Quelques semaines après les Régions et les intercommunalités, l’Association des petites villes de France (APVF) s’exprime à son tour au sujet de la réforme du système ferroviaire. Les élus de l’APVF rappellent l’importance du rail dans le désenclavement de leurs territoires, et demandent un audit dynamique des petites lignes.
Quelques jours après l’adoption de la loi sur la réforme du système ferroviaire, les élus de l’Association des petites villes de France (APVF) ont rendu public leur Livre blanc sur les mobilités. Le document liste sept propositions concrètes, destinées à nourrir la future Loi d’orientation des mobilités (LOM), qui doit être présentée à l’automne prochain. L’APVF fédère depuis 1990 les villes de 2 500 à 25 000 habitants, pour promouvoir leur rôle spécifique dans l’aménagement du territoire.
Nous défendons une gestion de la mobilité par bassin de vie, calquée sur la gestion des eaux qui s’appuie sur les bassins-versants, explique Christophe Bouillon, président de l’APVF et député de Seine-Maritime. La généralisation des autorités organisatrices de mobilité doit s’effectuer en souplesse, en évitant les mesures standardisées, de façon à s’adapter aux besoins spécifiques des territoires. »
L’APVF considère que le ferroviaire doit constituer l’ossature de l’offre de mobilité, et milite ardemment pour le maintien des petites lignes, et des gares considérées comme des pôles attracteurs. « J’ai appris par la presse la décision de fermeture de la gare, prise sans aucune concertation », s’exclame Patrick Jarlier, maire de Saint-Flour. Pour Jean-Michel Morer, maire de Trilport (Seine-et-Marne), il est même inconvenant de parler de « petites lignes », car il n’y a pas de « petites gens ». Tous soulignent le rôle du réseau ferroviaire dans l’aménagement du territoire et le développement local, et demandent à participer à la gouvernance du réseau local. Les élus des petites villes redoutent que les Régions ne soient, à terme, contraintes de prendre des décisions de fermeture concernant les lignes peu circulées. Ils insistent sur la nécessité de revoir les critères d’audit, de sortir de la sacro-sainte évaluation socio-économique, et d’y ajouter la performance environnementale et l’aménagement du territoire.
Le rapport Spinetta considère que le fer coûte trop cher, mais nous pensons que le non-faire coûtera encore plus cher », déclare Christophe Bouillon. Un jeu de mots derrière lequel le député réclame une politique de mobilité ambitieuse, tenant compte de toutes les options, y compris des ouvertures de gares! Pour autant, l’APVF n’est pas fermée aux autres solutions de mobilité, mais demande que l’offre de transport soit évaluée et partagée par l’ensemble des acteurs.
Terminus de la ligne P du Transilien, Château-Thierry est aussi desservie par une ligne de TER du Grand-Est, alors que la ville se situe dans le département de l’Aisne, en région Hauts-de-France… Résultat: les alentours de la gare sont envahis par les voitures en stationnement, la ville subit cet afflux sans en retirer aucun bénéfice, et peine à gérer la situation. Le maire, Sébastien Eugène, pointe la difficulté à trouver le bon interlocuteur. De plus, les voyageurs qui se rendent en Ile-de-France n’ont pas la possibilité d’utiliser leur passe Navigo dès le départ, et devraient, pour être en règle, descendre et valider dès la première station d’Ile-de-France. Cet exemple pose de manière aigüe la question des marges régionales, et donne des arguments à la gestion des mobilités par bassin de vie.
