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L’Ademe prévoit une réduction de la mobilité en 2050

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L’Ademe prévoit une réduction de la mobilité en 2050

Crédit photo Grégoire Hamon

Dans son scénario énergie Climat pour 2035-2050, l’Ademe prévoit la fin de la motorisation diesel pour les bus et car. Le recours à la voiture individuelle va baisser au profit du transport par rail et des véhicules en libre-service.

L’Ademe tire la sonnette d’alarme. Selon l’Agence pour la maîtrise de l’énergie, la France doit renforcer très vite son action si elle veut tenir ses objectifs climatiques visant à réduire de 70 % ses émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à 1990. Dans son nouveau scénario énergie Climat pour 2035-2050 (le précédent datait de 2013), l’Ademe identifie deux chantiers prioritaires: le bâtiment et le transport. C’est dans ce dernier secteur que l’agence anticipe la baisse de GES la plus importante: – 41 % pour la période 2010-2035 et – 34 % pour la période 2035-2050. Pour y parvenir, L’Ademe recommande « le déclenchement d’une transition rapide et profonde de nos modalités de déplacement », à la fois des types de véhicules (électriques, hybrides, gaz) et des infrastructures énergétiques associées (gaz, électricité). Elle identifie dans un document complémentaire (scénario bas carbone) plusieurs mesures additionnelles qui pourraient avoir un impact sur la consommation énergétique, comme l’avènement de péages urbains et de zones de circulation restreintes. Mais c’est le basculement des flottes de véhicules particuliers et professionnels vers des modes alternatifs qui aura le plus d’effet.

Disparition du gazole

Le parc de bus et de cars, à 100 % diesel en 2010, est déjà en train d’évoluer vers les carburations alternatives et cette amorce va s’amplifier dans les années à venir. Ainsi, selon les projections de l’Ademe, la motorisation gazole équipera encore 66 % des véhicules immatriculés en 2030 pour finir par complètement disparaître en 2050. Les carburants gazeux (biogaz inclus) feront à l’inverse rouler 29 % des nouveaux bus et cars en 2030 et 86 % des véhicules en 2050. L’Ademe précise même que 100 % des ventes de cars seront concernées par la motorisation gaz dès 2030. Ce développement bénéficiera de la mise en œuvre du renforcement des infrastructures de distribution prévue dans la directive européenne 2014/94, qui vise un maillage du territoire, avec, à terme, un point de charge au minimum tous les 150 km pour le gaz naturel comprimé (GNC) et 400 km pour le gaz naturel liquéfié (GNL). Enfin, on notera une progression mesurée des chaînes de traction électriques pour équiper les véhicules (bus essentiellement): 5 % des ventes seront concernées en 2030 et 14 % en 2050.

L’Ademe observe une évolution importante des comportements de mobilité, liée à une restructuration profonde des systèmes de transport de voyageurs. « La mobilité des personnes est ainsi d’abord contenue, puis baisse de 17 % en 2035 et de 24 % en 2050 », prévoient les experts de l’agence, qui fondent leurs analyses sur une conjonction d’évolutions profondes:

Une part accrue de télétravail, le vieillissement de la population, ainsi que l’aménagement du territoire qui permettra une meilleure organisation urbaine: la population active travaillera plus régulièrement dans les bâtiments résidentiels ou dans des télécentres, à proximité des lieux de vie. Il ne s’agit que d’un transfert du point de vue de la consommation énergétique des « bâtiments », mais l’effet sur la mobilité et la consommation énergétique dans les transports devrait s’avérer, quant à lui, « significatif ».

Le déploiement des services de mobilité – véhicules, notamment électriques, en libre-service à disposition des usagers et détenus par des professionnels – de plus en plus significatif, notamment pour les usages urbains et périurbains en 2035.

Le co-voiturage, confirmant sa progression, continuera à se développer et, amènera ainsi le remplissage moyen des véhicules à se stabiliser à deux personnes par véhicule à partir de 2035 (1,4 en 2010).

Enfin, une part importante du report modal devrait se faire également sur les modes doux (vélo) et les transports en commun (rail et route).

Logique utilitaire

L’ensemble de ces facteurs va également porter un coup à la voiture individuelle. Aujourd’hui, l’Ademe rappelle que ce mode de transport reste prédominant que ce soit pour les déplacements urbains, périurbains ou de longue distance. Chaque véhicule parcourt 13 000 km par an, mais il est inexploité 95 % du temps et souvent occupé par une seule personne. 85 % de la mobilité passager s’est ainsi effectuée en voiture individuelle en 2010. Cette part va baisser à 74 % en 2035 puis à 60 % en 2050. « La notion de voiture personnelle va se fissurer au profit d’une logique utilitaire », commente Johan Ransquin, directeur adjoint villes et territoires durables à l’Ademe. Grand gagnant de cette évolution, le transport en commun par voie ferrée devrait passer de 10 % des déplacements en 2010 à 17 % en 2035, puis 24 % en 2050. La mobilité effectuée par des véhicules « serviciels » – véhicules non possédés type autopartage, co-voiturage, libre service et futurs véhicules autonomes -, va décoller dans le même temps, passant du néant en 2010 à 6 % en 2035 et 10 % en 2050.

En revanche, le transport en commun par mode routier, car et bus confondus, devrait peu profiter de ces évolutions. L’Ademe prévoit pour l’instant que les bus et cars, qui ont représenté 5 % des déplacements en 2010, ne vont gagner qu’un tout petit peu en 2035 (6 %) pour ensuite stagner jusqu’en 2050 (6 % également). Toutefois, l’Ademe pourrait réviser à la hausse sa prévision concernant les bus et cars au regard de certains nouveaux facteurs. « Nous devons encore intégrer pleinement les impacts des autocars Macron. Ainsi, nous assistons à de nouveaux phénomènes inattendus: certains utilisateurs vont en effet privilégier le confort et le prix à la vitesse en optant pour les lignes SLO, afin de pouvoir travailler avec le wifi pendant leurs déplacements. De même, les récentes annonces de Nicolas Hulot sur le diesel vont accroître le report modal », analyse Johan Ransquin. Les prochaines « visions » de l’Ademe sont attendues pour 2019.

Un parc de véhicules de plus en plus vert

La transformation du parc de bus et de cars, à 100 % diesel en 2010 est déjà en train d’évoluer vers les carburations alternatives et cette amorce va s’amplifier dans les années à venir. Ainsi, la motorisation gazole équipera encore 66 % des véhicules immatriculés en 2030 pour finir par complètement disparaître en 2050. Les carburants gazeux (biogaz inclus) feront à l’inverse rouler 29 % des nouveaux bus et cars en 2030 et 86 % des véhicules en 2050. L’Ademe précise même que 100 % des ventes de cars seront concernées par la motorisation gaz dès 2030. Enfin, on notera une progression des chaînes de traction électriques pour équiper les véhicules.

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  • Grégoire Hamon
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