Le système Hoplink, accessible à tous les réseaux équipés de la technologie Calypso, s’étend progressivement. Une trentaine de villes et régions l’ont adopté. Et il peut s’ouvrir à d’autres services de mobilité.
Voyager sur tous les réseaux de transport français avec un passe unique n’est pas encore une réalité, mais on commence à s’en approcher avec Hoplink. Ce service est déjà disponible sur une trentaine de réseaux en France ainsi que sur toute la Belgique, et d’autres villes européennes (en tout 125 villes dans 25 pays à travers le monde). Hoplink, anciennement appelé Triangle, est un service d’interopérabilité accessible à tous les réseaux équipés de la technologie billettique Calypso. En France, la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) et la Métropole européenne de Lille ont été précurseurs sur le sujet. Elles ont été rejointes depuis par la SNCF pour les TER, et des régions aussi nombreuses que la Bretagne, la Bourgogne, la Basse-Normandie et des agglomérations telles que Bordeaux, Nîmes, Brest ou Besançon.
De fait, Hoplink fonctionne sur le partage et la mise en commun au sein d’une alliance. « Nous respectons toutes les applications avec leur propre tarification, sans imposer une solution unique, ce qui est très important pour tenir compte de chaque spécificité », indique Alain Caffart, président de l’Alliance Hoplink et, par ailleurs, directeur des systèmes d’information à la CTS. Les passes acceptant le système Hoplink sont reconnaissables par la présence d’un petit kangourou stylisé.
Pour le voyageur, le gain est évident. Hoplink peut être intégré dans sa carte à puce sans contact habituelle ou dans un smartphone NFC. Tous les titres de transport peuvent être regroupés sur un seul support, pour une utilisation locale, nationale ou même internationale (avec jusqu’à 16 titres « mobilité » sur une seule carte ou téléphone). Plus besoin de faire la queue au guichet: il suffit d’acheter ses billets en ligne au préalable, ils seront automatiquement chargés sur le passe.
Hoplink a reçu la bénédiction de l’Agence française pour l’information multimodale et la billettique du ministère des Transports (AFIMB). Alain Caffart confirme: « Tous les réseaux qui ont rejoint Hoplink l’ont fait au moment où ils ont basculé vers le passe urbain multiservice. Notre système offre une couche d’interopérabilité qui serait inaccessible aux petites agglomérations. » Il suffit d’une simple adaptation du logiciel des équipements de vente et de validation pour devenir interopérable. Et les économies peuvent s’avérer substantielles. « Hoplink permet de réduire le nombre de distributeurs, sachant que chaque unité coûte entre 30 000 à 50 000 € », précise Alain Caffart. Si l’on considère qu’il y a en moyenne 5 % d’usagers occasionnels sur chaque région (voire 15 à 20 % à Paris), l’interopéralité permet d’alléger les coûts. « Sur Strasbourg, un ticket magnétique coûte 10 à 12 centimes. Nous en vendons actuellement 7 millions par an, avec l’objectif d’arriver à 5 millions, ce qui générerait 500 000 € d’économie, sans compter celles liées à la suppression des valideurs de tickets. »
Outre la SNCF, très impliquée avec les déplacements interrégionaux, la RATP a participé aux travaux de conception et de mise au point d’Hoplink. Les futurs passes Navigo devraient l’intégrer. Enfin, le système Hoplink permet d’intégrer d’autres services que le transport, en s’ouvrant aux cartes touristiques ou bien aux cartes universitaires, voire à des services connexes comme les parkings. En Belgique, on retrouve le petit kangourou sur toutes les cartes émises par Interparking.
