Auditionnée par la Commission développement durable du Sénat au sujet de sa mission sur le véhicule autonome, Anne-Marie Idrac a résumé ses préconisations: « Expérimenter résolument, sécuriser dans tous les domaines, et accompagner sur tous les plans. » Ancienne secrétaire d’État aux Transports, puis au Commerce extérieur, présidente de la RATP puis de la SNCF, Anne-Marie Idrac est une experte du secteur, dotée d’une vision industrielle et internationale. Elle a souligné la « très grande qualité technique et systémique des expérimentations françaises », et l’avance relative de notre pays, dont sont issus les deux principaux constructeurs de navettes autonomes destinées au transport de voyageurs. Sa mission, qui s’inscrit dans une approche « la plus intégrée possible », doit aboutir à la publication d’un document interministériel, associant les Transports, la Recherche, l’Industrie, l’Intérieur.
Alors que les États-Unis sont très engagés dans le développement de solutions technologiques utilisées pour le transport de marchandises, notre pays se distingue sur le transport de voyageurs. Cette thématique recouvre différentes approches. D’abord, les questions qui se posent dans le cas du véhicule individuel, et du rôle du conducteur selon le degré d’autonomie. L’étude des cas d’usage, et du degré de responsabilité du conducteur fait l’objet de nombreux travaux. Dans le cas des transports collectifs, les navettes autonomes permettent de compléter l’offre dans les zones peu denses et de faire du rabattement. « Les gains sont réels et les modèles économiques plus près d’être atteints », précise Anne-Marie Idrac, qui souhaite que les opérateurs de transports publics engagent des expérimentations plus proches des politiques de mobilité locales. Elle demande également à ce que le partage d’expérience soit mieux organisé, au moins dans le cas des tests soutenus par la puissance publique.
Le groupe Berthelet a présenté une navette Navya à ses couleurs à l’occasion du salon Entreprise du futur, le 18 janvier à Lyon. Pour le transporteur rhônalpin, il s’agit de marquer le développement de son offre de services de mobilités alternatifs et durables. Encore réservée à des usages en milieu semi-ouvert, la navette autonome ne fait pas partie des demandes des autorités organisatrices, reconnaît Aurélien Berthelet, directeur général de l’entreprise. « Il faudrait faire évoluer le cadre des marchés publics pour y intégrer des expérimentations, déclare-t-il. Mais il me paraît indispensable que les AO s’emparent du sujet, compte tenu des enjeux. »
