Du secteur automobile aux nouvelles mobilités, Mov’eo évolue avec les acteurs qu’il rassemble. Une nouvelle étape démarre, avec le cap sur l’Europe et l’accompagnement des PME dans la conquête des marchés.
Créé en 2006 autour des principaux acteurs de l’industrie automobile, le pôle de compétitivité Mov’eo accompagne les évolutions de la mobilité. « La frontière entre mobilité individuelle et collective s’estompe, avec le développement des services numériques, et du véhicule autonome », remarque Marc Charlet, directeur général de Mov’eo. Transdev est ainsi devenu un des acteurs de premier plan du pôle Mov’eo. Pour la 6e année consécutive, Mov’eo a réuni plus de 300 professionnels du secteur de la mobilité intelligente dans les locaux de l’Estaca, à Montigny-le-Bretonneux, le 7 juin. En ouverture des débats, Luc Chatel, président de la PFA (filière automobile et mobilités), a rappelé le rôle essentiel des pôles de compétitivité dans la poursuite de l’innovation et l’accompagnement des projets vers la phase industrielle. A l’heure où les acteurs de la mobilité se diversifient, le travail collaboratif et transversal s’avère indispensable. « Les enjeux liés à la mobilité concernent le véhicule, les infrastructures, les territoires, les opérateurs de transport, les télécoms, les bâtiments, l’énergie… nous devons faire de ce melting-pot une communauté », précise Marc Charlet.
La structure et le fonctionnement des pôles de compétitivité évoluent également pour mieux accompagner l’innovation, de la recherche aux applications industrielles. « Nous devons devenir un hub de l’innovation », poursuit Marc Charlet. Un parcours est désormais proposé aux PME innovantes, avec l’intervention d’experts extérieurs pour les aider à définir et construire leur stratégie. Le dispositif s’inspire de l’accélérateur Pégase Croissance, déployé dans le secteur de l’aéronautique. Mov’eo, qui a signé deux partenariats avec des Clusters italien et néerlandais, renforce également sa visibilité européenne. Le pôle a posé sa candidature au consortium U-Move, destiné à fédérer la Knowledge Innovation Community (KIC) européenne en matière de mobilité urbaine. Cette structure, dotée de financements européens, aura pour mission de soutenir et d’accélérer les projets innovants à l’échelle de l’UE.
Développé par la société Airweb, Tixipass est une application smartphone qui s’adapte à tous les réseaux de transports publics, urbains ou interurbains. « Nous avons remarqué qu’il existait des flux importants entre certains réseaux voisins, comme La Rochelle et Poitiers, par exemple, explique Xavier Debbasch, président et fondateur d’Airweb. D’où l’intérêt d’une application interopérable. » Tixipass fonctionne par référencement contractuel avec les réseaux. Après avoir créé son compte, le voyageur peut charger ses titres de transport pour n’importe quel réseau répertorié. Pour le règlement, il a le choix entre un paiement par carte bancaire, ou le prélèvement sur sa facture de téléphone mobile.
L’appli intègre la géolocalisation, ce qui permet au voyageur de repérer sa ligne de bus et son arrêt. Le titre de transport apparaît sur l’écran du smartphone, et sa validité peut être contrôlée par QR Code ou repères visuels (pastilles de couleur mobiles et illustration). « D’ici la fin de l’année, nous visons une couverture nationale, et nous allons passer au post paiement, affirme Xavier Debbasch. Et nous allons prochainement intégrer le TER à notre catalogue. » Tixipass permet également de faire remonter des informations sur les usagers occasionnels des réseaux, et donc de mieux dimensionner l’offre. L’appli bénéficie du soutien d’Agir et de la Fnaut.
