Maire d’Annecy depuis 2007, Jean-Luc Rigaut est aujourd’hui président du Grand Annecy, président d’Agir Transport, président de l’Assemblée des communautés de France (AdCF), vice-président du Gart et du GIE Objectif transport public.
Jean-Luc Rigaut. Agir a toute sa place dans le transport de voyageurs. DSP, régie, SPL: toutes les formes de gestion ont leur légitimité, selon le choix des autorités organisatrices. La gestion directe n’est d’ailleurs pas synonyme de 100 % public, puisqu’il existe des contrats d’assistance technique ou de fournitures de services. La particularité d’Agir est d’être représentée aussi bien au niveau de l’UTP qu’au sein du Gart. Cette intégration entre exploitant et donneur d’ordre vient renforcer la demande de qualité dans les services publics de transport, et stimule également les grands groupes de transports français, qui sont des références à l’international. Je crois que nous devons sortir des corporatismes. En tant que président d’Agir, je veux être celui qui rapproche les différents acteurs au bénéfice du transport public de voyageurs.
J.-L. R. Une nouvelle organisation territoriale de compétences doit succéder à l’organisation de strates, en place depuis la Loti [Loi d’orientation des transports intérieurs, NDLR]. Les nouvelles communautés doivent s’emparer des compétences de mobilité avec leurs nouveaux partenaires. Il n’y a pas de grand soir, mais simplement une évolution qui correspond à la transformation des usages. Concernant la répartition précise entre régions et communautés, tout n’est pas encore calé, nous sommes encore dans la période de mise en place. La plupart des nouvelles communautés englobent des territoires très diversifiés. Elles reprennent en partie ce que faisaient les départements, avec l’interurbain et le scolaire sur leur périmètre. Cette nouvelle répartition devrait améliorer l’adaptation de l’offre aux besoins de mobilité par bassin de vie, en gommant des frontières administratives parfois aberrantes.
L’articulation de la compétence au niveau des régions passera par l’élaboration des SRADDET [Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires, NDLR]. Je souhaite que chacune des régions pilote ces SRADDET avec les communautés référentes des bassins de vie [établissements publics et syndicats mixtes chargés d’élaborer un SCOT [Schéma de cohérence territorial, NDLR]. La région doit assumer un rôle de pilote avec une vision à long terme, et un rôle d’animation, qui facilite les relations intra et inter bassins de vie. Charge ensuite à chaque communauté de s’entendre pour la mise en œuvre opérationnelle. Quant aux moyens financiers, les transferts prévus par l’État permettent de faire face aux besoins.
J.-L. R. Avant de chercher à modifier les flottes de véhicules, il faut faire évoluer les comportements. La transition énergétique, c’est d’abord un sujet de santé publique, de qualité de l’air. Chacun doit se demander comment maximiser ses déplacements du point de vue des émissions polluantes, préférer la marche ou le vélo en dessous de 3 km. Dans tous les cas, il vaut mieux faire circuler 20 bus Euro 6 sur un réseau de qualité que 10 bus électriques sans la fréquence et l’amplitude nécessaires. Le vrai combat consiste à améliorer le taux d’usage des transports publics et le report modal. Pour cela, il faut convaincre et non contraindre.
