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Irizar, une spectaculaire réussite basque

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Irizar, une spectaculaire réussite basque

Crédit photo Loïc Fieux

Depuis le bus électrique i2e décliné en version articulée avec « aspect tram » jusqu’au luxueux car de tourisme i8 en passant par les cars interurbains disponibles en versions hybrides ou par l’i6 « cœur de gamme », Irizar dispose en 2017 de la gamme la plus large de son histoire. Depuis vingt ans, le carrossier et constructeur basque espagnol ne cesse d’innover et de s’ouvrir à l’international.

« Nous sommes fermement convaincus que la propulsion électrique est la seule option possible pour les bus urbains » déclare José Manuel Orcasitas, président-directeur général du groupe Irizar. Aujourd’hui, Irizar maîtrise intégralement la production de ses véhicules électriques, moteurs et postes de charge compris. Prise en 2011, la décision stratégique de lancer Irizar sur le marché de l’électromobilité a suivi celle qui l’a conduit au développement des caisses autoportantes. Ce projet, initié en 2008, a permis à Irizar de passer du statut de carrossier à celui de constructeur avec le lancement en 2011 de sa gamme Integral.

Paccar-DAF, le partenaire de l’Integral

À la différence des autres constructeurs-motoristes européens du secteur poids lourd, DAF (groupe Paccar) a abandonné la production de cars et de bus. Il peut donc fournir ses moteurs et organes sans craindre qu’ils soient montés sur des véhicules concurrents. C’est pourquoi les Irizar à caisse autoportante ne reçoivent que des moteurs Paccar-DAF, type MX11 ou MX13. Il en est de même pour Solaris, Van Hool et VDL avec les moteurs MX, voire pour Indcar et Vehixel avec les PX. À l’exception du Century qui n’est pas décliné en version Integral, tous les cars Irizar sont disponibles, au choix, avec caisse autoportante (« Integral ») ou montés sur des soubassements. Dans ce second cas, Irizar intervient comme carrossier et achète ses soubassements à MAN, Mercedes, Scania ou Volvo. Remarquez qu’il n’est fait appel qu’à Scania et Volvo pour les véhicules carrossés « sur châssis » et destinés au marché français.

Irizar en France

Séparé de Scania en 2011, Irizar avait alors tout à construire en France sur le plan commercial. Jusqu’à l’arrivée très récente des premiers bus électriques i2e, à Marseille notamment, Irizar n’était significativement présent que sur le marché des cars de tourisme et de grande ligne (SLO), estimé entre 700 et 1 000 unités par an en France. Les débuts furent timides, avec 2 unités vendues en 2011. La croissance fut ensuite rapide avec 17 véhicules en 2012, 35 en 2013, une cinquantaine en 2014 et autant en 2015, quelque 80 en 2016 et probablement près de 100 en 2017. Arrivé à ce niveau de pénétration commerciale, Irizar est, en France, un acteur comparable à VDL.

Irizar a déjà livré six bus électriques à Marseille et emploie deux vendeurs pour placer ce type de véhicules en France. Des essais ont eu lieu à Amiens et à Paris. Outre Marseille, le succès est au rendez-vous à Bayonne où, en 2019, 18 bus électriques articulés de 18 m « ie tram » seront mis en service. Révélés le 10 octobre aux RNTP marseillaises, ces véhicules adoptent une face avant inspirée par celle des tramways et visent une qualité de service proche de celle du transport guidé sur site propre.

L’i6S, au cœur du marché français

Irizar réalise neuf dixièmes de ses ventes françaises avec ses modèles de tourisme i6 et surtout, i6S, le second se distinguant du premier par le multiplexage de ses circuits électriques, ses sièges et quelques détails esthétiques. Le marché français se concentre ainsi sur les i6S en versions 13.35 et 13.37. Ces versions de 13 mètres sur deux essieux se distinguent par leurs hauteurs hors tout. Par exemple, les i6S qui roulent en France sous les couleurs de FlixBus et de Ouibus sont communément des 13.37 avec moteur Paccar-DAF MX11 de 410 ch et boîte automatisée ZF AS-Tronic. Évidemment, le facteur péage gêne les ventes des versions à trois essieux dans notre pays. L’i8 y trouve quelques débouchés sur la niche VIP, chez Faure en Rhône-Alpes ou dans la flotte des Pullmans d’Aquitaine à Mérignac.

Ni gaz, ni scolaire

Irizar a pour objectif d’atteindre 15 % du marché des cars de tourisme dans tous les pays européens, soit 150 ventes annuelles en France lorsque le marché tourisme s’établit à 1 000 véhicules. Ignacio del Canto, directeur général d’Irizar France, estime que cet objectif sera atteint en 2020. Malgré ses ambitions, Irizar a pour l’heure choisi de ne rien proposer dans deux catégories qui pèsent lourd sur le marché français. Ainsi, Irizar ne prévoit ni autobus fonctionnant au gaz, ni car scolaire. À propos des bus au gaz, il est vraisemblable qu’Iveco, MAN, Mercedes et Scania n’aient pas très envie de fournir leurs blocs-moteurs à un constructeur qui deviendrait ainsi leur concurrent sur la niche gaz. Irizar devrait donc se tourner vers Cummins. Sur le marché scolaire, le produit Irizar aurait face à lui l’Iveco Crossway, le Mercedes Intouro ou le nouveau Volvo 8600. Y être compétitif exige un volume de vente important, difficile à atteindre rapidement. Irizar a donc choisi de concentrer ses investissements, d’abord sur le développement de sa gamme Integral à caisse autoportante, ensuite sur les bus urbains électriques en créant Irizar e-Mobility.

Une entreprise pleine de projets

José Manuel Orcasitas considère que la demande en véhicules hybrides pour les bus urbains va décroître (et disparaître d’ici 3 ou 4 ans) au profit de l’électrique pur. En revanche, il croit au développement de l’hybride pour l’interurbain. Pour cet emploi, l’hybridation des i3h et i4h réduirait la consommation de 21 % selon Irizar. Pour ses cars de tourisme, Irizar prévoit une nouvelle chaîne cinématique hybride, compatible avec le biocarburant HVO. Elle se fonde sur le moteur diesel Cummins de 8,9 l réglé à 370 ch et 1 600 Nm, associé à un moteur électrique Irizar de 110 kW qu’alimentent des batteries lithium-ion de 15 kWh. Quant à la nouvelle structure Irizar e-Mobility, elle a été dimensionnée pour fournir, à terme, quelque 1 000 bus électriques par an. Parallèlement, les équipes de R& D travaillent sur la conduite autonome. Irizar ne manque donc pas d’audace et cela semble lui réussir.

3 000 véhicules par an

Irizar produit 1 300 véhicules par an sur ses sites espagnols, au rythme de six véhicules par jour, dont un tiers avec caisse autoportante (Integral) et deux tiers sur des soubassements fournis par des tierces parties. Le marché des cars de tourisme se porte actuellement très bien en Espagne. Le marché domestique a ainsi absorbé 600 cars. Le Royaume-Uni est un marché important avec 150 à 200 véhicules par an, de même qu’Israël avec 150 cars par an. Irizar exporte également sa production européenne vers l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, la France, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède. Les ventes européennes d’Irizar se concentrent sur les modèles i4 et i6. Irizar assemble un véhicule par jour au Maroc (220 par an), deux par jour au Brésil (450 par an) et quatre par jour au Mexique (900 par an). Le Century n’est aujourd’hui plus produit qu’au Maroc, d’où il est réexporté en petites quantités vers la Tunisie, et même vers l’Espagne pour une poignée de clients inconditionnels.

Irizar, 128 ans d’histoire

Irizar a l’originalité d’être une coopérative (Irizar S Coop). Tous ses salariés sont donc directement intéressés à son succès. José Manuel Orcasitas a la volonté de maintenir ce principe de coopérative à l’avenir. L’entreprise a été créée en 1889 à Ormaiztegi, ville du Pays basque espagnol où se trouvent toujours ses principaux établissements. Après avoir produit des véhicules hippomobiles, l’entreprise réalise son premier autocar en 1927, puis devient une coopérative en 1963.

L’internationalisation débute en 1995. Elle est suivie à partir de 2009 par un processus de diversification des activités incluant le développement des bus électriques. Présentés en 2009, les cars Irizar « Integral » à caisse autoportante arrivent sur le marché en 2011. Dès lors, Irizar acquiert le statut de constructeur. Irizar maintient cependant son activité de carrossier à partir de soubassements achetés à des constructeurs allemands et suédois.

En 2012, la recherche et le développement sont réunis au sein de la nouvelle filiale Creatio. Les bus urbains sont lancés en 2014 tandis qu’une nouvelle filiale dédiée à la mobilité électrique, Irizar e-Mobility, voit le jour en 2016. Au cours de la même année, la gamme se développe avec l’apparition des versions hybrides, de l’i6S multiplexé et de la version 18 m du bus électrique i2e.

Avec un chiffre d’affaires de 580 millions d’euros en 2016, le groupe Irizar réunit aujourd’hui 7 entreprises et 13 sites de production implantés principalement au Pays basque espagnol. Il emploie 3 000 personnes et a une présence commerciale dans 90 pays.

Avec sa gamme Integral, Irizar est devenu constructeur

Un carrossier est dépendant de ses fournisseurs de soubassements qui sont libres de suspendre leurs livraisons s’ils jugent que le carrossier qu’ils équipent pénalise les ventes de leurs véhicules complets. Afin de mettre un terme à cette vulnérabilité, Irizar s’est lancé en 2008 dans la conception de ses caisses autoportantes (Integral). Ainsi, l’entreprise s’est donné les compétences, la crédibilité et les capacités industrielles pour maîtriser intégralement les cars et bus. La construction d’une image prend toutefois du temps car celle d’Irizar reste attachée aux cars Scania PB et Scania Century dont Irizar est le carrossier.

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  • Loïc Fieux
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