800 km pour l’Interlink. Quant à la consommation, on constate une parité entre le litre de gazole et le kilo de méthane.
La transmission du Citywide se fonde sur une boîte automatique à convertisseur de couple ZF 6AP Ecolife. Depuis novembre 2016, la boîte automatisée Scania Opticruise peut être associée au moteur gaz OC09. Offrant un meilleur rendement par rapport à une boîte à convertisseur, l’Opticruise est le choix de raison pour l’Interlink gaz.
En 2015 et 2016, les comptes sont limpides, avec zéro livraison de Citywide gaz. L’année 2016 a cependant enregistré huit commandes et la réponse à un appel d’offres de la RATP pour 60 à 80 véhicules livrables à partir de fin 2017. Et 2017 débute de façon encourageante, avec la livraison de 7 Citywide gaz aux Trace (Transports en commun de Colmar et Environs), dont 6 véhicules de 12 m et un articulé de 18 m. Dans le cadre d’un appel d’offres de la RATP pour 600 véhicules gaz livrables sur trois ans à partir de 2018, Julien Jarossay, responsable cars et bus chez Scania France, estime que la marque a bon espoir d’obtenir au moins l’un des trois lots de 200 véhicules. À ce jour, la RATP exploite déjà 210 bus Scania, mais ce sont des véhicules diesel.
L’Interlink gaz est le premier car Euro 6 fonctionnant au méthane. Au nombre d’un unique exemplaire en 2015, ses livraisons se poursuivent avec 17 exemplaires en 2016, et un objectif de 40 unités en 2017. Ce qui n’a rien d’illusoire, puisque Scania avait déjà 20 véhicules en commande à la fin février 2017. Les acheteurs de l’Interlink gaz réagissent par ce modèle aux exigences nouvelles de la Ville de Paris. L’Interlink gaz permet par ailleurs des réponses alternatives aux appels d’offres, en proposant le gaz à des utilisateurs qui ne l’envisageaient pas initialement.
Dès le second semestre 2017, Scania commercialisera un nouveau moteur à gaz de 13 litres. Si la demande le justifie, il pourra être installé sur des cars de tourisme et alimenté par du méthane liquéfié (GNL). Le faire fonctionner au GNC entraînerait l’installation de bouteilles en toiture, ce qui augmenterait la hauteur hors tout de façon inacceptable, soit au-delà de 4 m.
Les énergies alternatives étant fortement dépendantes de décisions purement politiques, l’actuelle période pré-électorale est particulièrement calme quant aux appels d’offres. Toutefois, l’envol du marché est pour bientôt si l’on mise sur l’obligation, à partir de 2020, de renouveler les flottes avec 50 % de véhicules gaz ou électriques dans les périmètres de transport urbain (PTU) de plus de 250 000 habitants, ce taux passant à 100 % en 2025. Dès lors, disposer d’alternatives crédibles au diesel sera, pour les constructeurs, une question de survie sur le marché français.
