Newsletter S'inscrire à notre newsletter

Magazine

Opérateurs et billettique

Transdev implante le ticket SMS à Rouen

Pas de monnaie pour prendre le bus Pas eu le temps de recharger son forfait de transport? Proposé par Transdev en partenariat avec Atsukè, le ticket SMS offre une solution simple et peu onéreuse qui permet à la fois de lutter contre la fraude passive et de simplifier la gestion des titres vendus à l’unité.

Expérimenté à Belfort dès 2009, le ticket par SMS était resté une exception. Il revient en force aujourd’hui, après la transposition de la directive européenne sur les paiements (DSP2) adoptée fin 2015. L’adoption de la loi pour une République numérique, en mai 2016, a facilité les paiements par SMS en habilitant les opérateurs de téléphonie mobile à enregistrer des transactions financières. Depuis 2007, les opérateurs de téléphone bénéficiaient d’une exemption sur les services numériques, ce qui permettait par exemple aux abonnés d’acheter des sonneries pour leur smartphone. La loi permet désormais d’étendre cette autorisation aux paiements de titres de transport, de parking, et aux dons (comme le demandaient les associations).

Dès le mois de février 2017, Rouen a été la première ville à adopter ce service proposé par Transdev, en partenariat avec la société Atsukè, start-up française spécialisée dans les solutions de mobile ticketing. Le principal intérêt du paiement par SMS est sa facilité d’usage. Il suffit de posséder un téléphone mobile pour y avoir accès, ce qui permet de s’affranchir de la barrière technologique que représente encore le smartphone. De plus, pas d’application à télécharger ni de problème de compatibilité avec tel ou tel système d’exploitation. Chaque titre de transport acheté par SMS est débité sur la facture de l’opérateur mobile du client.

Réduire la fraude

La commande du titre de transport se fait par le simple envoi d’un code par SMS. Le client reçoit en retour son titre de transport. Ce titre numérique contient plusieurs informations (date d’émission, date de validité, prix, code de contrôle visuel) permettant l’authentification. À Rouen, le ticket SMS coûte 1,60 €, et reste valable une heure. Le contrôleur peut s’assurer de la validité du titre soit en le scannant soit en saisissant le code de contrôle. L’application mobile de contrôle se synchronise alors automatiquement avec le serveur des titres de transport. « Cette application s’installe très facilement sur les terminaux des contrôleurs », précise Damien Bousson, président d’Atsukè.

Idéal pour réduire la fraude, le ticket numérique s’adresse particulièrement aux voyageurs occasionnels, ou aux voyageurs réguliers dont la validité du titre a expiré. Une cible évaluée à près de 3 millions de titres par an sur le réseau Astuce de Rouen. Très rapidement, c’est un succès: plus de 10 000 titres SMS ont été vendus dès le premier mois, soit l’équivalent des ventes de titres « 1 voyage » sur neuf distributeurs pour la même période! Trois mois plus tard, la barre des 1 000 titres par jour était atteinte. Et le 20 juin, le réseau Astuce annonçait 75 000 titres vendus, soit l’objectif fixé pour 2018. « Nous aurons l’occasion de faire un bilan détaillé en septembre, mais il est déjà clair que le ticket SMS participe au développement des transports en commun », déclare Arthur Nicolet, directeur-général de Transdev Rouen.

Début juin, c’était au tour de Nîmes d’expérimenter la solution du ticket SMS, à l’occasion de la Feria de Pentecôte, avant de reprogrammer un test pour la Feria des vendanges, du 14 au 17 septembre. Toulouse a également lancé le ticket numérique en expérimentation sur sa navette aéroport, opérée par Tisséo. Il faudra attendre la rentrée pour connaître les résultats du test.?

Une initiative primée

« Le titre de transport SMS d’Atsukè est un concept simple qui possède de nombreux bénéfices pour les usagers et les transporteurs, explique Eric Dadian, président de l’AFRC, organisateur des Battle de l’Innovation pour lesquelles Transdev Rouen a été primé cette année. Nous récompensons les projets créateurs de valeur et des idées innovantes pour l’amélioration de l’expérience client. Les résultats quelques mois après le déploiement sont impressionnants, la victoire de Transdev Rouen avec cette innovation ne me surprend pas dans un territoire fort dynamique qui a obtenu le label French Tech et CNS Service Lab. »

Les pionniers, d’Anvers à Belfort

En 2007, c’est la société De Lijn à Anvers et Grand, en Belgique qui, la première en Europe, a inauguré le paiement des titres de transport par mobile grâce à un système de facturation directe via l’opérateur GSM. Fribourg, Lausanne et Genève en Suisse ont également mis en œuvre cette innovation avec succès, en partenariat avec la société Atsukè. À Genève, ces tickets SMS représentaient déjà 8 % du volume acheté deux semaines seulement après leur inauguration. Milan s’est également convertie au SMS ticketing en mars 2015. Un an plus tard, 900 000 billets SMS avaient été achetés dans la capitale économique italienne. Même si, en France, la législation ne permettait pas aux opérateurs de téléphone d’enregistrer des transactions financières, Belfort avait lancé son propre système de ticket SMS dès juillet 2009. En 2016, il a ainsi permis de vendre 14 700 tickets SMS par mois. Partenaire du service depuis l’origine, Orange Business Service assure la génération d’un titre de transport sécurisé, la mise en place d’un numéro SMS+ dédié et accessible aux différents opérateurs de téléphonie mobile, ainsi que la mise en place d’une plateforme technique mutualisée SMS+ (réception des messages des usagers, traitement et acheminement en retour de SMS-MT vers le demandeur).

NFC: Strasbourg opte pour une solution interopérable

En 2013, la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) lançait U’GO, son application mobile d’achat et de validation de titres de transport via le Near Field Communication (NFC). Cette solution billettique, qui permet le paiement sans contact via une application dédiée, avait pour inconvénient de ne pas s’adapter aux appareils de la marque Apple. Soucieuse de sortir d’une forme d’impasse technologique, la CTS vient de signer un contrat avec Wizway Solutions. Grâce à ce partenariat, la CTS franchit un premier pas vers l’interopératibilité, la plateforme développée par Wizway Solutions étant théoriquement compatible avec le système d’exploitation IOS. Les utilisateurs de U’GO possesseurs d’un iPhone devront toutefois patienter encore quelque temps pour avoir concrètement l’accès au service. Le service démarrera en phase pilote dès le mois de juillet 2017 et sera lancé auprès du grand public pour la rentrée.

Retour au sommaire

Auteur

  • Sandrine Garnier
Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format