Île de France Mobilités a choisi de financer trois circuits de navettes autonomes sur le parvis de La Défense, avec le double objectif de se positionner sur le dernier kilomètre et de relustrer le blason du quartier d’affaires.
Paris continue d’expérimenter des véhicules autonomes. Après avoir testé des navettes sans chauffeur entre les gares de Lyon et d’Austerlitz, Île de France Mobilités (ex-STIF) lance désormais trois véhicules autonomes 100 % électriques, sur l’esplanade de La Défense jusqu’à fin décembre avec l’objectif « de proposer une nouvelle offre de mobilité complémentaire pour parcourir les premiers et derniers kilomètres des usagers des transports en commun ».
Les véhicules, produits par le constructeur villeurbannais Navya et opérés par Keolis, couvriront deux circuits de 500 à 700 mètres la semaine de 8 à 20 heures sur le parvis et un circuit plus touristique le week-end de 10 à 18 heures. Quinze personnes peuvent prendre place à bord dont quatre debout. Un opérateur sera présent les deux premiers mois avant de s’éclipser à partir de septembre.
Ce service, entièrement gratuit, a été inauguré le 3 juillet dernier par Valérie Pécresse, présidente d’Île de France Mobilités (IDFM) et de la région Ile-de-France. « À l’heure où la région se bat pour attirer des investisseurs, notamment des entreprises qui souhaitent quitter Londres, cette expérimentation, inédite à l’échelle mondiale, va permettre de donner une image innovante de l’Île de France, en phase avec notre objectif d’en faire la première région smart », a-t-elle déclaré.
Cette expérimentation, d’un budget de 350 000 euros financé par IDFM, est menée en partenariat avec Defacto, établissement public de gestion du quartier d’affaires de La Défense. Deux mois de travail préparatoires ont été nécessaires pour baliser l’espace urbain piétonnier, où il a fallu repositionner les espaces de circulation des petits véhicules de voiries et renforcer la portance de la dalle à certains endroits.
La région ne compte pas s’arrêter là. Valérie Pécresse a même évoqué un prochain projet de navette autonome qui devrait être lancé « par la RATP à la rentrée 2017 dans le Bois de Vincennes entre le château et la Cartoucherie avec une desserte de l’Insep ». De son côté, la RATP, qui évoquait jusque-là un itinéraire plus court entre Château de Vincennes et le Parc floral, ne souhaite pas encore communiquer sur le sujet.
Bus&Car.On assiste à une multiplication des expérimentations sur les véhicules autonomes. Quand auront lieu les premiers services réguliers?
Jean-Pierre Farandou. Il s’agit certes d’expérimentations mais elles sont de longue durée: six mois à La Défense, un an à Lyon avec Navly, ce qui peut s’apparenter à un service régulier. Je suis persuadé que si ces expérimentations sont concluantes, elles seront pérennisées. Et Keolis sera bien positionné pour y répondre.
B.C. Comment évoluera l’offre des transports autonomes?
J.-P.F. D’ici dix ans, les robots taxis sillonneront les grandes agglomérations. Cette évolution se fera par le rapprochement des véhicules autonomes et des véhicules partagés, ce qui donnera naissance à des VTC collectifs autonomes en complément de modes lourds. Keolis est présent aussi bien dans les véhicules autonomes, depuis notre participation chez le constructeur Navya, ainsi que dans l’univers VTC avec notre prise de contrôle de Le Cab. Mais avant cela, il faudra que la législation avance, de manière à insérer ces véhicules dans l’espace public.
