L’enquête publique sur le projet Mobilités 2020-25-30 – la révision du PDU de l’agglomération toulousaine – se tient jusqu’au 10 octobre avec des réunions dans cinq villes et des permanences dans douze lieux. Un million de personnes et 115 communes sont concernées par ce plan à plus de 4 milliards d’euros (dont 3,8 milliards investis par Tisséo).
D’ici 10 ans, la métropole toulousaine devra absorber 500 000 déplacements quotidiens supplémentaires (qui passeront de 4 à 4,5 millions) alors qu’elle augmente de 15 000 habitants et 7 000 emplois par an. Pour cela, elle deviendra l’un des plus grands chantiers de transports en commun de France dans les années à venir. Au programme: la création d’un téléphérique, d’une troisième ligne de métro, de dix lignes de bus à haut niveau de service, le doublement de la capacité de la deuxième ligne du métro et l’allongement du tramway… Si un certain nombre de ces projets figuraient déjà dans le PDU de 2012, le projet phare de Mobilités 2020-25-30, celui de la troisième ligne de métro qui a été un des thèmes de campagne de Jean-Luc Moudenc, devenu maire de Toulouse et président de la Métropole, bouleverse la donne avec une vision d’aménagement à l’échelle de la grande agglomération et de maillage avec le réseau ferroviaire.
Le projet Mobilités est très ciblé sur les salariés, contrairement aux précédents PDU. « Aujourd’hui, les transports en commun permettent de capter un salarié sur trois. Nous espérons en attirer deux sur trois et alléger la rocade, avec une réduction de l’usage de la voiture individuelle de 5 % », affiche Jean-Michel Lattes, le président de Tisséo-Collectivités. L’enjeu est particulièrement crucial dans la première couronne où la voiture truste 72 à 78 % de part modale alors que les transports en commun plafonnent à 7-8 %. Dans la ville centre, grâce à la ligne B du métro, mise en service en 2007, les transports ont gagné 8 points entre 2004 et 2013 pour atteindre 21 %.
Le projet présenté actuellement dans le cadre de l’enquête publique a été élaboré avec la société civile. Plus de 80 réunions ont eu lieu lors de trois phases de consultation de septembre 2015 à mars 2017: des commissions thématiques (transports en commun, marche à pied/vélo/partage de l’espace public, cohérence urbanisme/mobilité, organisation des réseaux routiers et stationnement) ouvertes aux partenaires institutionnels du SMTC mais aussi à l’ensemble des structures associatives identifiées, ainsi que des réunions territoriales pour prendre en compte la réalité du fonctionnement des territoires. Autre nouveauté: l’innovation est un volet à part entière du projet Mobilités 2020-25-30. « Pour nous, l’intérêt d’être à l’écoute de nouvelles pratiques de mobilité (écomobilité, autopartage, covoiturage, modes actifs, vélos électriques, applications temps réel plus multimodales, navettes autonomes…) afin de pouvoir anticiper nos choix de demain », explique Jean-Michel Evin, le directeur général de Tisséo.
