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VDL en France D: la renaissance

Lorsque Manon Raynal prend la direction de VDL France en 2014, elle hérite d’une situation si dégradée que certains pariaient alors sur la disparition de la marque dans l’Hexagone. Deux ans plus tard, VDL a repris des couleurs et réaffirme ses ambitions sur le haut de gamme.

En France, qui est l’un de ses principaux marchés avec l’Allemagne, VDL Bus and Coach ne distribue pour l’instant que ses modèles destinés au tourisme et au grand tourisme. Le constructeur dispose cependant d’une gamme étendue comprenant notamment les véhicules de transport urbain Citea. VDL est présent à Dubaï, en Israël, voire en Jamaïque à travers une coentreprise.

Rebondir

L’année 2014 fut sombre pour VDL en France avec seulement 43 véhicules vendus (bons de commande). Le remaniement de la stratégie commerciale et du positionnement, une nouvelle vision de l’après-vente et une amélioration de la proximité avec les clients ont permis de vendre 114 véhicules en 2015, soit + 165 %. Il est vrai que l’effet « cars Macron » n’est pas étranger à ce rebond, mais il n’explique pas tout. Pour 2016, on compte 93 ventes, ce qui tend à confirmer la nouvelle dynamique.

Le marché français des cars et bus de plus de 8 tonnes se répartit à peu près à 50-50 entre les bus et les cars. Parmi ces quelque 2 250 cars, les « scolaires » sont largement majoritaires. L’objectif de VDL en France consiste à se hisser à 8 ou 10 % de parts de marché sur le tourisme, soit une centaine de cars par an. L’année 2017 s’annonce bien avec 9,6 % au cours du premier trimestre.

Absent du transport urbain français, VDL pourrait faire un coup d’éclat auprès de la RATP. Le constructeur néerlandais lui propose en effet un bus articulé électrique (18 m) qui aurait sa place dans le cadre du projet Bus2025. Quant aux autres motorisations alternatives (gaz, hybride), VDL n’en installe pas sur ses véhicules de tourisme.

La gamme Futura 2

Révélé lors de l’IAA 2010, le VDL Futura 2 existe en versions à plancher haut FHD2 (Futura High Deck), à plancher intermédiaire FMD2 (Futura Mid height Deck) et en double étage FDD2 (Futura Double Deck).

Fondant sa frugalité sur son aérodynamisme et sa légèreté, le FHD2 à plancher haut représente 80 % des ventes françaises de VDL. Bien que nettement moins répandu dans notre pays que le FHD2, le FMD2 permet une utilisation mixte incluant le petit tourisme, par exemple depuis Lille vers le parc Astérix, ou vers Londres dans le cadre de voyages linguistiques. Il offre 63 places (63+1+1) et une soute de 10,80 m3 dans sa version FM2-135 longue de 13,475 m sur deux essieux. Si l’exploitant juge les WC indispensables, sa capacité est réduite à 61+1+1.

Alors que les FHD2 et FDD2 s’adressent naturellement au grand tourisme, une demande se fait jour pour des cars à double étage en utilisation « ligne ». Ainsi, 18 cars de cette catégorie ont été mis en service à Amsterdam. Ceci pourrait pleinement profiter au FDD2.

Comme DAF, VDL associe Paccar à ZF

Révélé à l’occasion du passage à la norme Euro VI, le moteur Paccar MX-11 (10,80 l) équipe les FMD2 et FHD2. Monté par VDL dans ses versions 330 ch/1 400 Nm, 370 ch/1 600 Nm ou 440 ch/2 100 Nm, le MX-11 est relayé par une boîte mécanique ZF EcoShift (6 AV + AR). En option, celle-ci peut être remplacée par une boîte automatisée ZF AS-Tronic (12 AV + 2 AR) ou par une boîte à convertisseur de couple ZF EcoLife (6 AV + AR).

Sur demande, le FHD2 peut recevoir le moteur MX-13 (12,90 l) réglé à 460 ch/2 300 Nm, mais celui-ci ne constitue un avantage sensible par rapport au MX-11 réglé à 440 ch/2 100 Nm que dans quelques cas particuliers. Pour le car à double étage FDD2, le MX-13 s’impose dans sa version 510 ch/2 500 Nm relayée par une AS-Tronic. Toutes ces chaînes cinématiques comprennent un ralentisseur hydraulique ZF Intarder 3.

Évolution en vue

Au salon de Birmingham d’avril 2017 (Birmingham CV Show), DAF a présenté les nouvelles chaînes cinématiques de ses CF et XF. Elles font appel à la nouvelle boîte ZF TraXon (12 AV + 2 AR) et aux versions remaniées des moteurs Paccar MX-11 et MX-13. Leur atout fondamental est leur couple maximal, non seulement augmenté, mais surtout fourni à partir de régimes inférieurs à ceux nécessaires à la génération précédente. Le nouveau MX-11 offre ainsi tout son couple dès 900 tr/mn. Il en résulte une réduction du bruit, de la consommation et de l’usure du moteur. Dans les cas optimaux, DAF annonce un intervalle de 200 000 km entre deux vidanges. Cela correspond à presque un an d’activité pour un car SLO qui parcourt communément 200 000 à 300 000 km par an selon la ligne à laquelle il est affecté.

Il est vraisemblable que les nouveaux MX-11 (340 ch/1 500 Nm, 370 ch/1 900 Nm, 450 ch/2 300 Nm) et MX-13 (480 ch/2 500 Nm, 530 ch/2 600 Nm) arriveront prochainement sur les cars VDL. Pour faire bonne mesure, ils devraient être accompagnés de la boîte TraXon qui est prédisposée à une exploitation du relief de l’itinéraire grâce au régulateur prédictif PreVision GPS de ZF. Toute ceci est prometteur. Cette actualisation de gamme avec les nouvelles motorisations semble assez évidente à l’occasion de BusWorld à Courtrai le 20 octobre prochain.

L’ITS veille sur le parc roulant VDL

L’International Truck Service (ITS) est le service d’assistance et de « remise à la route » créé par DAF en 1972. Dans son domaine, il fut pionnier et demeure une référence. L’utilisation de moteurs DAF (Paccar MX) par les cars VDL leur permet de profiter pleinement de l’ITS. Pour l’exploitant, c’est une garantie.

Des configurations originales et optimales

Que ce soit avec le plancher haut du FHD2, ou le plancher intermédiaire du FMD2, VDL propose des véhicules de 13,50 m à deux essieux (FMD2-135, FHD2-135) aménageables avec 61 fauteuils et toilettes. Pour l’exploitant, deux essieux, ce sont des coûts diminués au péage et sur les postes pneumatiques et carburant. Chez VDL, le passage à trois essieux a lieu à partir de 13,945 m avec le FHD2-139.

Le double étage FDD2-141 (6x2*4, 14,145 m) apporte la possibilité, unique sur le marché, d’offrir 94 fauteuils avec WC, une soute de 9,3 m3 et 660 l de carburant tout en ayant une hauteur sous plafond enviable. Reste à découvrir ce que sera le Setra S531DT, son concurrent révélé en juillet prochain.

À l’autre extrémité de la gamme Futura 2, VDL dispose d’un car de grand tourisme compact avec le FHD2-106 de 10,60 m. Sur sa niche de marché, ce petit FHD2 ne rencontre guère que le Vanhool T911 Alicron et le Setra S511 HD.

Dans la tradition « carrossier », VDL est capable de produire des petites séries hors gamme. Ce fut par exemple le cas avec cinq FMD2-148 pour Transdev. Au catalogue, on trouve bien les FMD2-129 (4x2, 12,875 m) et FMD2-135 (4x2, 13,475 m) ainsi que le FHD2-148 (6x2*4, 14,845 m), mais pas le FMD2-148. Il a donc fallu « l’inventer » pour un client.

Pour VDL, il existe une marge de progression en France, notamment au gré d’éventuels référencements par Keolis ou Transdev, voire par l’Ugap. Celle-ci pourrait être intéressée par le FMD2, voire par les MidBasic et MidCity.

Le Sprinter selon VDL

Dans le portefeuille de produits VDL, on trouve le MidCity et ses frères. Il s’agit d’un Mercedes Sprinter 519 (V6 190 ch) dont le PTAC peut atteindre 5,5 t. Décliné en différentes versions de 6,94 à 8,37 m (21 + 1 places), il est adapté au transport scolaire (MidBasic), urbain (MidCity) ou mixte, voire au tourisme (MidEuro) selon son aménagement. Pour l’heure, VDL France ne pousse pas ce produit sur notre marché où l’offre sur base Sprinter est déjà importante. Cela pourrait évoluer au second semestre 2017, d’abord avec des versions scolaires. Le Sprinter selon VDL devrait être présent à Courtrai en octobre prochain.

Affaire de famille

Le groupe VDL (Van Der Leegte Groep) trouve son origine en 1953 avec la création d’une entreprise de construction métallique par Pieter van der Leegte. La direction du groupe sera confiée à son fils Wim en 1966, puis, en 2016, à Willem qui est le plus jeune fils de Wim. VDL Bus and Coach n’est que l’une des nombreuses entreprises du groupe. Depuis 2012, il comprend notamment NedCar qui assemble par exemple la Mini pour BMW depuis 2014.

Une étroite relation avec DAF

Machines à laver, poêle à mazout, carters pour Honda ou articles ménagers en inox, la production de VDL fut variée! L’arrivée de VDL dans le monde des véhicules de transport en commun s’explique par la reprise en 1993 de DAF Bus International par le groupe VDL. Ceci n’est toutefois qu’une partie de l’activité du groupe qui compte une vingtaine d’entreprises au milieu des années 1990. En 1996, VDL installe son siège à Eindhoven, ville qui est également le berceau de DAF. Berkhof Jonckheere est repris par VDL en 1998, suivi par Bova en 2003.

La gamme VDL actuelle descend en droite ligne du Bova Futura. Celui-ci a fait ses débuts en 1982-1983 et a évolué à travers quatre générations avant d’être remplacé par le Futura 2 introduit en 2010. Ce lancement n’a pas entraîné l’élimination immédiate de « l’ancien » Futura qui s’est maintenu jusqu’à l’échéance Euro VI sous l’appellation Futura Classic.

Les Futura 2 reçoivent des moteurs Paccar MX assemblés chez DAF à Eindhoven. Leurs postes de conduite empruntent de nombreux composants à la gamme lourde de DAF.

Aujourd’hui, les soubassements VDL sont produits à Eindhoven et carrossés à une dizaine de kilomètres plus au sud, à Valkenswaard.

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Auteur

  • A Loïc Fieux
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