Quelles sont les attentes des entreprises installées sur les zones d’activités d’Aix-Marseille Provence, en termes de mobilité? À l’issue d’un marathon de sept mois à rencontrer et interroger quelque 18 500 entreprises, la CCI et l’association Convergence 13, qui fédère les zones d’activités du territoire, a présenté une série de propositions. Les voies réservées aux transports en commun sur autoroutes arrivent en tête de liste.
Généraliser le principe de la voie dédiée aux cars entre la zone commerciale de Plan de Campagne et le centre de Marseille à l’ensemble du réseau métropolitain Aix-Marseille Provence pour mieux desservir les zones d’activités. C’est LA priorité qui s’est dégagée à l’issue du « Mobility Tour », une tournée des zones d’activités entamée en septembre 2017 par la Chambre de commerce et d’industrie Marseille Provence, épaulée par l’association Convergence 13.
De grandes attentes concernent également l’amélioration de la desserte en transports collectifs depuis les portes d’entrées de la métropole: port de Marseille, gares et aéroport. Si le projet de ligne nouvelle PACA et l’aménagement d’une gare souterraine à Saint-Charles sont retenus dans le volet programmation de la loi d’orientation des mobilités, les usagers espèrent un doublement de l’offre TER, et une meilleure interconnexion avec les réseaux de proximité.
C’est au niveau de la desserte des zones d’activités que nous sommes le plus en retard », admet Jean-Pierre Serrus, vice-président de la métropole Aix-Marseille Provence chargé de la mobilité. La jeune collectivité a ainsi mandaté la Chambre de commerce et d’industrie de Marseille Provence (CCIMP) pour sonder les entreprises implantées sur ces zones. Conscientes des lacunes de l’offre en transport collectif, les deux institutions ont lancé un appel à manifestation d’intérêts, « Solumob » pour stimuler les initiatives innovantes sur ces mêmes zones.
Nous avons exposé l’agenda de la mobilité métropolitaine à 18 500 entreprises, représentant 160 000 emplois, issues de 12 secteurs économiques. Nous leur avons expliqué la nécessité du report modal », a précisé Laurent Amar, vice-président de la CCIMP. Aujourd’hui, moins de 5 % des salariés travaillant dans ces zones d’activités emprunteraient les transports en commun. « Construites dans les années 60, ces zones sont éloignées des villes. Nous devons améliorer le dernier kilomètre », appuie Guy Partage, président de Convergence 13, qui fédère 200 parcs d’activités sur Aix-Marseille Provence. « Sans la mobilité, les autres politiques sont en difficulté », lance Jean-Pierre Serrus. « Nous allons investir 80 à 110 M€ en 2018 et d’ici à 2020. Nous recherchons 260 M€ de financements sur un budget de 623 M€ », poursuit l’élu métropolitain, qui sollicite le soutien de l’État.
