Avec le retour de la belle saison et la multiplication des déplacements de voyageurs qui l’accompagne, les nouvelles mobilités se voient mises à l’épreuve du nombre et de la suractivité. Les résolutions prises dans l’engourdissement hivernal cèdent le pas aux grandes manœuvres et les projets changent d’angle, voire d’objectif. Ainsi, les cars des lignes à services librement organisés (ex-cars Macron) retiennent moins l’attention pour les services qu’ils rendent que pour ceux qu’ils n’offrent pas, à savoir l’absence de gares routières dignes de ce nom. L’urgence de les aménager est donc lancée parmi les opérateurs et les collectivités, bien que personne ne semble encore déterminé à se charger du financement. Idem pour la gratuité des transports publics, qui se voit revue à l’aune tant des réductions des finances publiques que de la sur-utilisation des réseaux, laquelle génère toujours plus d’investissements.
Plus inattendu est le changement d’attitude vis-à-vis de la traction électrique qui se fait jour chez le Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif). Alors que la présidente du Stif Valérie Pécresse ne jurait que par le mode électrique, voici que celui-ci ne semble plus trouver grâce à ses yeux. En cause, sa faible autonomie par temps chaud ou froid à cause de la climatisation, sa maintenance complexe et, surtout, son coût d’achat et d’usage, comme en témoigne l’opérateur Transdev chargé de tester les nouvelles motorisations. L’hybride, qu’on voyait comme une solution refuge, fait fuir lui aussi pour ses coûts d’achat, de maintenance et de formation à la conduite. L’argent s’immisce donc au plus fort de l’engagement environnemental et rebat les cartes technologiques dans le sens pratique. Dans ce jeu de black jack, le gaz naturel pour véhicule ressortirait comme la solution la plus efficace, la moins onéreuse et la plus polyvalente. Une option que les constructeurs prônent depuis longtemps, Heuliez, qui annonce 40 millions de kilomètres parcourus en motorisation au gaz, et Iveco Bus les premiers.
