Les travaux de surface ont démarré dans la capitale picarde, qui doit inaugurer son BHNS au printemps 2019. L’arrivée du nouvel équipement s’accompagne d’un travail sur les flux de déplacements et d’opérations de requalification des boulevards de la ville.
Amiens prépare activement l’arrivée de son BHNS électrique, prévue au printemps 2019. L’aménagement des 46 km du réseau de bus structurant va s’accompagner d’un travail sur le partage de la voirie et d’une adaptation de la circulation sur les boulevards, pour faire davantage de place au transport en commun et aux modes doux. Une petite révolution dans cette ville où 70 % des déplacements s’effectuent en voiture, quand la part modale du bus atteint 7 %. L’objectif est de la faire passer à 12 % dans les cinq ans à venir, pour atteindre 20 millions de voyages annuels sur le réseau Ametis.
La nouvelle délégation de service public (DSP) signée en novembre avec Keolis pour six ans fixe d’ailleurs un objectif de 30 % d’augmentation de fréquentation du réseau bus. L’offre de transport sera restructurée autour du BHNS, qui assurera 75 % du trafic global. Les quatre lignes structurantes seront complétées par une Lianes (ligne à niveau élevé de service), deux lignes urbaines, quatre lignes semi-urbaines, cinq lignes périurbaines, une navette de cœur de ville, des lignes scolaires rebaptisées Tempo, et des lignes Résago de transport à la demande. Pour accroître la vitesse commerciale sur les lignes de BHNS, les conducteurs n’assureront pas la vente de titres.
Pour soutenir la politique de mobilité, la ville d’Amiens s’appuie aussi sur la gestion du stationnement. Les véhicules qui occupent les 70 000 places payantes en surface sont désormais contrôlés grâce à un outil numérique de lecture de plaque. Et la collectivité a adopté une approche originale pour encourager le rabattement vers les transports publics. « Nous avons trouvé un accord avec les hypermarchés présents aux trois sorties de l’agglomération afin de mutualiser leurs parkings pour servir de parcs-relais », explique Pascal Rifflart.
Amiens va consacrer 122 millions d’euros d’investissement au BHNS, avec l’achat de 43 bus électriques Irizar de 18 m. Un nouveau dépôt qui accueillera l’ensemble de la flotte sera opérationnel dans un an, pour un coût de 19,8 millions d’euros. Le contrat de DSP correspond à un chiffre d’affaires de 221 millions d’euros pour Keolis.
La mise en service du BHNS électrique s’accompagnera du déploiement d’une nouvelle billettique sans contact basée sur la carte bancaire, qui servira non seulement de mode de paiement mais aussi de support au titre de transport, tout en conservant une carte de transport spécifique pour ceux qui le souhaitent. L’objectif est de limiter le nombre de cartes à transporter par les usagers, et de réaliser des économies sur l’émission et la vente des titres papier. La vente des tickets ne sera pas assurée sur le réseau BHNS, et 40 distributeurs seront installés sur le réseau. Parallèlement, la tarification sociale assure une réduction maximale de 75 % de l’abonnement mensuel en fonction des revenus.
