Emmanuel Couet. La politique des mobilités de Rennes Métropole porte une triple ambition pour le territoire: bâtir des alternatives à la voiture solo, renforcer la solidarité territoriale entre les 43 communes de la Métropole et répondre aux enjeux environnementaux. C’est dans cet esprit que nous avons construit une DSP ambitieuse et innovante. Ainsi, pour la première fois, celle-ci propose une offre globale de services de mobilité: transports collectifs, vélos à assistance électrique et en libre-service, covoiturage, service de transports pour les personnes handicapées… De plus, avec une nouvelle application mobile unique, les habitants peuvent aujourd’hui choisir en un coup d’œil le mode de transport le plus adapté. Par ailleurs, nous veillons à ce que chaque habitant bénéficie d’une offre de transport optimale, quel que soit son lieu de résidence dans la Métropole. Enfin, cette DSP répond à une ambition écologique. En 2030, pas moins de 80 % des déplacements sur le réseau de transports collectifs se feront en modes décarbonés.
E. C. Notre nouvelle DSP garantit une grande complémentarité entre le réseau de bus et le métro. La seconde ligne de métro s’insère parfaitement dans un grand mix des mobilités. Sa mise en service permet de conforter notre offre de bus pour les lignes métropolitaines mais aussi de renforcer considérablement notre offre de transport pour les communes extra-urbaines: à la mise en service de la seconde ligne, les économies de kilomètres-bus générées par le métro seront redéployées au profit des communes hors cœur de Métropole. Cela représente une offre d’un million de kilomètres supplémentaires pour les lignes de bus extra-rocades. La seconde ligne de métro est aussi l’occasion de repenser les abords des quartiers desservis et de remettre en question la place centrale donnée à la voiture pour créer des ambiances apaisées en cœur de ville.
E. C. Nous devons aller encore plus loin pour que notre réseau devienne une vraie alternative aux déplacements en voiture. Il est bien sûr essentiel de maintenir un effort important en faveur des transports en commun. Cependant, dans un contexte de forte croissance démographique et d’attractivité économique, il serait illusoire d’imaginer que les transports collectifs suffiront à répondre à l’ensemble des besoins de déplacements sur notre territoire. Nous proposons déjà aujourd’hui l’offre de transports en commun par habitant la plus importante du territoire (hors Ile-de-France). C’est pourquoi il nous faut innover pour inventer les modes de transports de demain. Cela passe par la mobilisation de tout l’écosystème numérique pour réfléchir sur son modèle économique. Nous travaillons avec des partenaires à une réponse globale, élaborée à partir des usages des habitants. C’est le sens de la première édition de l’événement InOut, que nous avons organisé en mars dernier, un rendez-vous à vocation internationale autour des mobilités numériques. Un réseau de transports en commun performant et attractif est évidemment une garantie, un socle, pour permettre à chacun de se déplacer, quelle que soit sa situation. C’est bien désormais la capacité à y attacher de nouvelles solutions de mobilité et de nouveaux attracteurs qui consolideront demain la capacité à se déplacer autrement que seul, dans sa propre voiture. Avant de nous pencher sur de nouvelles grandes infrastructures, avec cette DSP, c’est d’abord la réussite des changements de comportement et des nouveaux usages de la mobilité que nous visons.
