Au tramway de Tours s’ajoute la ligne de bus Tempo, également à haut niveau de service, ainsi qu’un réseau classique de bus, des parkings relais, des parcs à vélo, un service de covoiturage et d’autopartage… À chacun sa ville.
Sur l’ensemble des 22 communes de l’agglomération de Tours, la multiplicité des moyens de transport et des solutions mises à disposition se révèle des plus variées. Au côté du tramway, près de 56 % des voyages en transport en commun sont effectués en bus. La ligne 2 notamment, dite Tempo, vise le même haut niveau de service que le tram. De plus, d’est en ouest, trois autres lignes sont directement connectées au tram, tandis que douze lignes urbaines, onze lignes suburbaines, pour les communes les plus éloignées, dix-neuf lignes spéciales (aux heures d’entrée et de sortie des universités, lycées et collèges) et une ligne ultracitadine (par minibus électrique) enrichissent l’offre. À noter par ailleurs que toutes les communes desservies par le réseau Fil Bleu bénéficient d’une desserte le dimanche et que deux services spéciaux, Flexo et Resago, ont été récemment créés sur certaines zones. Flexo, pour flexible, est un service qui permet de desservir, à la demande, des arrêts situés au-delà du terminus: à sa montée dans le bus, le client indique au conducteur l’arrêt souhaité. Resago pour réservation, avec cinq lignes assurées par des taxis dont les départs sont déclenchés uniquement par réservation téléphonique au service client Fil Bleu (la veille pour le lendemain matin ou le matin pour l’après-midi).
Une des particularités de l’agglomération tourangelle est qu’elle dispose de deux gares TGV: une en plein centre-ville, l’autre sur Saint-Pierre-des-Corps. Le tramway ligne A permet déjà d’accéder directement aux quais de la gare TGV de Tours centre.
Autre élément marquant, la présence de sept parkings relais, automatisés et accessibles 24 h/24, positionnés aux principales entrées de l’agglomération. Ils facilitent le passage de la voiture au tram ou au bus. La journée de stationnement, titres de transport compris, ne s’élève qu’à 2,90 euros par véhicule, la prestation étant gratuite avec l’abonnement Fil Bleu. Les derniers chiffres connus indiquent une fréquentation globale des parkings relais à plus de 200 800 véhicules sur 2016, soit en moyenne plus de 16 730 voitures par mois.
De plus, d’après une étude INSEE, Tours se classe en cinquième place des villes cyclables en France. Et 7 % des trajets domicile-travail seraient effectués à vélo. Il faut dire que l’agglomération propose 577 km d’aménagements cyclables (pistes dédiées, bandes spécifiques, voies vertes, zones mixtes avec modes motorisés, etc.). Il existe aussi, le long de la ligne A du tramway, pas moins de 7 parcs à vélos fermés et sécurisés (avec accès gratuit pour les abonnés Fil Bleu). En dehors des heures de pointe données entre 7 et 9 heures et de 16 à 19 heures en semaine, il est également possible d’embarquer son vélo dans le tramway. Enfin, pour ceux qui ne disposent pas de bicyclette personnelle, un service de location longue durée trois, cinq ou onze mois Vélociti existe sur Tours depuis 2006. Pour les abonnés Fil Bleu, cette location ne revient qu’à 3 euros par mois (5 euros par mois pour les non-abonnés). En moyenne, 719 vélos ont été loués chaque mois en 2016 (+ 28 % par rapport à 2015).
Dans son guide de la mobilité, Tour(s)plus n’oublie pas non plus les inconditionnels de la voiture, mais les incite néanmoins à l’utiliser autrement. Ainsi, un service de covoiturage est proposé via le site covoiturons-en-touraine.com, et la voiture en libre-service existe également avec le service Citiz (10 véhicules) sur tours.citiz.coop. Pour finir, notez que le service dédié de transport à la demande pour les personnes à mobilité réduite, lui, se nomme Fil Blanc: la ligne de tramway est entièrement concernée puisque 100 % accessible, et 90 % du réseau de bus Fil Bleu le propose aussi.
21 rames de tramway (Alstom); 163 bus, tous Euro6 (Solaris, Mercedes, Iveco, Scania, Van Hool…).
36,1 millions de voyages (contre 35,5 millions en 2015) dont 44 % pour le tramway et 56 % pour les bus.
Journée record en fréquentation: 165 000 voyages pour l’ensemble du réseau; 70 000 pour le tramway; 23 000 pour la ligne de bus Tempo à haut niveau de service.
Abonnements: 66 % de la fréquentation du réseau (contre 65,6 % en 2015).
Bus & Car/Connexion: Quel bilan tirez-vous du réseau Bus + Tram lancé il y a un peu plus de trois ans?
Frédéric Augis: C’est un grand succès. Il y a 60 000 voyages par jour sur la ligne de tramway. De façon globale, on voit bien que nos deux services de transport en commun en site propre, le bus à haut niveau de services et le tramway, remportent l’adhésion des usagers. C’est un succès en matière de sécurité des horaires, et c’est pour cela que nous étudions actuellement une seconde ligne de tramway. Notre réseau est en développement, alors nous faisons de la prospective à dix ou vingt ans afin d’anticiper les besoins de notre future métropole.
BCC: Quelle est désormais la stratégie de mobilité sur votre territoire?
F. A.: Les mobilités sont au cœur de l’action métropolitaine. Nous voulons développer encore le transport en commun, mais aussi toutes les formes douces de déplacement, comme la marche, le vélo et le vélo électrique. Assurément, une seconde ligne de tramway verra le jour et nous discutons de son tracé. Nous réfléchissons à partir des éléments structurants de la métropole tourangelle, à savoir ses hôpitaux, universités et gares. Nous savons qu’en dessous de 30 000 voyages par jour, le projet n’est pas viable. Il faut réussir le maillage de la Métropole. Différentes variantes de tracés seront présentées avant la fin de ce printemps. Nous entrerons alors dans une phase de concertation pour définir le meilleur tracé.
BCC: Avec votre flotte de près de 160 autobus, quelles sont aujourd’hui les perspectives?
FA: Tous nos autobus diesel sont Euro 6, et nous venons juste de terminer leur renouvellement. Avec ce parc, le transport de voyageurs ne représente que 1 % des émissions polluantes de l’agglomération. Reste que pour notre prochain renouvellement, à l’horizon 2020, nous étudions une évolution énergétique. Nous sommes, par exemple, allés voir la ville du Mans, qui utilise des véhicules au biogaz. Et nous regardons aussi ailleurs, pour savoir ce qui se fait sur des réseaux de notre taille.
