En soutenant WayzUp, le groupe RATP se donne les moyens de développer une offre incluant du covoiturage domicile-travail.
WayzUp vient de lever 1,4 million d’euros avec l’apport du groupe RATP et de Via ID, fonds d’investissement de Mobivia. Cet apport en capital est assorti d’un accord stratégique, qui vise à développer des offres conjointes. « Proposer à nos voyageurs des services performants et pertinents, en réponse à leurs attentes, est notre priorité », a déclaré Marie-Claude Dupuis, directrice de la Stratégie, de l’innovation et du développement du groupe RATP. L’opérateur de transport travaille avec des sociétés spécialisées dans le covoiturage dynamique depuis plusieurs années, pour proposer des alternatives aux voyageurs en cas de fermeture de ligne, par exemple.
« Grâce au covoiturage dynamique, nous voulons aider les gens à effectuer des choix réfléchis en matière de mobilité, souligne Valère Pelletier, directeur Développement et digital du groupe RATP. La voiture individuelle est encore un réflexe, auquel chacun peut préférer une combinaison de modes. En outre, les appels d’offres des collectivités s’orientent de plus en plus vers une large multimodalité. Le groupe RATP doit être en mesure de répondre aux demandes des autorités organisatrices de mobilité. »
Pour Julien Honnart, président fondateur de WayzUp, il s’agit d’une étape déterminante. « Nous avons construit notre modèle sur trois piliers: le développement d’une application smartphone sans cesse améliorée, la confiance apportée par le soutien de l’employeur, et l’accompagnement au changement. Le cofinancement des collectivités locales va contribuer à renforcer encore la pertinence du covoiturage domicile-travail », dit-il. Lancée en 2014, WayzUp compte aujourd’hui plus de 60 entreprises partenaires. Plus de 75 000 trajets sont proposés chaque jour. Le fait de développer les services de covoiturage domicile-travail au sein d’une même entreprise permet d’atteindre rapidement la masse critique, qui garantit à plus de 8 inscrits sur 10 de trouver des covoitureurs. Le soutien de la RATP va permettre à la start-up de passer de 12 à 20 salariés.
Le passe Navigo francilien augmente de 2,20 € au 1er août pour passer à 75,20 € mensuels, après une augmentation de 3 € en 2016. Le Syndicat des transports franciliens (Stif), qui a changé de nom pour s’appeler désormais IDF Mobilités, a également voté pour la création en janvier 2018 d’un forfait-jour « de proximité pour les déplacements occasionnels de banlieue à banlieue », qui sera de 7,50 € pour deux zones et de 10 € pour trois zones. Ces recettes représentent 70 millions d’euros par an et contribueront à la mise en place d’environ 100 millions d’euros d’offre nouvelle et plus de 1 milliard d’euros d’investissements. L’opposition dénonce des « promesses de campagne non tenues » de la part de la présidente de région, Valérie Pécresse, qui assure de son côté n’avoir jamais promis que le passe Navigo n’augmenterait pas. Le passage à la zone unique figurait parmi les promesses de campagne de Jean-Paul Huchon (PS) avant son dernier mandat (2010-2015). Cette mesure avait généré un manque à gagner de 500 millions par an, compensés par l’augmentation du versement transport (200 millions), par un accord avec l’État sur la taxation des salaires des agents de la RATP (200 millions), et par la lutte contre la fraude. Le prix du passe Navigo est l’un des plus bas d’Europe.
Sandrine Garnier
