La filiale des cars longue distance et à services librement organisés de Transdev poursuit son développement en se focalisant sur les marchés à forte valeur ajoutée.
En complément de son offre d’été, Isilines vient de signer un partenariat stratégique avec l’opérateur italien Busitalia Fast. « Isilines et Eurolines desservent le nord de la péninsule, avec des destinations comme Milan, Florence, ou Rome, explique Hugo Roncal, directeur général d’Isilines – Eurolines. Grâce à cet accord, nous proposons à nos clients une solution pour prolonger leur trajet vers d’autres villes italiennes. Nous proposons sur notre plateforme de réservation les billets de Busitalia Fast, et réciproquement. » Isilines propose d’ores et déjà une offre sur plus de 500 000 liaisons entre les villes européennes, et prévoit de doubler ce chiffre dans les quatre ans à venir.
La filiale de Transdev a mené à bien son plan de recentrage, lancé il y a un an. « Nous n’avons aucun problème à nous présenter comme le plus petit des trois opérateurs majeurs SLO en France, lâche Hugo Roncal. Ce qui compte avant tout pour nous, c’est d’afficher le meilleur taux d’occupation dans nos véhicules, environ 20 % supérieur à la moyenne du secteur. » Isilines a choisi d’adapter son offre à la forte saisonnalité de l’activité, donc de réduire fortement en périodes creuses, pour mieux coller à la demande. « Nous privilégions les liaisons transversales, sur lesquelles l’autocar apporte un réel service, en évitant la concurrence frontale avec les dessertes TGV », précise-t-il. Quant à la recette kilométrique moyenne, elle aussi varie fortement en fonction des lignes et des saisons.
Concernant les conséquences de la grève SNCF, après doublement, voire un triplement des réservations durant le mois d’avril, la fréquentation est restée 20 à 30 % supérieure à la normale par la suite. « Reste à savoir quelle proportion de ces nouveaux clients nous resterons fidèles. Il est encore trop tôt pour le dire », poursuit Hugo Roncal. Pour garder ses clients, Isilines a misé sur la qualité des services, et l’homogénéité de la flotte. Une plateforme téléphonique basée en Ile-de-France répond 7 jours sur 7 aux demandes des voyageurs, ce qui permet de traiter les aléas.
L’autorité de régulation des activités ferroviaires et routières a publié son bilan pour le 1er trimestre 2018. Avec 1,79 million de passagers transportés, les lignes d’autocar libéralisées ont connu une baisse conjoncturelle de fréquentation de 6 % par rapport au dernier trimestre 2017. Ces résultats confirment l’effet de la saisonnalité sur l’activité. En comparaison avec le même trimestre de l’année précédente, la fréquentation affiche cependant une nette hausse de 32 %, visible sur les liaisons radiales (+ 12 %), mais surtout tirée par le dynamisme des liaisons transversales (+ 53 %), et notamment infrarégionales (+ 85 %), et, en particulier, des liaisons vers les aéroports.
En conséquence, la fréquentation s’effectue désormais en majorité sur des liaisons transversales (53 %, contre 44 % début 2017 et 33 % début 2016). Le chiffre d’affaires des opérateurs au 1er trimestre 2018 s’élève à 23,20 M€ HT, en baisse conjoncturelle de 13 % par rapport au trimestre précédent. Ce chiffre d’affaires reste néanmoins supérieur à celui observé au même trimestre de l’année précédente (+ 24 %) en raison d’un niveau de fréquentation plus élevé, mais également d’une hausse modérée de la recette kilométrique. Cette recette kilométrique moyenne par passager a augmenté de 16 centimes d’euros en un an, et s’élève désormais à 4,40 € par passager aux 100 km. Là encore, les fluctuations sont saisonnières, puisque la recette kilométrique des opérateurs s’élevait à 4,60 € par passager aux 100 km au dernier trimestre 2017.
