Wizway Solutions a été créée en mars 2016 par quatre acteurs clés du transport, de la téléphonie mobile et de la sécurité numérique: Gemalto, Orange, RATP et SNCF, avec le soutien du ministère des Transports et du ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique. En moins d’un an d’existence, Wizway Solutions a remporté trois appels d’offres en France. Le lancement d’un premier service en septembre 2017, avec la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), sera suivi des régions Bretagne et Île-de-France, et d’un déploiement sur le réseau lillois Transpole. La solution développée par Wizway a également été choisie par la SNCF pour son assistant personnel de mobilité. Au-delà de la dématérialisation des billets de transport, la jeune pousse permet de stocker les billets de plusieurs réseaux de transport sur mobile pour un voyage de bout à bout, voire de stocker d’autres cartes de services publics, comme des accès piscine, bibliothèque, etc. Wizway a pour ambition de devenir un acteur clé de la billettique sur smartphone et objets connectés. La start-up prévoit de rapidement déployer sa solution dans les pays limitrophes de la France.
En se positionnant sur la dématérialisation de tous les titres de transport sur smartphone, Wizway ouvre la porte au MaaS. À court terme, il faudra encore résoudre certains obstacles, explique Pierre Brosse, CEO de Wizway.
Pierre Brosse. Effectivement, si l’on est client Free, cela ne marchera pas, ce qui est parfois le désavantage d’une marque low cost. Un grand nombre de clients sont majoritairement Orange, Bouygues ou SFR, mais si Free souhaite se connecter, notre porte est grande ouverte. Pour Apple c’est différent, tous leurs appareils sont compatibles NFC avec l’Apple Pay. Disons que cela fait partie des travaux en cours.
P. B. C’est le cas de 85 % des smartphones Androïd, c’est-à-dire ceux dont le prix est généralement supérieur à 150 €. Nous avons testé 330 téléphones compatibles NFC et seuls sept ont été rejetés. Certains modèles, comme des Xiaomi par exemple, fonctionnaient de manière trop aléatoire, nous avons préféré ne pas les accepter.
P.B. L’énergie dispensée lors du contrôle provient du valideur, il pourra donc débiter les unités même si le smartphone est éteint, ce qui évite un élément de stress au voyageur. En revanche, il y aura peut-être un problème si le smartphone éteint héberge sur sa puce un abonnement et des tickets. Il faudra s’assurer qu’un ticket n’est pas débité à la place du passe et c’est tout l’intérêt de la phase de test.
P.B. Notre solution est déjà opérationnelle à Strasbourg et le sera bientôt en Bretagne, sans compter l’Île-de-France, où le projet pilote démarrera début juillet. Wizway entend continuer à développer de nouveaux réseaux et de nouveaux services, car la dématérialisation concerne également d’autres aspects de la vie quotidienne. Dans cet esprit, nous proposerons sur Lille d’ici quelques mois une offre transport et smart city, qui regroupera sur smartphone un accès au réseau Transpole, mais aussi aux services de la vie quotidienne comme les accès à la piscine ou les cartes de bibliothèque. Cette solution sera détaillée lors du salon Transports Publics 2018, sur lequel nous ferons également d’autres annonces, notamment sur le MaaS (Mobility as a Service). La billettique sur smartphone apparaît en effet comme le chaînon manquant des projets MaaS. Elle permet de jumeler tous ces services sur un élément commun, disponible dans la plupart des poches des usagers.
