Pour Laurent Wauquiez, le Bordeaux-Lyon n’est pas une priorité. Lors d’une visite à Montluçon, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a promis quelques efforts financiers pour des liaisons ferroviaires desservant la sous-préfecture de l’Allier: 22 M€ vont être investis dans les deux ans sur la section Montluçon-Vallon, qui rejoint Bourges puis Paris; sur Montluçon-Gannat, qui permet la jonction avec Clermont-Ferrand; et sur Montluçon-Lavaufranche qui rallie Guéret puis Limoges. Un budget de travaux (que l’État doit abonder de 9 à 12 M€) qui n’autorisera qu’une remise à niveau a minima pour éviter l’arrêt des circulations. Il a également annoncé vouloir proposer à l’État un plan d’investissement afin de réduire le temps de trajet entre Paris et Montluçon. « Je suis prêt à investir, à condition que la région Centre – Val-de-Loire et l’État investissent également », a-t-il précisé, chiffrant le montant de l’effort des deux régions à 200 M€.
Mais pour le Bordeaux-Lyon, une des rares transversales françaises, le président d’Auvergne-Rhône-Alpes ne consent aucun effort particulier. Cette ligne vitale aux territoires ruraux traversés (Limousin, Auvergne) a périclité après la mise au rebut à la fin des années 1990 des RTG (rames à turbine gaz), jusqu’à l’interruption « provisoire » des dessertes en décembre 2012, officiellement pour cause de travaux. L’an dernier, la région Nouvelle-Aquitaine a obtenu de l’État le transfert de cette ligne en TET (trains d’équilibre du territoire) pour la partie située sur son territoire, ainsi que le financement de cinq nouvelles rames tout en s’engageant à en financer elle-même cinq autres. Des travaux vont par ailleurs être menés sur l’infrastructure entre Limoges (Haute-Vienne) et Montluçon, afin de pouvoir rouvrir dès fin 2018 la liaison jusqu’à la sous-préfecture de l’Allier. La balle était donc dans le camp de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Mais elle n’a pas rebondi.
