C’est par des activités complémentaires entretenues par un renouvellement constant de son offre que Voyages Ferron développe sa clientèle et produit du travail à temps plein pour ses salariés. De plus, Danièle Fraga, sa gérante, n’a de cesse de faire respecter ses échéances de règlement.
Avec 38 salariés en CDI pour 53 postes de travail, Voyages Ferron affiche un beau dynamisme sur le marché breton du transport de voyageurs. Il faut dire que toute l’équipe ne manque ni d’idées, ni d’énergie pour développer l’activité qui repose sur trois piliers: le transport scolaire (55 %), le tourisme (35 %) et le transport sanitaire léger (VSL, 10 %). Trois activités inégales en chiffre d’affaires, mais qui se complètent. Le taxi médicalisé pour les particuliers ou les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), par exemple, est source de valeur ajoutée pour les deux autres domaines: « Le VSL est une activité très exigeante, explique Danièle Fraga, gérante de Voyages Ferron. Il faut assurer une permanence et rouler quel que soit le jour de la semaine, parfois en double équipage. C’est pourquoi tous mes conducteurs sont polyvalents pour pouvoir intervenir sur le VSL en cas de besoin. Moi-même, j’assure des transports. Par ailleurs, les conducteurs doivent être formés au secourisme et apprendre à gérer des situations d’urgence médicale. Le bon côté est que, une fois formés, les conducteurs savent comment négocier des situations difficiles dans le transport scolaire ou touristique. Ainsi, lors d’un voyage de groupe en Norvège, le conducteur a su gérer l’hospitalisation d’un passager et le retour des autres voyageurs dans des conditions convenables. De plus, cette activité me permet de garantir à mes conducteurs un travail à temps plein rentable pour l’entreprise. » Une préoccupation qui lui tient à cœur depuis que, voici quelques années, la perte de circuits sur le transport scolaire l’avait contrainte à se séparer d’une partie de son personnel. De fait, tout en étant l’activité majoritaire, le transport scolaire reste aléatoire car il est soumis aux appels d’offres tous les huit ans. En 2017, ces appels d’offres ont été favorables à Voyages Ferron: « Nous avons pu conserver nos circuits pour huit ans et nous n’aurons plus d’appel d’offres avant trois ans sur un autre secteur, déclare Danièle Fraga. Mais il faut pour cela renouveler régulièrement nos véhicules. Et puis surveiller les règlements. Je relance personnellement les administrations scolaires et médicales pour être réglés tous les mois. Cela compense un peu les voyages de groupe que les écoles organisent, mais qu’elles réservent et paient tardivement. »
Face à ces contraintes, les voyages touristiques apparaissent comme une activité moins contraignante: « Les voyages sont payés d’avance, rapporte Danièle Fraga. Nos clients, qui sont majoritairement des groupes de retraités et de préretraités, reviennent régulièrement nous solliciter et, comme nous pratiquons une politique de parrainage, ils nous apportent de nouveaux clients, ce qui renouvelle la clientèle. » Pour autant, Voyages Ferron consacre beaucoup de temps et d’énergie à l’entretenir: « C’est une activité qui ne souffre pas l’improvisation et qui nécessite beaucoup de sérieux et de disponibilité, insiste la gérante des Voyages Ferron. Une salariée travaille ainsi à temps plein pour créer des voyages à partir des souhaits des principales destinations que nous recueillons sur les fiches d’appréciation que nous remettent les clients. Nous récupérons aussi des informations des hôtels ou des villages vacances et je voyage beaucoup pour trouver de nouvelles destinations et des informations. Nous faisons ensuite faire de belles brochures par notre fournisseur Graphibus et nous travaillons sur la qualité du voyage, depuis le départ jusqu’au retour en passant par la réception. Quand nous proposons des destinations lointaines, nous complétons le voyage par des petits circuits en étoile. Ce genre de comportement se sait vite et nous permet de réaliser notre promotion uniquement par le bouche-à-oreille, sans recourir à un service commercial. » Ce qui semble très bien fonctionner, puisque la seule concurrence que craint Danièle Fraga vient du camping-car. Mais, comme elle le dit elle-même: « Les voyageurs n’ont alors pas de guide et ils doivent se débrouiller seuls. »
Pour combler les périodes les plus creuses, Danièle Fraga a eu l’idée de créer des voyages touristiques « surprise », bâtis sur une journée ou un week-end: « Nous les programmons surtout durant les périodes où nos cars ne roulent pas, ce qui nous assure du chiffre d’affaires pour ces périodes creuses, explique-t-elle. Les clients n’ont aucune idée de l’endroit où nous allons les emmener. Ils savent simplement qu’ils peuvent oublier leur portefeuille car ils ont payé un prix tout compris, boissons et repas inclus. Ensuite, ils se laissent emmener à l’aventure. Nous avons ainsi organisé une journée sur le thème des algues, avec repas aux algues de mer et conférence par un spécialiste nutritionniste. Une autre fois, nous avons organisé un week-end à Rennes avec visite guidée de l’hôtel de ville, ce qui ne s’était jamais fait, puis une soirée avec un one-man-show de Michel Drucker. Enfin, si le budget nous paraît un peu cher, nous organisons une tombola pour les voyageurs ou nous leur offrons un cadeau. Certains clients adorent ce principe, au point de ne plus s’inscrire qu’à ces voyages « surprise ». De ce fait, nous sommes sans arrêt sur la brèche pour trouver de bonnes idées. »
