Une usine de bus au Maroc, un site d’assemblage à Beauvais et une production en hausse aux États-Unis: le chinois BYD se développe tous azymuts. Le constructeur d’autobus et véhicules électriques veut profiter de l’engouement pour les moteurs verts, avec une vue particulière sur la France.
Le constructeur chinois BYD tisse actuellement un réseau de production et de distribution mondial. Début décembre, le constructeur a révélé un projet d’investissement au Maroc, prévoyant l’implantation de plusieurs usines près de Tanger. Le site de 50 hectares comprendra des chaînes de montage pour des autobus, des véhicules de tourisme, des camions électriques, et même une usine de wagons de trains monorail. Le montant n’a pas été communiqué, pas plus que l’année de mise en service des futurs sites de production.
« Nous souhaitons bénéficier de la situation géographique du Maroc, en tant que porte d’entrée pour l’Europe et le marché africain », a ainsi déclaré Wang Chuanfu, le président-directeur général de BYD, qui signifie « Build Your Dreams ». Ce projet pharaonique s’ajoute à plus de 30 sites industriels. Leader mondial du véhicule électrique, BYD compte 220 000 employés, réalise un chiffre d’affaires de 17 milliards de dollars et représente 13 % des véhicules électriques vendus dans le monde. Elle détient notamment 30 % du premier marché automobile électrique mondial, le marché chinois. Créé en 1993, le constructeur de batteries au lithium s’est diversifié dans l’automobile en 2008, puis les autobus électriques. Sur ce dernier segment, le groupe a livré son 10 000e bus l’an dernier.
En Europe, BYD dispose d’une usine dans le nord de la Hongrie, capable de produire 400 bus électriques par an. Et le site d’assemblage d’Allonne, près de Beauvais (Oise), devrait sortir ses premiers modèles cette année. Le site occupera 32 000 m2 où seront assemblés jusqu’à 200 véhicules par an. Dans un premier temps, il s’agira d’autobus et d’autocars à pont unique, et d’autres véhicules pourraient suivre. Le constructeur prévoit également la mise en place d’un service après-vente d’entretien et de réparation, ainsi qu’un centre logistique pour les pièces détachées. À plus long terme, un centre de tests de batteries pourrait voir le jour. « Nous prévoyons une croissance significative des ventes de bus électriques en Europe, particulièrement en France », a indiqué Isbrand Ho, directeur Europe de BYD.
Londres, Liverpool, Turin ou Rotterdam ont déjà intégré BYD au sein de leur flotte. Sur le continent américain, Sao Paulo est également équipée, mais c’est en Californie que l’engouement est le plus fort. BYD a ainsi décidé en octobre dernier de tripler la taille de son usine d’assemblage de Lancaster, au nord de Los Angeles, pour produire 1 500 bus électriques par an. « La technologie est désormais mature. Les acteurs du transport considèrent qu’ils peuvent commencer à convertir toute leur flotte », a déclaré Andy Swanton, vice-président américain de la division BYD Truck. De fait, Los Angeles a commandé 60 bus BYD et d’autres municipalités ont suivi, comme Antelope Valley et les universités de Californie, d’Irvine et de Stanford.
