Les quartiers nord de Marseille pèchent par l’insuffisance en transports collectifs, associée à un sentiment d’insécurité. Attirées par les avantages fiscaux liés au statut des zones franches urbaines, les entreprises sont confrontées à des difficultés de recrutement et de fidélisation des salariés sur la zone. L’association Cap au nord entreprendre (CANE), fondée en 2009, fédère 250 entreprises adhérentes sur un périmètre qui représente un tiers de la superficie de la ville (quatre arrondissements).
« Le réseau compte 17 entreprises de plus de 100 salariés dont 5 qui sont en train de mettre ou ont mis en place un Plan de mobilité », précise Camille Mandel, chargée des relations entreprises et référente mobilité au sein de CANE. Un poste spécialement créé au début de l’année 2017 pour accompagner les adhérents dans le choix de nouveaux modes de déplacement.
« Nord We Go est une plate-forme de mobilités visant à améliorer les déplacements des collaborateurs des entreprises de la zone. Depuis mon arrivée, nous avons relancé il y a quatre mois une micro-navette entre le terminus du métro Bougainville et le siège d’Oxatis, PME spécialiste de la création de sites marchands. Notre ambition consiste à déployer une quinzaine de véhicules d’ici à 2019 et d’obtenir des financements de la métropole. Aix-Marseille-Provence doit s’emparer de ce sujet car nous ne sommes pas des transporteurs », lance la responsable au sein de CANE.
Déterminée à faire reculer l’autosolisme, l’association Cap au Nord entreprendre propose aux entreprises un diagnostic préalable des pratiques de déplacement en s’appuyant sur le logiciel Le Pilote. Grâce à cet outil, une cartographie des salariés est réalisée et permet d’effectuer des préconisations individuelles de déplacement. « Nous élaborons une fiche individuelle assortie d’un comparateur transport collectif, vélo et véhicule personnel. Nous proposons aux salariés des solutions de covoiturage », explique la responsable. Au terme de ce diagnostic, l’association propose aux salariés une demi-journée de formation à la fois pour étudier les modes alternatifs à la route et trouver des solutions pour atténuer le sentiment d’insécurité. Autopartage, covoiturage, copiétonnage, toutes les options sont envisagées. « Les salariés devant traverser des zones d’activités sur 1,5 à 2 km préfèrent utiliser leurs véhicules », constate Camille Mandel.
Afin de remédier à ce sentiment d’insécurité, EDF fait appel aux taxis marseillais pour les déplacements de ses collaborateurs. Habitants du quartier ou salariés fondent de grands espoirs dans l’ouverture, au premier semestre 2018, du pôle d’échange multimodal de Gèze. Outre l’allongement de 900 mètres de la ligne de métro 2, le site regroupera une gare de bus et des cars interurbains. Un parc relais équipé de dispositifs pour la recharge électrique sera aménagé aux côtés d’un parc à vélos et d’un parc pour deux roues motorisées.
Afin de relier le nord au centre ville, CANE envisage d’aménager un parking relais de 500 places au sein du centre commercial Grand Littoral et d’offrir ainsi un deuxième pôle d’échange multimodal. « Nous essayons d’implanter une dizaine de stations d’autopartage électrique Totem Mobi dans les quartiers nord », annonce Camille Mandel, bien décidée à faire reculer la voiture dans les déplacements marseillais.
