Avant le salon Busworld 2017 de Courtrai, on pouvait encore croire que la propulsion électrique des bus et des cars ne serait qu’une illusion, voire un feu de paille avant une ou deux décennies de phase de probation. Après Courtrai, force est de constater que l’électromobilité a fait un grand pas en avant. De façon concertée ou non, constructeurs et équipementiers ont investi massivement dans l’énergie électrique. Il ne serait donc pas étonnant que cet élan de masse et cet investissement colossal et spontané provoquent une accélération inattendue et, surtout, inéluctable de l’électrification des transports routiers de voyageurs. Il est probable qu’un certain nombre d’acteurs se sont convertis à l’électromobilité pour imiter quelque concurrent ou pour ne pas être absents du débat qui se profile. Mais même leurs précautions ont porté l’électromobilité en avant, à l’exemple des solutions de retrofit qui ont fleuri pour transformer, en quelques tours de vis, des véhicules thermiques obsolètes en véhicules électriques modernes. Plus que de la magie, il y a de l’appropriation dans cette démarche et c’est un fait significatif de l’évolution psychologique du secteur de l’industrie des bus et des cars. Même si l’électromobilité n’est pas encore une certitude, il est presque certain que les acteurs du secteur la veulent. Et si tous s’y appliquent et s’entraînent, je ne vois pas ce qui pourrait les empêcher de concrétiser rapidement ce que quelques rêveurs ont imaginé un soir de smog parisien.
