Paul Pluviaud. Le challenge était non pas de supprimer l’automobile en centre-ville mais de la contenir, de créer de la fluidité. Et ce sans ligne budgétaire supplémentaire. Dès la première année de gratuité, nous avons eu une hausse de 81 % de la fréquentation. Et depuis, nous sommes passés de 22 voyages par an et par habitant à 62 voyages. La moyenne dans les Établissement publics de coopération intercommunale (EPCI) de moins de 100 000 habitants est de 39 voyages/an/habitant.
P.P. Le fonctionnement du service urbain, dont le coût atteint 5,10 M€ par an, est essentiellement financé par le versement transport (VT) qui est à 0,60 %, le taux maximum pour une agglomération de moins de 100 000 habitants qui n’est pas dotée de transport en site propre. Cela représente 4,10 M€ par an. Le reste est financé par le budget général, soit 1 M€ pour le fonctionnement et 1 M€ pour l’investissement. Sans compter le service scolaire, soit 1,30 M€, pour lequel la Région compense à hauteur de 900 000 €.
P.P. Tout à fait! Il faut relativiser le coût de la gratuité. Et comparer. En France, sur les 83 EPCI de moins de 100 000 habitants, l’apport des recettes commerciales est, en moyenne, de 26 % du coût de fonctionnement du réseau de transport. À Châteauroux, en 2001, il était de 14 % alors que l’agglo n’était composée que de quelques communes. Or la billetterie, ça coûte cher! Par ailleurs, lors de la mise en gratuité, il y avait des interrogations en matière d’évolution de la sécurité dans les bus. Or il n’y a eu depuis que quatre gros incidents. Il faut dire que nous sommes en Berry, dans une région tranquille…
