À la rentrée de septembre, les transports urbains de Perpignan font peau neuve, avec l’objectif de convaincre les automobilistes d’abandonner leur voiture. Parmi les nouveautés: un réseau structuré et cadencé, complété de services sur réservation, en attendant les bus électriques.
À partir du 3 septembre, le réseau de transport public de la métropole de Perpignan (36 communes, 271 000 habitants) présente une nouvelle configuration. Il s’agit pour les élus de Métropole-Méditerranée-Perpignan comme pour les opérateurs du réseau Sankéo, exploité par Vectalia-France d’encourager les Perpignanais à abandonner leur « chère voiture » pour emprunter les bus. Pour atteindre l’objectif, Sankéo propose une refonte totale du service avec le renforcement des trois principales lignes qui servent d’armature. L’ancienne ligne 4, nord-sud devient la ligne A pour « A 10 minutes ». L’opérateur promet un bus toutes les 10 minutes entre 7 et 20 heures. Elle sera opérationnelle entre 5 h 30 et 22 heures. Dans sa configuration actuelle, cette ligne transporte 1,4 million de passagers par an en moyenne. Elle bénéficiera de deux pôles de correspondance en milieu urbain. L’ancienne ligne 2 (est-ouest) devient la ligne B alors que la 8 devient la C (1,4 million de voyageurs pour les deux). Sur ces deux armatures, bus toutes les 15 minutes en pointe avec desserte de 6 h 30 à 21 heures.
Nous transportons 10 millions de personnes là où une agglomération de même taille, Besançon, enregistre 22 millions de voyages. Or, à Perpignan, 94 % de la population se trouve à moins de 300 mètres d’un arrêt. L’informatique nous a permis d’affiner la stratégie et d’agir sur les périmètres des stations les moins fréquentées, parfois 4 à 6 montées par semaine » explique Jean-Marc Pujol, président de la Métropole et maire de la ville. La collectivité accompagne la métamorphose structurelle d’une très solide campagne de communication pour que la population et notamment les jeunes, retombent en passion pour les bus urbains et péri-urbains. « Nous avons rénové et sécurisé les bus avec huit médiateurs de la Métropole. Nous avons changé le look et le nom en Sankéo. C’est le deuxième volet, à enveloppe budgétaire constante », poursuit Daniel Mach, vice-président en charge de la mobilité.
Pour compléter la desserte, en complément des lignes régulières (24 en supplément des A B et C) Sankéo propose un fort développement du transport sur réservation (TSR). Ce service existe actuellement pour les week-ends et jours fériés. Il est étendu à tous les jours, aux heures creuses. Il dessert des zones bien définies, comme le littoral, les terminus des lignes de bus, les gares de Rivesaltes et de Perpignan, ainsi que l’aéroport avec des services possibles en soirée (20 h 30-22 heures). « Nous attendons une montée en puissance régulière de ce service sur réservation, notamment dans les communes où jusque-là, la desserte par bus ne concerne que les scolaires », estime Anthony Fernandez, le directeur de Sankéo. « Tout ceci va nous permettre d’offrir un service public de proximité », poursuit Daniel Mach.
Les travaux de la commission du développement durable de la métropole de Perpignan, présidée par Henry Got, avaient exploré la piste « excitante » de la gratuité des transports publics. Jean-Marc Pujol et Daniel Mach ont écarté cette hypothèse sur le principe que les usagers devaient participer au financement du transport public. « Le coût du voyage revient à 66 centimes pour un abonné, grâce à la contribution des entreprises et des collectivités », précise Daniel Mach, qui prévoit d’engager le réseau de Perpignan sur la voie du développement durable avec, à terme, des véhicules électriques.
