Le 26 juillet, le Comité interministériel consacré au tourisme a fixé le cap: 100 millions de visiteurs pour 2020, grâce au maintien de l’attractivité de la destination France. Pour la première fois depuis 2003, les représentants de la profession ont participé à la réunion. Eux aussi ont établi leur feuille de route.
Notre pays reste la première destination mondiale, mais avec 83 millions de visiteurs l’an dernier, la France subit encore le contrecoup des attentats, et reste confrontée à une concurrence internationale accrue. Certes, les résultats se sont améliorés au premier semestre 2017. Un Comité interministériel consacré au tourisme a eu lieu le 26 juillet, sous la présidence du Premier ministre, Édouard Philippe. Les objectifs affichés par le gouvernement sont clairs: atteindre les 100 millions de visiteurs en 2020 et conforter la croissance retrouvée du secteur, avec des recettes attendues à 50 milliards d’euros par an (contre 40 aujourd’hui). Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, également en charge du Tourisme, Jean-Yves Le Drian, a déclaré tabler sur une hausse de la fréquentation touristique de 5 à 6 % cette année, soit un total de 88 à 89 millions de touristes. Aux côtés des autres ministres concernés, de la Culture aux Transports en passant par l’Économie et le Numérique, une quinzaine de représentants de la profession étaient présents à cette occasion, ce qui n’avait pas été le cas depuis 2003.
Au nombre des mesures annoncées le 26 juillet: la qualité de l’accueil et la sécurisation des sites; la structuration d’une offre touristique permettant d’attirer un nombre croissant de touristes internationaux; le soutien étatique en matière d’investissements; la formation et l’emploi; le soutien à la numérisation et au partage d’informations permettant de renforcer la compétitivité de la filière; l’accès aux vacances pour le plus grand nombre. Concrètement, les délais d’attente aux aéroports pour les ressortissants non-Européens vont être ramenés à 30 minutes maximum, à compter du 1er janvier 2018. Et le gouvernement va étendre à dix nouveaux pays, dont la Russie, la délivrance de visas en 48 heures. Ces dispositions seront mises en place dans le cadre d’un Conseil de pilotage du tourisme présidé par Jean-Yves Le Drian, en dialogue avec les instances consultatives des professionnels du tourisme et avec les collectivités locales, y compris l’Outre-mer. Édouard Philippe a rappelé « la mobilisation complète du gouvernement » pour la réussite de ces objectifs ».
Roland Héguy, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) et de la toute jeune Confédération des acteurs du tourisme (CAT), s’est félicité de la tenue de ce Comité: « On sent une volonté d’aboutir concrètement à des mesures pour développer le tourisme en France et répondre aux objectifs fixés. C’est un potentiel de 200 000 emplois qui pourraient être ainsi créés, l’image de la France serait davantage valorisée et nos territoires en seraient les premiers bénéficiaires. Car nos entreprises, et leurs salariés, sont au cœur de nos territoires. Nous espérons tous accueillir la Coupe du Monde de Rugby en 2023, les J. O. à Paris en 2024 et l’Exposition universelle en 2025 qui permettront de booster notre activité. » Née le 12 juin, la Confédération des acteurs du tourisme (CAT) s’est donnée pour mission de mieux faire reconnaître le potentiel du secteur, qui représente près de 8 % du PIB et 2 millions d’emplois directs et indirects.
« Si la France veut rester la première destination mondiale, elle ne doit plus considérer que le tourisme va de soi », a déclaré Roland Héguy le 20 juillet, lors de la présentation à la presse de la feuille de route de la CAT. « Nous devons nous positionner comme une force de proposition, repenser totalement la relation des territoires au tourisme, être capables d’innover », a-t-il poursuivi. Pour cela, la CAT a identifié sept priorités: la perception du terme d’ » état d’urgence » (synonyme de danger permanent pour les touristes potentiels); le financement et la gouvernance du secteur; le cadre social de l’emploi; le calendrier scolaire; la simplification administrative; la sécurité et la sûreté; l’amélioration des dessertes et l’accueil. Chaque thématique étant portée par un référent, la FNTV prend en charge les questions liées à l’amélioration des dessertes et à l’accueil. Circulation des autocars dans les centres-villes, développement des lignes de cars à Service librement organisés, qualité de l’intermodalité conditionnent en effet l’ensemble des parcours touristiques. « Nous allons faire de la pédagogie », déclare Cyril Darbier, patron de la société du même nom, et président de la commission tourisme au sein de la FNTV.
Les décisions prises à l’issue du Comité interministériel du 26 juillet font en partie écho aux priorités définies par la CAT, mais les budgets correspondants n’ont pas été communiqués. Didier Arino, directeur du cabinet Protourisme, a même qualifié ces mesures d’anecdotiques. Roland Héguy avait lui aussi insisté sur la nécessité pour l’État d’investir davantage pour faire la promotion de la destination France, évaluant la dépense à 1 euro par touriste contre 80 centimes aujourd’hui. Le niveau des 100 millions de visiteurs en 2020 avait d’ailleurs déjà été fixé en 2015 par Laurent Fabius, alors ministre de tutelle du Tourisme.
La Confédération des acteurs du tourisme (CAT) regroupe le Comité des armateurs fluviaux (CAF), le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA), les Domaines skiables de France (DSF), les Entreprises du voyage (EDV), la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA), la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV), le Groupement national des chaînes (GNC), le Syndicat des entreprises du Tour operating (SETO), le Syndicat national de la restauration publique organisée (SNRPO), le Syndicat national des résidences de tourisme et des apparthotels (SNRT), l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), l’Union française des métiers de l’événement (Unimev), l’Association nationale des acteurs du tourisme (ANAT), et l’Institut français du tourisme (IFT). D’autres acteurs sont attendus, notamment les représentants du secteur aérien.
