Daniel Mach: Pour installer une relation de proximité avec les voyageurs des transports en commun, notamment avec les jeunes qui, aujourd’hui, ont une véritable culture du bus, bien plus que notre propre génération. Et aussi parce que nous sommes en route vers une nouvelle mobilité qui tient compte de la transition énergétique. En 2015, le président Jean-Marc Pujol m’a confié la vice-présidence de la mobilité dans notre agglomération. J’ai alors posé un regard non pas d’élu, mais d’usager sur le service rendu. On desservait les trente-six communes de notre très vaste territoire, mais j’avais le sentiment qu’on ne répondait pas totalement aux attentes des usagers.
D. M.: Nous avons considérablement avancé. Historiquement, la CTPM (Compagnie de transport Perpignan-Méditerranée) desservait prioritairement la ligne Perpignan–Canet-en-Roussillon. Aujourd’hui, toutes les communes sont dans le réseau. Ainsi, les grands-parents de ma commune de Pollestre peuvent aller très facilement visiter leurs petits-enfants en ville, et les jeunes se rendre aisément à la plage. Mais on ne peut pas desservir de la même manière les lignes de la troisième et de la quatrième couronne, lesquelles sont plus éloignées et qui, comprenant peu d’habitants, ont peu de passagers dans leurs bus. C’est pourquoi nous réfléchissons à un service de transport en commun à la demande et avons lancé une étude sur les attentes des habitants.
D. M.: Tous nos bus sont équipés de deux caméras vidéo et nous avons engagé cinq médiateurs sur les lignes réputées sensibles. Ils travaillent en liaison étroite avec les médiateurs dans les quartiers. Et nous avons mis en place une cellule d’échange d’informations qui rassemble tous les trois mois nos services, ceux de la police nationale, municipale et du procureur de la République.
D. M.: Cela concernait essentiellement le quartier du Bas-Vernet. Entre fin 2015 et début 2016, les bus étaient régulièrement caillassés. Pendant plus de huit mois, nous avons interrompu le service, ce qui a obligé les usagers, souvent parents ou grands-parents des casseurs, à parcourir parfois un kilomètre à pied pour rejoindre une autre ligne. Et nous avons organisé des réunions dans ce quartier avec tous les acteurs.
D. M.: C’est en projet et je dirais même en chantier, car les discussions sont entamées. Deux études sont lancées de part et d’autre pour parvenir à mutualiser les moyens et les investissements. Les conclusions de ces études seront publiées avant mi-2018 pour une mutualisation programmée avant la fin 2018.
D. M.: Non, car les tarifs ne sont pas si éloignés. Quelle que soit la distance, le voyage coûte 1 euro dans un bus départemental et 1,30 euros dans un bus de Sankéo, alors qu’il tombe à 56 centimes avec abonnement. Il faut changer tout ça, car les usagers n’y comprennent rien.
La nouvelle identité des transports en commun de l’agglomération de Perpignan a été créée par l’agence Graphéine, de Lyon. « Sankéo, c’est une version moderne de l’expression identitaire catalane sang et or », explique Jean-Marc Pujol, le président de la collectivité perpignanaise. Dans une création graphique très origami qui fait référence aux facettes du grenat de Catalogne, la nouvelle image se veut dynamique et d’avant-garde pour séduire les jeunes. « D’ici le mois de septembre, les cent vingt véhicules de la flotte seront aux nouvelles couleurs de la compagnie », assure Anthony Fernandez, le directeur de Vectalia Perpignan. C’est Vectalia Perpignan qui avancera le budget de 600 000 euros pour installer cette nouvelle identité visuelle.
