Par quel miracle le Commissariat à l’énergie atomique de Grenoble a-t-il réussi à convaincre 70 % des 4 000 scientifiques à circuler en utilisant les modes doux pour les trajets professionnels ou le déplacement domicile travail? À la faveur de l’entrée en vigueur de la loi transport en 2009, l’organisme de recherche est allé bien au-delà des 50 % du remboursement réglementaire de l’abonnement mensuel des salariés aux transports en commun. Huit ans plus tard, le CEA Grenoble se pose en précurseur dans l’élaboration d’un Plan de mobilité. Son exemplarité le pousse à essaimer sur les 500 hectares de la presqu’île de Grenoble…
Implanté sur 70 hectares, le CEA Grenoble se dresse comme une ville dans la ville. Raison pour laquelle, l’organisme de recherche qui, jusqu’en 2009, exploitait un réseau de cars privés pour le ramassage des collaborateurs, a pris à bras-le-corps le sujet de la mobilité de ses employés en prenant à sa charge non pas 50 % mais 85 % de l’abonnement mensuel des chercheurs au réseau de transports en commun. La générosité de cet abondement a fait mouche.
Au fil des ans, la part des autosolistes n’a cessé de perdre du terrain. « Nous battons des records. Actuellement, sur les 70 % des collaborateurs utilisant les modes doux, 50 % empruntent les transports en commun et 21 % se déplacent à vélo », détaille Bruno Renard, responsable du PDE et coordonnateur de la RSE. En parallèle, le prolongement du tramway vers la presqu’île en 2014 a eu un impact notable sur les comportements. Non content d’avoir atteint le maximum de report modal, Bruno Renard a mis son expertise au bénéfice des entreprises de la zone en bâtissant un PDIE à grande échelle, conscient qu’elles encoururent un problème de taille. À défaut d’agir, les entreprises seront confrontées à l’asphyxie des axes routiers à l’entrée de Grenoble.
« Actuellement, 16 000 salariés travaillent sur la zone de 500 ha et dans les dix ans qui viennent nous allons passer à 32 000. Outre ce doublement de population, nous sommes confrontés en parallèle à un autre défi consistant à réduire de moitié la part des autosolistes », précise Bruno Renard, président du PDIE. Fondé en 2014, il regroupe des organismes de recherche (CNRS), des écoles de commerce et des entreprises (ST Microélectronics, Schneider Electric).
Infatigable défenseur de la mobilité, il fonde les premières assises des PDE/PDIE en 2015. À vocation locale, elles trouvent un écho national à la faveur de la promulgation de la loi sur la transition énergétique.
Conforté par l’initiative de Ségolène Royal, alors ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, Bruno Renard fonde, en juillet 2016, la Fédération des acteurs des Plans de mobilité (FAPM). Cette association nationale qui a pour partenaires le GART et l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP) collabore également avec l’Ademe et le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA).
Après avoir consacré les deuxièmes assises des plans de mobilité en septembre 2016 au décryptage de la loi, il prépare la troisième édition des Assises nationales des Plans de mobilité qui se tiendront le 28 septembre 2017 sur le site du CEA Grenoble. Une manifestation qui se tiendra sous l’égide du ministère des Transports. « Le 1er juillet dernier, Emmanuel Macron a annoncé à Rennes une loi d’orientation sur les mobilités au premier semestre 2018 souhaitant faire des transports au quotidien sa priorité », a précisé Bruno Renard. Cette nouvelle feuille de route ainsi donnée devrait lui donner les moyens de sensibiliser un plus grand nombre d’entreprises à la question de la mobilité.
À vos agendas. Les 28, 29 et 30 septembre prochain, la ville de Grenoble, le syndicat mixte des transports en commun et le CEA Grenoble organisent un grand rendez-vous national autour de la mobilité durable: Mouv’2017. Cette première édition rassemblera trois événements: les troisièmes Assises nationales des Plans de mobilité, le premier forum international Creative Mobilities et la fête de la mobilité au cœur de la métropole grenobloise.
En septembre prochain, Grenoble sera la capitale de la mobilité durable à l’occasion de la tenue de Mouv’2017, manifestation comprenant à la fois des événements professionnels et grand public programmés durant trois jours. Près de 10 000 visiteurs dont 600 congressistes participeront à ce grand rassemblement national.
Le 28 septembre, le Plan de mobilité sera à l’honneur avec une journée intitulée En Route pour 2018. Dernière ligne droite avant l’entrée en vigueur de l’article 51 de la loi sur la transition énergétique au 1er janvier prochain, ces troisièmes Assises des Plans de mobilité constituent une aubaine pour les entreprises retardataires de tout savoir sur les modalités d’application et de bénéficier des conseils du réseau de la FAPM.
La journée s’articulera entre conférences plénières, tables rondes et la tenue dans l’après-midi d’ateliers thématiques sur les solutions (covoiturage, télétravail). La Colombie sera le pays vedette du premier forum international Creative Mobilities le 29 septembre avec un coup de projecteur sur les usages de la ville de Medellín qui fait figure d’exemplarité en matière d’expérimentation urbaine et d’innovation sociale. Dans la continuité de la COP 21, des délégations étrangères sont attendues ce jour-là à Grenoble.
Enfin, le grand public est associé à ces manifestations les 29 et 30 septembre à Grenoble puisque la mobilité au sens large sera à l’honneur. Des animations créatives et culturelles seront organisées afin de découvrir la mobilité autrement.
