Série noire pour la politique de mobilité à Paris. Après des incidents concernant la verbalisation des véhicules de police banalisés, voilà que l’on découvre les petites astuces mises au point chez l’un des concessionnaires en charge des contrôles du stationnement sur voirie… Pour atteindre leurs objectifs, les équipes de Streeteo (filiale de Vinci), effectuaient des rondes fictives. Des milliers de forfaits de post-stationnement (FPS), successeurs des anciens PV, ont ainsi été attribués à tort. De quoi donner du grain à moudre aux opposants à cette réforme, dont l’un des objectifs est pourtant de mieux gérer l’espace public.
La recherche effrénée d’un résultat chiffré est parfois ennemie de l’efficacité. Ici, elle est même contre-productive. Alors, atteindra-t-on la barre des 10 % de places vacantes permettant de fluidifier la rotation des véhicules et de réduire le temps passé par les automobilistes à chercher à se garer? La Ville de Paris dégagera-t-elle des recettes en améliorant la gestion et le recouvrement des FPS? Toute communication sur la question semble désormais inaudible.
Les indicateurs quantitatifs, indispensables au suivi d’un contrat de concession, ne sont pas en cause. La supercherie aurait été découverte tôt ou tard. Mais elle vient polluer les débats, et discrédite la méthode. Surtout, les indélicatesses de Streeteo ajoutent au maelstrom ambiant: nouveau Vélib qui n’en finit pas de rattraper ses retards, polémique sur la pollution atmosphérique consécutive à la piétonnisation des berges de la Seine, annulations et recours… Toutes ces péripéties relancent le débat sur la nécessité d’articuler les différentes politiques de déplacement à l’échelle de la Métropole du Grand Paris.
