Pour redynamiser la mixité et l’égalité professionnelles dans le transport routier, l’AFT et ses partenaires ont, le 8 mars, lancé Itinéraire Égalité, un dispositif de conseils en ressources humaines destinés aux dirigeants d’entreprise et qui suggère d’intégrer la vie sociale des femmes.
« L’égalité professionnelle est un droit », rappelait le président de l’AFT Jean-Paul Deneuville, en préambule au lancement, le 8 mars, du dispositif Itinéraire Égalité. « Et la mixité est un enjeu professionnel par rapport aux écarts de salaire », surenchérissait Carine Chevrier, déléguée générale à l’emploi et à la formation professionnelle. De fait, seuls 10 % des conducteurs du transport routier de marchandises sont des femmes. Ce pourcentage est de 37 % dans le transport de voyageurs et, même s’il progresse régulièrement, il est encore loin des 50 % requis. « Pour parvenir à cela, ajoutait Carine Chevrier, nous disposons de trois leviers d’accompagnement. Le Fonds structurel social européen a attribué 30 millions d’euros à la France pour entreprendre la démarche du partage des enjeux de l’égalité et de la mixité dans le milieu du travail. Sur ces 30 millions, les régions en ont reçu 25 pour entretenir les 60 projets qu’elles ont déjà en cours. Le second levier est l’OPCA, qui finance les formations, et le troisième est le couplage du Label Diversité et du Label Égalité qui attribue le Label Alliance pour les démarches internes ou externes. » Les fonds et les 40 supports et fiches-outils du dispositif Itinéraire Égalité étant disponibles, l’AFT compte bien les voir utilisés car le secteur a besoin des femmes, en particulier dans les activités de conduite. « Notre secteur connaît toujours des problèmes de recrutement et le recrutement féminin offre un fort potentiel, appuyait encore le président de l’AFT. Mais pour attirer les femmes dans le transport, il faut que les entreprises changent leur mentalité et apprennent à intégrer les conditions de la vie sociale dans leurs critères de recrutement et de gestion des ressources humaines. » En témoignait Mickaël Goalec, directeur des ressources humaines des Routiers Bretons. Loin de suivre la règle des groupes de transport qui prétendent « traiter les femmes comme les hommes car elles font un métier d’hommes », celui-ci expliquait embaucher des femmes pour leurs compétences et leur potentiel d’évolution en prévoyant avec elles leurs congés maternité ou parentaux et leur retour à l’emploi. « Ainsi, la gestion du personnel est anticipée et le retour à l’emploi est plus serein et plus volontaire, parce que la mère sait que la garde de son enfant est assurée, complétait-il. De ce fait, chaque retour est traité différemment selon les personnes. » Du coup, l’idée d’entreprises intégrant des crèches ou des supérettes dans leurs locaux pour faciliter la vie des mères de famille, et ainsi les attirer dans l’entreprise, se faisait jour à travers cette vision nouvelle du travail au féminin. Avec l’interrogation de savoir pourquoi personne n’y avait pensé plus tôt.
