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Analyse

Services librement organisés: premier bilan environnemental au vert

Une évaluation de l’impact environnemental du développement du transport par autocar sur les liaisons supérieures à 100 km fait apparaître des résultats positifs. Réalisée par l’Ademe, cette étude confirme le caractère vertueux de l’autocar et son rôle complémentaire dans l’offre de déplacements.

Selon une étude de l’Ademe, l’ouverture à la concurrence du marché domestique des liaisons par autocar est plutôt bonne pour l’environnement. Les auteurs de cette étude ont retenu trois critères d’évaluation: le report modal, le niveau de consommation de carburant et d’émissions de polluants de la flotte d’autocars, et le taux d’occupation des autocars. La comparaison a ensuite été établie entre deux scénarios, l’un avec transport par autocar, l’autre sans. L’étude a porté sur neuf mois, divisés en trois trimestres: le dernier trimestre 2015, et les deux premiers trimestres 2016. Une nouvelle évaluation est prévue, qui portera sur les trois premières années de l’activité.

Les bons bilans de l’autocar s’expliquent principalement par les hauts niveaux d’émissions polluantes de la voiture individuelle, du covoiturage ou du transport aérien, concurrents des services librement organisés sur de nombreuses destinations. Les cars utilisés sont tous aux normes Euro V ou Euro VI et bénéficient de technologies de traitement des polluants. En revanche, dans les cas de lignes opérées sur des trajets également desservis par le train, le bilan environnemental reste à l’avantage du ferroviaire. « L’évaluation de l’Ademe confirme les qualités environnementales du transport par autocar, commente Ingrid Mareschal, déléguée générale de la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV). Et les critiques avancées avant la libéralisation du marché sont battues en brèche: l’autocar ne constitue pas une menace pour le train, mais plutôt une offre complémentaire à des niveaux tarifaires plus accessibles que le TGV. »

Le rôle déterminant du taux d’occupation

Les résultats de l’étude montrent une amélioration continue des impacts, due principalement à l’évolution du taux d’occupation. Selon l’Ademe, « le bilan environnemental du transport par autocar devient positif à la fois pour les émissions de gaz à effet de serre et pour les polluants à partir d’un taux d’occupation de 38 % ». Cette limite a été dépassée en France au deuxième trimestre 2016 suite à l’optimisation de l’offre effectuée par les opérateurs de transport par autocar, qui ont réduit la fréquence sur certaines lignes et la desserte de certaines villes. Et les choses devraient encore s’améliorer, même s’il est difficile de donner une tendance. « Comme le montrent les bilans publiés par l’Arafer, le taux d’occupation des autocars est très variable, notamment en fonction de la saisonnalité, et nous manquons d’antériorité pour établir des prévisions sur le marché des services librement organisés, précise Ingrid Mareschal. Mais il est bien évident que les opérateurs ont intérêt à accroître les taux d’occupation! » Les auteurs de l’étude de l’Ademe rappellent également qu’en Allemagne, où le transport par car a été libéralisé en 2013, le taux d’occupation moyen a augmenté régulièrement, pour dépasser les 50 % en 2016.

Pour affiner encore l’analyse, le territoire français a été découpé en six zones géographiques, selon les axes de circulation Nord, Est, Ouest, Centre, Nord-Sud et Est-Ouest. De fortes hétérogénéités sont observées selon les axes géographiques, explicables par une répartition modale et des taux d’occupation différents. Les bilans CO2 des axes Centre et Ouest deviennent positifs au deuxième trimestre 2016. Les axes Nord et Est, où le report depuis le ferroviaire est plus marqué, conservent un bilan CO2 défavorable au transport par autocar. Le bilan sur les émissions de polluants passe en faveur du transport par autocar sur l’ensemble des axes (sauf l’axe Nord, où l’impact sur les NOx reste défavorable). Mais quelle que soit la destination choisie, la motivation première des clients des autocars reste le prix du voyage, qui reçoit la note de 9,4 sur 10 de la part des personnes interrogées dans le cadre de l’étude de l’Ademe.

Note: l’Ademe a réalisé cette étude intitulée Évaluation de l’impact environnemental du développement du transport par autocar avec le cabinet AJBD, en étroite collaboration avec l’Arafer et les six opérateurs de transport régulier interurbain de voyageurs.

Un marché encore en croissance

La libéralisation du transport régulier interurbain de voyageurs par autocar a été rendue possible, en France, pour toute liaison supérieure à 100 kilomètres, par la loi n° 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques. Six opérateurs proposent une offre de service régulier interurbain couvrant tout le territoire national. Selon les données de l’Arafer, à la fin du mois de juin 2016, soit la période couverte par l’étude de l’Ademe, le réseau de l’offre commercialisée se compose de 257 lignes permettant aux voyageurs d’effectuer 1 105 liaisons distinctes et desservant 193 villes françaises. À cette date, les services de transport par autocar librement organisés avaient transporté 3,4 millions de passagers. Fin 2016, ce chiffre s’élevait à 6,91 millions.

Des voyageurs plutôt jeunes et mobiles

Selon l’Ademe, les moins de 35 ans représentent 68 % des utilisateurs des services de transports par car développés depuis la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques. Parmi ces derniers, 42 % ont même moins de 25 ans. Ainsi, 38 %des voyageurs sont étudiants, 40 % sont en activité, 11 % sont inactifs et 10 % sont retraités. Les femmes représentent quant à elles 53 % des utilisateurs. Près des trois quarts (72 %) des voyageurs des services librement organisés n’ont pas le permis de conduire, et 43 % indiquent que leur foyer ne dispose d’aucun véhicule. Toujours selon l’Ademe, 37 % des passagers effectuent plus de 12 déplacements supérieurs à 100 km dans l’année, alors que la moyenne nationale s’établit à 4,3 km. Seul un client sur dix aurait renoncé à son déplacement en l’absence d’une offre de transport par car. Mais 50 % des déplacements auraient été effectués par le train et 37 % en voiture (dont 22 % en covoiturage via une plate-forme de mise en relation).

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Auteur

  • Sandrine Garnier
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