L’entreprise girondine accompagne le développement des transports sur son territoire depuis 70 ans. Aujourd’hui dirigée par Yves Merceron, ASTG a su se structurer afin de rester une force de proposition face aux collectivités locales, et continue de se positionner comme un véritable partenaire dans l’offre de mobilité.
Pour la plupart des voyageurs, ASTG ce sont les cars TransGironde. Mais pour les plus anciens, ce sont les cars André. Mais, en effet, l’entreprise réalise 70 % de son chiffre d’affaires avec les lignes régulières. Autour de 7 heures du matin, c’est d’ailleurs un défilé ininterrompu de cars aux couleurs du département qui quittent le dépôt de Cadaujac. L’entreprise assure le transport de près de 2 millions de voyageurs par an à travers l’ensemble de la Gironde, via quatre lignes régulières, et des lignes de transport scolaire.
ASTG regroupe en fait trois sociétés de transport girondines: Perroy Autocars, Adventour, et les cars André. S’y ajoutent les cars Lafforest et les cars Météreau, implantés à Saujon et à Dolus-d’Oléron (Charente-Maritime), l’ensemble étant intégré dans la holding ASTT. La société créée par André Perroy en 1947 a bien évolué. Négociant en carburants et lubrifiants, il avait racheté la Société des cars Landes girondines pour desservir la ligne Saint-Symphorien – Bordeaux avec 13 véhicules. En 2016, ASTG a réalisé 10,3 millions d’euros de CA, avec 130 véhicules. De son côté Météreau a dépassé les 3 millions d’euros.
L’histoire des cars André reflète les évolutions du marché des transports routiers de voyageurs. En 1973, Maurice Perroy prend la suite de son père et continue à développer la société, qui compte en 2003 plus de 60 véhicules, tous de la marque Mercedes. Dès 1995, il confie à son fils Franck la direction des cars André, et se consacre au groupe Aquitaine service transport tourisme (ASTT), qui rassemble alors les cars André, les autocars Météreau et la société bordelaise Sud Inter, rebaptisée Autocars Perroy. En 1998, il lance également l’agence Aquitaine tourisme. À partir de 2003, Franck Perroy développe la société par croissance externe. Il rachète Lafforest, Adventour et les Autocars Richard, portant à plus de 200 le parc de véhicules. Il décède subitement en 2010, et son épouse Patricia prend la présidence de la société.
C’est alors qu’Yves Merceron devient directeur général d’ASTG. Il entame alors la restructuration de la société, en réduisant le nombre de véhicules pour accroître la rentabilité. Il décide aussi de rejoindre Réunir en 2011. « Ce partenariat est important pour rester force de proposition, commente Yves Merceron. Quand nous avons répondu à l’appel d’offres du département de la Gironde en 2012, le fait de disposer d’une billettique sans contact et d’une information voyageurs en temps réel nous a aidé à faire la différence. » D’ailleurs, les services bus connecté proposés désormais à l’ensemble des membres de Réunir sont nés en grande partie de la demande d’ASTG.
Autre résultat lié à l’adhésion à Réunir, l’obtention en 2013 de la certification Afnor Engagement de Service. Une démarche qui continue à se diffuser au sein de l’entreprise, et permet de mobiliser l’ensemble du personnel. Ainsi, la gestion des objets trouvés représente une des déclinaisons les plus évidentes de la qualité de service. En cherchant à établir les process permettant de repérer, classer, et donc être en capacité de retrouver et de restituer les objets oubliés dans les cars, Stéphanie Bernadas-Seyrat, responsable du pôle RH et de la qualité au sein d’ASTG, s’est rendu compte que toutes les activités étaient concernées. Les procédures élaborées pour prendre en charge les objets trouvés servent donc aussi à faire circuler d’autres types d’informations.
Mais au-delà des innovations technologiques, l’appartenance au réseau Réunir permet à ses adhérents de mieux se structurer, en amont des réponses aux appels d’offres. L’évolution des marchés régionaux oblige les transporteurs à se montrer de plus en plus réactifs, mais les défis à relever ne se situent pas seulement du côté des grosses collectivités. « De plus en plus de collectivités rurales ont des demandes en matière de mobilité, relève Yves Merceron. Il faut se montrer créatif, en mutualisant par exemple des lignes de transport scolaire… »
Comme toute entreprise de transport, ASTG est particulièrement attentive à ses salariés. « Nous avons signé en 2015 un accord sur l’égalité hommes/femmes prévoyant notamment un accès équivalent aux contrats à temps plein disponible, un accès à la formation proportionnelle à leur part dans l’entreprise. Et nous avons également pris l’engagement de recevoir toutes les candidates femmes qui postulent aux postes de conducteurs et aux postes techniques », précise Stéphanie Bernadas-Seyrat. Résultat: l’entreprise compte 21 % de conductrices, soit 27 femmes sur 129 conducteurs. 55 % des femmes ont un contrat à plein-temps, contre 47 % des hommes. L’accès aux postes à temps plein est d’ailleurs déterminant dans l’attractivité du métier de conducteur en interurbain ou scolaire. C’est aussi l’une des causes majeures de turnover, puisqu’il faut en moyenne six mois à un salarié pour obtenir un contrat à temps plein chez ASTG. « Et comme nous sommes assez près de Bordeaux, les conducteurs qui le peuvent se tournent bien souvent vers l’urbain », regrette Yves Merceron.
« Sur l’embauche des jeunes, l’axe majeur se trouve plutôt sur l’intégration de compétences par contrats d’apprentissage sur les métiers d’exploitation ou techniques. Comme pour les candidatures féminines, nous sommes très attentifs à privilégier l’embauche de jeunes conducteurs, mais nous peinons un peu car il y a très peu de candidats, comme pour beaucoup de nos confrères du transport interurbain », poursuit Stéphanie Bernadas-Seyrat. Au sein de l’entreprise, seulement 8 % des conducteurs ont moins de 35 ans, et la moyenne d’âge s’établit à 51 ans.
Aujourd’hui installée sur un nouveau site à Cadaujac, la société ASTG compte trois autres dépôts en Gironde. La flotte compte 129 véhicules, qui sont tous accessibles aux personnes à mobilité réduite. Elle se répartit comme suit: 66 % Evobus (Mercedes-Setra); 21 % Irisbus/Iveco; 10 % VDL; 3 % Otokar. L’âge moyen des véhicules est de 6 ans et 2 mois. 32 % des véhicules sont à la norme Euro 6, 39 % Euro 5, 7 % Euro 4, et 22 % Euro 3.
