Alors que le gouvernement s’engage dans la réforme de la formation professionnelle, l’OPCA Transports et Services (organisme paritaire collecteur agréé Transports et Services) veut mieux faire connaître ses missions. Confrontés à des rumeurs de remise en cause, voire de disparition, ses dirigeants rappellent que l’organisme paritaire est un outil efficace et performant.
Quelques semaines après le lancement par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, de la réforme de la formation professionnelle, l’OPCA Transports et Services présente un nouveau vecteur de communication, sous la forme d’un livret à la fois pédagogique et ludique, malicieusement intitulé « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’OPCA Transports et Services ». Pas besoin d’ailleurs d’oser la demander pour obtenir cette brochure, disponible en téléchargement sur le site de l’OPCA (www.opca-transports.com). « La formation professionnelle est une thématique complexe, qui n’a cessé de se complexifier au fil du temps, déclare René Petit, président de l’OPCA Transports et Services. Certaines des ressources que nous percevons sont obligatoires, d’autres sont conventionnelles, d’autres encore volontaires. Et nous avons obtenu l’agrément de l’État pour la collecte de la taxe d’apprentissage en 2015. Les prescripteurs de la formation sont divers: salariés, employeurs, pouvoirs publics. D’où l’intérêt de mieux nous présenter. »
Rythmé et attractif, l’opuscule d’une quarantaine de pages détaille l’histoire, les ressources, les activités et les résultats de l’OPCA. Les textes courts, très illustrés, les chiffres mis en exergue et même les récits sous forme de BD contribuent à rendre le propos clair et accessible. Sur le fond, pas de tabou puisque l’hypothèse de la disparition des OPCA y est même abordée. Car, au-delà de l’effort de transparence et de décryptage des mécanismes de la formation professionnelle, la démarche de l’OPCA Transports et Services vise avant tout à affirmer haut et fort son rôle et sa place. « Nous avons voulu bousculer les idées reçues, sans tomber pour autant dans la justification et en évitant le jargon », résume Raphaëlle Franklin, directrice générale de l’OPCA Transports et Services. Il a fallu pour cela mener une sorte de bilan de compétences, avec l’aide d’une agence spécialisée dans la communication pédagogique, Manane. Florence Rey, en charge de la communication à l’OPCA, souligne au passage le bénéfice apporté par un regard béotien pour « casser les codes ».
La préparation du livret a été effectuée en grande partie à l’époque de la campagne de l’élection présidentielle. Jean-Marc Dubau, vice-président de l’OPCA Transports et Services, souligne à cet égard que les projets de réforme de la formation professionnelle, portés par les principaux candidats, étaient déjà connus. Il ne cache pas non plus que la concertation engagée depuis quelques semaines sous l’égide de Muriel Pénicaud n’a pas apporté beaucoup de précisions quant aux orientations qui devraient se dégager. René Petit refuse de se livrer au jeu des pronostics, et remarque au passage que la précédente réforme, qui remonte à 2014, n’a pas encore fait sentir l’ensemble de ses effets.
Créés en 1994, les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) accompagnent la mise en place des outils de modernisation de la formation continue. L’OPCA Transports et Services regroupe dix branches professionnelles: les transports routiers de marchandises; les transports collectifs de voyageurs; les transports sanitaires; les transports urbains; les transports fluviaux de fret et de passagers; les ports et la manutention portuaire; les agences de voyage et de tourisme; les distributeurs conseil hors domicile; les transports maritimes; le secteur de la propreté (depuis 2015).
Depuis fin 2015, l’OPCA Transports et Services est devenu un organisme collecteur de la taxe d’apprentissage. Il contribue ainsi à hauteur de 111 millions d’euros pour la formation des jeunes. Géré de façon paritaire, l’OPCA Transports et Services compte 36 membres à son conseil d’administration, répartis en deux collèges, salariés et employeurs. Il totalise 233 collaborateurs, dont 120 dans les 35 implantations régionales, et 113 au siège. Le travail de l’OPCA est encadré par les services de l’État, notamment dans le cadre d’une convention d’objectifs et de moyens. Cette convention fixe par exemple un niveau maximum pour les frais de gestion et d’information de l’OPCA Transports et Services, qui s’élèvent à 7 %. Les 93 % restants sont utilisés pour financer la formation dans les entreprises, directement auprès des salariés, pour alimenter le Fonds paritaire de sécurisation du parcours professionnel, à destination des conseils régionaux, des 5 300 CFA et écoles des branches concernées. En 2016, le nombre de salariés formés a ainsi atteint 246 537, dont 23 153 étaient issus d’entreprises de moins de dix salariés. Près de 6 000 demandeurs d’emploi ont également eu accès à une formation.
La réforme lancée par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, devrait se traduire par une loi avant l’été prochain. L’objectif principal du gouvernement est de mieux orienter les actions de formation vers les publics qui en ont le plus besoin, à savoir les demandeurs d’emploi et les salariés en situation de précarité. La simplification du fonctionnement du compte personnel de formation, ainsi que l’amélioration de son financement sont également sur la table. En ces temps de disette budgétaire, la tentation est grande de piocher dans les ressources des OPCA. Prenons garde à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, rétorquent en substance les intéressés, soulignant le rôle des OPCA dans l’accès à la formation pour les salariés des entreprises petites et moyennes. « Il ne faut pas que la réforme se trompe de cible, et remette en cause les acteurs de la formation quand il s’agit d’en améliorer les dispositifs, souligne Jean-Marc Dubau. C’est la possibilité d’un emploi qui génère le besoin de formation, et non l’inverse. » Les responsables de l’OPCA Transports et Services rappellent à cet égard que la responsabilité d’embaucher les demandeurs d’emploi revient aux entreprises, et que les métiers doivent être placés au cœur du sujet de la formation.
