Alors qu’elle a reconfiguré son réseau du bus en septembre dernier, l’agglomération rochelaise va s’attaquer désormais à rénover son parc roulant. Le bus électrique intéresse ce territoire très engagé dans les nouvelles mobilités.
En 1973, Michel Crépeau, alors maire de La Rochelle, inaugure le premier secteur piétonnier de France. Deux ans plus tard, ce sont 400 vélos en libre-service qui sont mis à la disposition des Rochelais. Depuis ce temps, la capitale de Charente-Maritime a toujours été un « laboratoire d’idées » en matière de mobilité alternative. Si les premières voitures électriques en libre-service sont apparues dans la ville dès 1995, les bus ont quelque peu souffert d’un retard. Mais aujourd’hui, les élus sont bien décidés à le combler. « Depuis 1994, nous n’achetons plus de bus diesel, se félicite Brigitte Desveaux, vice-présidente de l’agglomération en charge des transports. Même si nous utilisons, depuis 2012, un midibus comme navette gratuite, il faut bien avouer que la technologie électrique était encore en gestation. Nous avons donc temporisé avec l’achat de trois véhicules hybrides. » En fin d’année, la collectivité a testé avec succès le GX 337 d’Heuliez et pourrait prochainement faire de même avec l’Aptis fabriqué par NTL, filiale d’Alstom qui possède une importante usine à Aytré, à la sortie de La Rochelle. « Ce véhicule présente des caractéristiques intéressantes comme une recharge rapide au sol, quatre roues directrices et un plancher bas intégral », poursuit l’élue. La collectivité prévoit de lancer un appel d’offres dans les prochaines semaines. En 2019, elle disposera ainsi de six bus électriques qui seront affectés à la ligne BHNS Illico 4 (zone de Beaulieu-port des Minimes). « D’ici 2030, nous tablons sur une trentaine de bus électriques qui assureront les services dans les zones denses et urbaines. Pour l’autre partie du parc – une soixantaine de véhicules –, nous nous orientons vers le gaz. Mais nous devons au préalable nous assurer du développement de la filière de méthanisation, afin d’assurer une production locale en bio-GNV. »
Aujourd’hui, le réseau de bus sur La Rochelle et la première couronne est exploité par la Régie des transports communautaires rochelais (RTCR). Pour le reste, seconde et troisième couronnes, les services régulier et scolaire sont assurés en DSP par l’entreprise Transdev, d’ailleurs récemment reconduite. Cette dernière va suivre la voie de la RTCR et équiper la ligne périurbaine Dompierre-sur-Mer – La Rochelle entièrement en électrique. Le démarrage est prévu prochainement avec l’arrivée du bus Heuliez qui était en test sur La Rochelle. En juin prochain, trois bus électriques seront affectés à cette ligne. « L’opérateur devra également s’équiper en bus propres. Compte tenu des distances, ce sera sans doute le gaz qui sera retenu, précise Brigitte Desveaux. Néanmoins, nous ne sommes pas spécialement arrêtés sur ces technologies. L’hydrogène fait son apparition et nous suivons avec attention ce procédé. »
Si l’hydrogène est expérimenté sur terre, il l’est également en mer. C’est le cas des bus de mer qui effectuent les liaisons quotidiennes entre le Vieux Port et les Minimes. Depuis 2009, ces catamarans électro-solaires de 75 places sont dotés de panneaux photovoltaïques qui assurent la fourniture de 20 % de l’énergie consommée. Néanmoins, la société Alternatives Énergies associée à plusieurs partenaires a répondu à l’appel à manifestation d’intérêt de l’Ademe, Navires du Futur, afin d’expérimenter sur ces navires la pile à hydrogène. Ce mode d’énergie a notamment l’avantage de doubler l’autonomie actuelle des passeurs et d’accélérer la recharge qui peut se réaliser en seulement quelques minutes. Après une phase expérimentale sans voyageur, le test se déroule désormais en condition réelle d’exploitation et « sans aucun problème », selon Brigitte Desveaux.
Le dossier de transformation de la gare SNCF de La Rochelle en pôle multimodal avance. Le projet décroché par le cabinet d’architectes parisiens Marc Mimram prévoit un chantier en plusieurs tranches avec l’aménagement du parvis (côté centre-ville) en une zone dédiée aux déplacements doux et arrêt minute. Les voitures, bus et cars seront principalement orientés vers l’arrière, au sud. Ici, une gare routière sera aménagée afin de rapprocher les bus Yélo, le service Les Mouettes (ex-cars départementaux) et les cars Macron. L’objectif est ainsi de faciliter les correspondances entre les bus et les autres modes de transports. Enfin, l’ensemble sera relié par une passerelle métallique de plus d’une centaine de mètres, posée au-dessus des voies. Elle permettra de rejoindre les quais et assurera la liaison entre le parvis, les espaces de stationnement et favorisera le passage des piétons entre les quartiers de Villeneuve, Tasdon et le centre-ville de La Rochelle.
La livraison du parvis est attendue pour la fin de l’année prochaine voire le début 2020. Ensuite, en 2021-2022, la passerelle sera posée, la gare routière et les parkings aménagés. L’ensemble va demander un investissement de plus de 22 millions d’euros.
