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Laurent Kocher, directeur exécutif marketing, innovation et services de Keolis, réagit à la création de la joint-venture entre Daimler et Via et précise les ambitions de Le Cab.

Bus&Car. Daimler et Via ont annoncé vouloir lancer des services de navettes pour le transport à la demande en Europe. Cela remet-il en cause votre accord avec Via, car Keolis nourrit les mêmes ambitions? Daimler et Via peuvent-ils vous concurrencer sur Paris?

Laurent Kocher. Cela ne remet pas en cause notre accord avec Via. Au contraire, c’est le signe que cette technologie est reconnue par d’autres grands groupes et que les services de navettes partagées vont se développer de plus en plus. J’ajoute que Keolis a signé un partenariat exclusif avec Via pour toute la France. Pour l’instant, nous avons déployé cette technologie sur Paris à travers le service appelé Plus proposé par notre filiale VTC Le Cab.

B&C. Lors du lancement du modèle Plus en février 2017, vous aviez évoqué la possibilité de proposer ce service à l’étranger. Allez-vous collaborer avec Via-Daimler?

L.K. En fonction de ce qui ce sera passé en France et des échanges avec la joint-venture Via-Daimler, nous verrons si nous avons intérêt à nous associer ou pas. Mais notre priorité actuelle reste concentrée sur la France.

B&C. Justement, comment ce service a-t-il évolué depuis son lancement en février 2017?

L.K. Au démarrage, le service Plus couvrait quatre arrondissements du centre-ouest parisien. Deux mois plus tard, en avril, ce service de navettes partagées a été étendu à l’ensemble de Paris et sa proche banlieue avec Boulogne-Billancourt, Neuilly-sur-Seine et Levallois-Perret. Nous avons donc étendu la zone de couverture et nous avons également augmenté le nombre de véhicules, puisqu’au départ seul des Van de six places proposaient ce service alors que maintenant toute la flotte de mini Le Cab est susceptible de le proposer. Ce service connaît une croissance très rapide en nombre de courses.

B&C. Allez-vous désormais étendre ce service de navettes à la demande à d’autres agglomérations françaises?

L.K. Notre objectif consiste d’abord à démontrer la pertinence et la viabilité du modèle économique sur Paris et sa proche banlieue. Ensuite, nous pourrons aborder la province avec une stratégie différente. Ce sera moins une activité de transport individuel, comme à Paris. Il s’agira plutôt d’intervenir en complément du transport public, pour compléter des horaires de bus en dehors des horaires de pointe, par exemple le week-end ou en soirée, ou bien pour couvrir des zones moins bien desservies en zone périurbaine. Notre objectif est de pouvoir proposer aux collectivités un service de transport à la demande partagé et en temps réel pour un coût inférieur à celui d’une desserte par une ligne de bus.

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