Avec une fréquentation en hausse de 10 % au second trimestre 2017 et une saison d’été réussie, les lignes SLO poursuivent leur croissance. La rentabilité semble se rapprocher, même si le marché n’est pas encore mature.
À l’occasion du Salon IFTM-Top Résa – MAP Pro, rendez-vous des professionnels du tourisme, Bus&Car Tourisme de Groupe a convié les acteurs des cars « Macron » à participer à une table ronde animée par Bruno Courtin, rédacteur en chef adjoint du magazine. Si les uns et les autres se sont félicités des tendances toujours à la hausse sur le secteur, la coloration des discours était modérée par la présence de Thierry Schidler, président de Schidler Voyages, autocariste indépendant et plutôt sceptique. « Même si le développement des SLO représente un formidable boost pour l’image de l’autocar, force est de constater que la rentabilité n’est pas au rendez-vous, et que les risques liés à l’exploitation reposent sur les transporteurs », a-t-il souligné.
Un point de vue que ne partagent pas deux de ses collègues, qui travaillent l’un avec Ouibus, l’autre avec FlixBus. Joël Arcondeguy, président du Basque Bondissant, est l’heureux exploitant d’une liaison Toulouse-Côte basque, bénéficiaire après seulement deux ans d’existence. « Nos premiers clients reviennent, et d’autres nous rejoignent », se félicite-t-il. « Toutes nos lignes ont été rentables au moins à un moment donné », déclare quant à lui Alexandre Anselmino, directeur d’Europe Autocars, et partenaire de FlixBus. « Toutes les lignes ne se valent pas, reconnaît Adrien Ravet, directeur du développement de FlixBus. Et la saisonnalité joue également son rôle dans le niveau de rentabilité. »
Les opérateurs se défendent de reporter le risque sur le transporteur: chez Ouibus comme chez FlixBus, les entreprises partenaires touchent un revenu plancher au démarrage de la ligne, puis sont intéressées au chiffre d’affaires dès qu’elle devient rentable.
L’investissement ne concerne pas seulement le transport à proprement parler, mais aussi le développement numérique. Roland de Barbentane, directeur général de Ouibus, reconnaît dépenser de grosses sommes dans l’achat de mots-clés. Car les opérateurs de SLO sont avant tout des entreprises du numérique, à l’instar de FlixBus, qui ne possède aucun autocar mais concentre son activité sur l’interface entre transporteur et passager. Les deux leaders du secteur sont d’ailleurs engagés dans une impitoyable course aux parts de marché. Pour Hugo Roncal, directeur général d’Isilines (groupe Transdev), il est préférable de jouer la carte de la complémentarité avec d’autres activités, comme le transport occasionnel de groupes. Là aussi, l’opérateur rencontrera la concurrence de FlixBus, qui vient de lancer un service FlixBus Charter destiné à ce marché.
Le développement du marché des Services librement organisés a relancé le débat sur le faible niveau qualitatif des gares routières françaises. La comparaison avec le voisin espagnol est particulièrement cruelle, comme le fait remarquer Joël Arcondeguy, président du Basque Bondissant. Roland de Barbentane insiste lui aussi sur le fait que la loi de libéralisation du marché n’est pas allée au bout de la logique du transport. Le directeur général de Ouibus veut croire qu’ » une bascule philosophique s’opérera quand les élus comprendront le potentiel touristique des SLO ». À l’unisson, Hugo Roncal, directeur général d’Isilines, veut « faire de la pédagogie en direction des élus, et leur montrer les bénéfices directs et indirects » qu’implique l’accueil des cars. Quant à Adrien Ravet, directeur du développement de FlixBus, il regrette que les cars SLO ne soient pas inclus dans les réflexions en cours dans le cadre des Assises de la mobilité.
