La législation européenne prévoit l’ouverture à la concurrence des services ferroviaires au plus tard le 3 décembre 2019. La France doit transposer d’ici le 25 décembre 2018 ce quatrième paquet ferroviaire, applicable aux services TER. La région Paca a lancé dès le mois de décembre 2017 un appel à manifestation d’intérêts pour préparer cette échéance.
« Notre TER est le plus cher de France: il nous coûte un million d’euros par jour! Nous avons engagé un bras de fer avec la SNCF. Il s’agit d’une aberration tarifaire et d’un mauvais service. J’attends la possibilité d’ouvrir le TER à la concurrence », a lancé fin janvier 2018 Renaud Muselier, lors de la cérémonie des vœux à la presse.
Président de la région Provence Alpes Côte d’Azur depuis neuf mois, il poursuit la bagarre engagée par son prédécesseur, Christian Estrosi, avec Guillaume Pépy, pdg de la SNCF, afin de proposer aux usagers une meilleure qualité de service. À la manœuvre sur ce dossier, Philippe Tabarot, chargé des transports au conseil régional Paca. « En 2017, nous avons exploité les TER sans contrat avec la SNCF, cela a mieux fonctionné avec seulement 3 % de trains supprimés et une hausse de 10 % du nombre de voyageurs en TER. Notre but est de faire voyager 100 000 personnes chaque jour. Nous payons 300 M€ pour les TER, or la qualité de service n’est pas au rendez-vous », déplore l’élu.
Un mécontentement croissant qui a conduit la région Paca à occuper les avant-postes de la libéralisation ferroviaire… « Nous sommes la première région de France à lancer un appel d’offres en blanc. Nous avons lancé en décembre 2017 un appel à manifestations d’intérêt et de nombreux opérateurs se sont manifestés. Nous recevrons les réponses jusqu’à mi-avril sur trois lots, trois liaisons identifiées, a annoncé Philippe Tabarot. Le coût de circulation d’un TER dans la région Sud de la France se situe autour de 27/28 €/km alors qu’il est de 15 € en Allemagne. » Pour Bruno Dessaignes, directeur des trains régionaux et de l’intermodalité à la région Paca, l’ouverture à la concurrence est un moyen de reprendre le dialogue avec SNCF Mobilités. Il copilote le groupe de travail sur l’ouverture à la concurrence du TER aux côtés de Patricia Perennes, conseillère transport au sein de l’association Régions de France. Qu’attend la région Paca de l’ouverture à la concurrence? « Nous espérons plus de fiabilité pour un coût inférieur, du personnel plus polyvalent qu’aujourd’hui et des nouvelles technologies », précise Bruno Dessaignes. Une attention toute particulière sera portée à la complémentarité horaire avec les Lignes express régionales (LER) opérées par autocar, en particulier durant les périodes de pointe.
Depuis le 1er janvier, les abonnés au TER de la région Paca ont accès aux trains de la compagnie privée Thello, filiale de Trenitalia et de Transdev. Moyennant 3 € par mois en plus de leur abonnement normal, ils pourront emprunter six dessertes quotidiennes entre Nice, Monaco et Vintimille. L’objectif de la région Paca est de renforcer l’offre TER et de répondre aux attentes des voyageurs. La compensation financière versée par la Région pourrait atteindre 300 000 € par an. Une convention a été signée avec les deux opérateurs ferroviaires: Thello se tournera vers la SNCF pour récupérer les recettes commerciales qui lui reviennent.
De l’autre côté de la frontière italienne, Thello fonctionne de la même manière avec les abonnés aux trains régionaux depuis son lancement, en 2015. À l’époque, la région Paca avait d’ailleurs protesté auprès de l’Arafer pour protéger ses TER contre la concurrence. Mais ça, c’était avant…
14 millions de trains/km
147 gares
550 circulations quotidiennes TER
110 000 voyages par jour
370 M€ de charges et 95 M€ de recettes
1 200 véhicules: services routiers scolaires et lignes régulières pour 150 M€ de charges et 20 M€ de recettes
