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Corolis

Beauvais reprend son réseau en main

Après avoir envisagé le retour à la régie intégrée, les élus beauvaisiens ont conservé leur délégataire, mais opté pour un fonctionnement plus transparent et pour un réseau mieux connecté avec la nouvelle agglomération afin de répondre aux attentes des habitants. Lancée à l’automne, la nouvelle offre est en période d’évaluation.

Lancé dans les années 60, restructuré en 1978, le réseau Corolis a évolué au fil du temps. Résultat: des adaptations et des ajouts devenus peu lisibles pour les Beauvaisiens et une perte d’efficacité sur certaines dessertes. Le renouvellement de la délégation de service public (DSP), en 2016, a été l’occasion de faire bouger les lignes. Une nécessité renforcée par la croissance de la communauté d’agglomération du Beauvaisis, passée de 31 à 44 communes au 1er janvier 2017. « Un rapport de la Chambre régionale des comptes avait attiré notre attention sur l’absence de transparence financière. Nous avons donc demandé à notre délégataire Transdev de créer une société dédiée pour la gestion du réseau, Beauvaisis Mobilités. Notre priorité est de savoir exactement à quoi sert chaque euro investi », déclare Jacques Doridam, vice-président de la communauté d’agglomération du Beauvaisis en charge des transports.

« À l’automne 2016, nous sommes passés de 18 à 13 lignes régulières, sans pour autant réduire l’offre de transport, mais en l’optimisant et en renforçant les fréquences », explique Julien Rufin, directeur du réseau Corolis depuis 2015. Le réseau s’articule désormais autour de deux lignes structurantes, Chrono 1 (est-ouest) et 2 (nord-sud), qui relient les quartiers les plus densément peuplés, le campus, l’hôpital, la gare, les quartiers d’activité et le centre-ville, où elles partagent un tronçon commun. Avec un bus toutes les 10 à 15 minutes, l’objectif est de créer un effet d’entraînement.

Desserte zonale évolutive

Une attractivité renforcée par le tarif à 1 euro par jour du billet unique de transport (BUT), lequel donne également accès au vélo en libre-service. Commercialisé depuis janvier 2015, ce billet unique représente 60 % des recettes commerciales. Un choix assumé: « Le BUT soutient la fréquentation sans affaiblir les recettes », affirme Jacques Doridam. Fin 2016, la fréquentation du réseau était en hausse de 3,57 %. Le taux de couverture des recettes de billetterie sur les coûts de fonctionnement s’établit entre 15 et 18 %, le solde étant apporté par le budget de la collectivité locale. Le versement transport acquitté par les entreprises de plus de 10 salariés (5,3 millions d’euros) devrait augmenter progressivement avec l’élargissement du périmètre de transport urbain (PTU). Son application sera toutefois lissée sur cinq ans. « Nous avons engagé une étude pour mieux déterminer le service à apporter aux nouvelles communes du PTU », précise Jacques Doridam. Dans le même souci de co-élaboration, le rôle des comités de ligne sera renforcé, avec l’objectif de « faire des usagers une véritable force de proposition », poursuit l’élu.

Pour desservir certaines zones commerciales ou d’activité excentrées, les lignes Chrono Pro ont été pensées pour les actifs, en correspondance avec les lignes Chrono 1 et 2. Entre 6 h 30 et 9 heures, les véhicules ne s’arrêtent qu’aux stations demandées par les usagers, qui doivent réserver le passage de la navette pour la fin de journée. En fonction de la fréquentation, certaines lignes pourraient être pérennisées. Le même souci d’efficacité a permis le maintien du transport à la demande, dont chaque course revenait à 60 euros avant la refonte du réseau. Aujourd’hui, la réservation préalable est plus contraignante et permet un groupage qui réduit le coût de fonctionnement de ce service.

L’aéroport de Beauvais-Tillé est désormais desservi par la ligne 6, depuis le centre-ville en passant par la gare routière et la gare SNCF. En plus, une navette spécifique relie les principaux hôtels de la zone aéroportuaire. « Nous attendons la fin de la saison estivale pour tirer le bilan de cette nouvelle desserte », précise Jacques Doridam. Là encore, priorité est donnée à la réalité de la demande.

Deux bus électriques dès 2018

Le parc de véhicules du réseau Corolis compte 32 bus standard (15 hybrides, 13 GNV, 4 gazole) et 5 minibus. « La conversion à l’électrique fait partie des priorités, affirme Jacques Doridam. Nous allons diligenter une étude de faisabilité, dans la perspective d’un appel d’offres pour une livraison de deux véhicules en 2018. »

L’installation d’une unité de production du constructeur BYD sur la commune d’Allonne, au sud de l’agglomération, pourrait faciliter les choses… mais tout reste ouvert, à ce jour. L’industriel chinois, dont un véhicule a été testé récemment par la RATP, projette de produire une centaine de navettes électriques de 12 m chaque année, à partir de 2018.

Réflexion sur le pôle d’échanges multimodal

Jacques Doridam prépare la réorganisation du pôle d’échanges multimodal (PEM) de Beauvais, « en améliorant le lien entre la gare SNCF et la gare routière, située près de la mairie ». Un projet en lien étroit avec la politique de stationnement. L’agglomération vient d’ailleurs de signer un contrat avec Indigo (groupe Vinci) pour la gestion du stationnement payant, qui a été étendu à tout le cœur de ville. Pour inciter à l’usage des transports publics, des places de stationnement gratuites ont été créées en périphérie. Autre paramètre à prendre en compte: le projet de ligne ferroviaire Roissy – Picardie mettrait l’aéroport de Roissy à une quinzaine de minutes de Creil. Avec une prévision de trafic de 2,8 millions de voyageurs par an, cette liaison fournirait aux Oisiens une alternative à la voiture pour rejoindre le bassin d’emploi de Roissy. Prévue pour 2020, la mise en service de la ligne a été reportée à 2030 par le secrétaire d’État aux Transports.

Une communication primée

La restructuration du réseau s’est accompagnée d’un changement de logo et d’image, avec une nouvelle signature: Redécouvrez la ville. « Nous souhaitons que notre réseau devienne un vrai choix de mode de transport pour tous les Beauvaisiens, pas seulement ceux qui n’ont pas d’autre solution », résume Julien Rufin. La campagne de communication, déployée à l’automne 2016, a d’ailleurs été primée dans le cadre des Challenges de la Journée du Transport public.

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Auteur

  • Sandrine Garnier
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