Les immatriculations d’autobus et d’autocar ont reculé de 5,2 % sur les cinq premiers mois de l’année. Seul le segment de l’interurbain progresse, les autres sont en recul avec un gros trou d’air pour les autobus (– 46 %). Le point sur ces premiers mois plutôt moroses.
Le marché du bus et du car ne se redresse pas. Après deux années de baisse consécutive (– 10 % en 2016 et – 4 % en 2017), les immatriculations continuent de flancher. « Jusqu’en 2015, nous étions plutôt habitués à une tendance en progression. L’an passé, on ne s’attendait pas à des reculs aussi forts. En ce début d’année, il s’agit plus d’un léger recul », a lâché Thierry Archambault, président-délégué de la Chambre syndicale internationale de l’automobile et du motocycle (CSIAM) lors de son point à mi-année, qui s’est tenu le 8 juin dernier à Paris. De fait, de janvier à mai 2018, les immatriculations reculent de 5,2 % par rapport à la même période un an plus tôt. Sur les cinq premiers mois de l’année, il s’est immatriculé 1 916 véhicules, dont 348 bus (en recul de 27 %) et 1 543 cars (identique à 2017). « Il s’agit d’une année de transition, qui devrait se terminer autour de 6 000 unités », a commenté Christian Giraudon, directeur des ventes d’Otokar et chargé de la commission bus et autocar au sein de la CSIAM, sans s’inquiéter outre-mesure. En termes de part de marché, Iveco (Fiat et Iveco Bus) domine avec 34,6 % des immatriculations, suivi par Evobus (Mercedes-Benz et Setra) avec 31,7 %. Loin derrière, le groupe VW (MAN, Neoplan, Scania) cumule 9,2 % de part de marché, et Van Hool 4,4 %. Le chinois Yutong n’est pas si loin, avec 3,5 % alors que VDL Bus & Coach est à 3 %, et Temsa à 2,9 %.
D’après l’analyse des chiffres des AAA (la base de données de l’industrie automobile française) portant sur les quatre premiers mois, de janvier à avril, on observe les évolutions suivantes selon les marchés:
Autobus – segment urbain de plus de 8 tonnes: Ce marché chute lourdement de 46 % sur les quatre premiers mois de l’année 2018, avec 187 immatriculations contre 344 l’an passé sur la même période. Certains constructeurs expliquent ce repli par les hésitations des collectivités face aux motorisations alternatives: vers quels modèles s’engager, et pour quel budget? La procrastination est également mère d’économie.
Autocars interurbains et scolaires de plus de 8 tonnes: C’est le seul créneau à progresser. Les immatriculations gagnent 20 %, avec 604 unités sur les quatre premiers mois de 2018 contre 504 l’an passé sur la même période. L’an dernier, ce segment avait pâti d’un ralentissement des appels d’offre, il est encore trop tôt pour analyser s’il s’agit d’un rattrapage.
Autocars de tourisme: Ce secteur baisse de 12 %, avec 535 immatriculations de janvier à avril 2018 contre 608 en 2017. Pour l’instant, le renouvellement des premiers cars SLO ne semble pas jouer sur les statistiques.
Minibus/minicars de moins de 8 t: Ce segment continue de baisser, en cédant 13 %, avec 226 unités contre 260 de janvier à avril 2017.
Avec 58 réseaux représentés pour cette édition 2018, les Bus d’Or ont permis aux conducteurs et conductrices de bus urbains de se mesurer au cours d’une série d’épreuves destinées à évaluer leur habileté, leurs réflexes, leur sens du service, ou l’adaptation de leur conduite au développement durable. Bachir Elgouille, conducteur RATP à Paris La Défense depuis 18 ans, s’est classé premier. Keolis Bordeaux prend la 2e place du classement, avec Philippe Mesnard. Laurent Piquemal, de Tisséo Voyageurs Toulouse arrive 3e, suivi par Sébastien Bègue, de Transdev Chambéry. Le groupe RATP compte également un autre conducteur à la 5e place du classement, Maher Bounaouara, conducteur sur le réseau de Vienne, également lauréat du prix du plus récent détenteur du permis D, qu’il a obtenu voici 15 mois seulement! Mylène Lantignac, de la régie Péribus de Périgueux, a remporté le prix de la meilleure conductrice. La remise des prix a eu lieu le 12 juin sur le Salon européen des Transports publics.
