Destiné au tourisme et aux grandes lignes, le nouveau MAN Lion’s Coach met en avant son coût total de possession réduit. Face à son concurrent Mercedes Tourismo, qui a lui aussi annoncé ses vertus économiques, le Lion’s Coach surprend par un dessin extérieur novateur où tout fait sens. Le Mercedes Tourismo a donc trouvé à qui parler…
MAN profite de la mise en conformité de son Lion’s Coach avec les normes européennes anti-renversement ECE R66.02 et antipollution Euro VI step C pour accroître significativement la capacité de séduction de son autocar. La marque s’affirme et un véritable langage visuel s’exprime à travers un aspect extérieur particulièrement réussi. Son dynamisme et sa modernité sont remarquables. Le nouveau MAN Lion’s Coach et le Neoplan Tourliner sont tous deux assemblés en Turquie, à Ankara. Ils partagent la même ossature. Le Lion’s Coach est parmi les premiers à exploiter la nouvelle réglementation qui autorise 19,5 t sur deux essieux. L’amélioration de la rigidité de son ossature comprend le montage de deux arceaux de sécurité, l’un au niveau du montant B, l’autre au niveau de la face arrière.
Proportions compactes, vitrage continu, éléments encadrés, transparence fonctionnelle, lignes droites et logo de marque en position centrale à l’avant comme à l’arrière seront désormais partagés par tous les cars et bus MAN. Malgré des retouches en 2012 et en 2015, le design extérieur du Lion’s Coach restait jusqu’à maintenant proche de celui lancé en 2001. Un renouveau sensible est donc le bienvenu.
Vu de face, le nouveau Lion’s Coach se signale immédiatement par son nouveau masque frontal noir (fausse calandre) et sa signature lumineuse tracée par les feux de jour à LED. Un soin particulier a été accordé à l’entourage des phares sur la face avant puisque c’est « le regard » du véhicule, donc son expression. Longtemps dépourvu de logo autre que ses initiales, MAN a adopté le lion de Büssing. Sur fond noir, le félin prend place au-dessus de la calandre, sur ce que ses créateurs appellent une « broche chromée », en empruntant volontiers au vocabulaire de la joaillerie.
Descendant bas, le pare-brise est, en haut, parfaitement raccordé avec le bloc de climatisation. La continuité visuelle est réelle, vu de face et latéralement, par le prolongement du montant A encadrant le pare-brise sur le pavillon. MAN ne semble pas subir le climatiseur, mais l’exploiter pour augmenter la surface frontale et, donc, le caractère imposant du véhicule.
Apparaître sûr de soi, expressif, puissant, dynamique et sympathique, tel est l’objectif du Lion’s Coach. Dans ce but, plusieurs idées remarquables ont été concrétisées. On note ainsi la découpe élancée des ouïes arrière réparties visuellement en trois bandes superposées ou les moulures soulignant les passages de roue. Appelée « lame MAN » par la rhétorique officielle, la virgule latérale sépare le poste de conduite à plancher bas, et le compartiment des voyageurs à plancher haut. Ce dernier est évoqué par la ceinture de caisse au-dessous de laquelle se trouvent les bagages. Le dessin des faces latérales sépare donc clairement le conducteur, ses passagers, et leurs bagages. Et si vous voulez donner l’impression que votre Lion’s Coach glisse sur un coussin d’air, équipez-le des capots de roues arrière disponibles en option. Cet équipement est peu demandé, car il gêne la surveillance des pneumatiques.
Enfin, la face arrière est à la fois modelée, voire sculptée, et contrastée. Le logo MAN y est en position centrale, entre des ouïes de ventilation horizontales. Une touche sportive est ajoutée par un spoiler arrière noir, à la manière des extracteurs d’air. Les feux arrière sont à la fois intégrés et proéminents; ils forment une signature lumineuse. L’idée la plus originale est le traitement de la face arrière en noir verni à la manière d’un écran de smartphone! Ainsi, elle offre une large surface à la marque du transporteur. On sera bien inspiré de décorer celle-ci en trompe-l’œil, façon « affichage sur écran de tablette ».
Le concept Color and Trim joue avec des couleurs plus claires et plus fraîches qu’auparavant tandis que le dessin des racks, à bagages favorise la sensation d’espace. Celle-ci est amplifiée par l’élargissement de la vue vers l’avant grâce à la réduction apparente du dôme opaque raccordant le pavillon et le pare-brise.
Afin de limiter les risques de chute, les accès sont davantage éclairés. L’éclairage d’ambiance est pour sa part indirect. Il est confié à des diodes couleur « blanc chaud » éclairant le ciel de toit.
Tous les passagers peuvent profiter de prises 5 V (USB) montées en option. Les tablettes des sièges sont susceptibles d’inclure une rainure destinée au maintien d’un iPad ou d’un appareil comparable, pour leur utilisation confortable.
Le conducteur ne sera pas dépaysé car les changements sont mineurs. Ils concernent les rangements situés à sa gauche et désormais adaptés aux grandes bouteilles et aux documents format A4. Maintenant traitée en deux tons, la planche de bord accueille un écran GPS plus grand et affichant plus de pixels.
Les résistances de chauffage du pare-brise se font remarquer par leur discrétion avec des fils de seulement 0,02 mm. Quant aux rétroviseurs, ils sont portés par des bras dont l’aérodynamisme a été amélioré.
Disponible, l’Attention Guard est un avertisseur de baisse de vigilance, toujours bienvenu. En revanche, le car MAN est dépourvu de système de détection des usagers vulnérables (piétons ou cyclistes) dont la trajectoire s’apprête à croiser celle du véhicule. MAN n’oppose donc rien à l’ABA4 de Daimler et au PDS de Volvo.
Au cours de l’automne 2017, le Lion’s Coach sera disponible en trois longueurs, 12,101 m sur deux essieux, mais aussi 13,361 m et 13,901 m sur trois essieux. C’est en fin d’année que sortira une quatrième longueur, 13,091 m sur deux essieux. C’est elle qui intéressera la clientèle française en raison de sa rentabilité et devrait donc entraîner une augmentation des ventes de MAN en France. Précisons que le Neoplan Tourliner sera, lui aussi, disponible dans cette configuration.
MAN a remplacé son D2066LOH (D20) par son D2676LOH (D26). En d’autres termes, MAN passe d’un moteur de la classe 10-11 litres, à un moteur de la classe 12-13 litres. Dans sa version Euro VI step C, le D26 profite de nouveaux pistons et d’un contrôle thermique amélioré. Celui-ci maintient les gaz d’échappement à haute température, même à charge partielle, afin de contribuer au fonctionnement optimal du bloc de dépollution sans surconsommation. La pompe à eau est désormais régulée et est susceptible de ne fonctionner qu’à 20 % de son débit afin d’éviter une circulation parfois inutile du liquide de refroidissement.
Moteur six-cylindres en ligne à rampe commune de 12,419 l, le MAN D2676LOH voit sa puissance et son couple augmenter pour passer à 420 ch/2 100 Nm, 460 ch/2 300 Nm et 500 ch/2 500 Nm, soit une augmentation de 20 ch et de 200 Nm. La boîte de vitesses automatisée à 12 rapports est dotée de nouvelles stratégies propices à l’économie de carburant (Smartshifting). Le pilotage de la chaîne cinématique selon le relief de l’itinéraire est réalisé grâce à une géolocalisation par GPS associée à une carte 3D (Efficient Cruise). Il inclut le recours à la roue libre lorsque c’est pertinent (Efficient Roll). Quant à la fonction Idle Speed Driving, elle contribue à une conduite confortable au ralenti avec un embrayage fermé tout en utilisant les six premiers rapports de la boîte automatisée.
L’augmentation du couple moteur autorise l’allongement du rapport de pont qui passe de i=3,15 à i=2,73 avec pour effet de réduire le régime moteur de 13 % à vitesse égale. Cela limite à la fois la consommation et le bruit. Quant aux ralentisseurs, il s’agit du frein moteur (ralentisseur pneumatique) EVBec et du ralentisseur hydraulique dont la retenue atteint 4 000 Nm/500 kW au lieu de 3 200 Nm/420 kW pour la version précédente.
Enfin, les intervalles d’entretien grimpent jusqu’à 140 000 km entre les vidanges et jusqu’à 850 000 km pour la maintenance du filtre à particules. Le salon de Courtrai (Busworld) sera marqué par la première rencontre du Lion’s Coach avec ses clients. Vous avez dit « anti-Tourismo »?
