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Rennes prépare sa révolution

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Rennes prépare sa révolution

Crédit photo Olivier Constant

Le réseau rennais Star se prépare pour la mise en service de la seconde ligne de métro automatique léger. Elle devrait intervenir au cours du second semestre 2020, et entraînera une restructuration profonde du réseau de bus urbain. État des lieux.

À en juger par la visite des installations, la seconde ligne du métro rennais devient chaque jour davantage une réalité. Pourtant, il faudra encore attendre deux ans pour que l’ensemble du système devienne opérationnel. Sa date de mise en service – initialement prévue au printemps 2020 – a, désormais, glissé au second semestre 2020, sans plus de précisions à ce stade.

C’est l’arrêt du tunnelier Elaine durant quatre mois et demi à partir du 19 novembre 2016 qui a provoqué ce décalage. Le budget de l’opération, soit 1,194 milliard d’euros n’a, en revanche, « pas été impacté », comme le confirme Jean-Jacques Bernard, vice-président de Rennes Métropole délégué aux transports et aux déplacements.

Intervenant dix-huit ans après la mise en service de la ligne a, l’ouverture de la ligne b favorisera une amplification du report modal dans cette agglomération de près de 450 000 habitants.

Nouvelle dimension

Longue de 13 km et comportant quinze stations dont trois aériennes, la ligne b a récemment franchi deux étapes cruciales. La première a résidé dans la sortie du tunnelier à l’issue du creusement des 8 186 m de tunnel le 28 février 2018. La seconde a consisté en l’achèvement du viaduc long de 2,4 km. Il reste, à présent, à « réaliser le second œuvre des stations qui se déroulera tout au long des années 2018 et 2019. Suivront la pose des voies au second semestre 2019, l’équipement des stations avec, pour la première fois à Rennes, l’installation de portillons automatiques et l’aménagement des abords », détaille Xavier Tirel, directeur de la Semtcar qui assure pour le compte de Rennes Métropole la maîtrise d’ouvrage de la construction de la ligne b. Au plus fort des travaux, celle-ci a mobilisé plus de 800 personnes à temps plein, sous-traitants exclus.

Une visite des installations réalisée le 28 mai 2018 à la station Gares permet de mieux appréhender le nouveau gabarit du métro rennais. Auparavant, il fallait faire passer des rames de 2,08 m de large. Avec le nouveau CityVal(r) conçu à Toulouse par la division Mobility du constructeur allemand Siemens, cette largeur est passée à 2,65 m. La longueur des quais n’est plus la même également. Elle a été portée à 35 m environ pour autoriser la circulation de triplets, c’est-à-dire des rames dont la composition aura été portée à trois caisses le moment venu. Toutes ces nouveautés confèrent une nouvelle dimension au métro rennais.

Toujours au chapitre des installations fixes, le garage atelier de la Maltière est déjà opérationnel. Implanté à proximité de la rocade ouest, il assurera les fonctions de maintenance et de stationnement des rames, de celle des installations fixes et abritera des locaux nécessaires à l’exploitation du métro de la ligne b.

Un objectif de régularité très élevé

Les retards précités dans l’ouverture de la ligne vont être mis à profit pour parfaire la fiabilité du futur système et, en particulier, des rames. Car c’est un taux de fiabilité proche des 99,982 % enregistré actuellement par la ligne a qui sera recherché pour la ligne b. Keolis pourra, en cela, profiter des plus de trois ans d’expérience acquis sur le nouveau matériel. La première rame a, en effet, été réceptionnée dès juin 2017. Deux autres ont suivi depuis. La quatrième sera livrée courant juillet 2018. Deux rames par mois seront ensuite livrées jusqu’à la fin de l’année 2019. Rennes aura, alors, pris en compte l’intégralité de sa commande, soit vingt-cinq rames à deux caisses. Elle reste, pour l’heure, la seule ville au Monde à avoir commandé des CityVal, les aéroports de Francfort et de Bangkok ayant récemment fait le choix de s’équiper de la version aéroportuaire de ce type de matériel.

Maintenant que les modifications de câblage ont été réalisées sur les trois premières rames, va pouvoir débuter la phase d’essais dynamique proprement dite. Les premiers roulages seront effectués au garage atelier courant juin 2018. Puis, interviendront les essais sur deux kilomètres de voie jusqu’à La Courrouze après l’été 2018. Prévus sur plusieurs mois, ils permettront de vérifier le fonctionnement de l’interface voie/matériel roulant.

En parallèle, se poursuivent « les formations des personnels qui seront mutualisées pour l’exploitation des lignes a et b. Une centaine de recrutements sont prévus. Ces personnels travailleront, en particulier au nouveau poste de commande centralisée (PCC) unique de Chantepie et au garage atelier de La Maltière. Ils compléteront, également, les effectifs de contrôle des titres de transport, l’accent étant mis sur la réduction du taux de fraude. S’élevant actuellement à un peu plus de 10 %, il pourrait chuter aux environs de 6 % à l’avenir. D’ailleurs, la ligne a sera également équipée de portillons automatiques dès que la nouvelle billettique sera mise en place », explique Jean-Jacques Bernard.

Amplifier le report modal

S’il y a bien un objectif assigné à la nouvelle ligne b, c’est bien d’amplifier le report modal. Selon les dernières données datant de 2014, la part du transport collectif était, alors, de 14 %. Le doublement du réseau de métro rennais devrait permettre de porter cette part à 20 % à l’avenir. Ce résultat sera d’autant plus aisé à atteindre qu’il repose sur un réservoir de trafic important.

La ligne b va, en effet, desservir des équipements structurants (gares, centre des congrès, etc.) et la nouvelle éco-cité de Viasilva. Aussi, son trafic pourrait atteindre les 113 000 voyages / jour dès son ouverture. Cette fréquentation viendra s’ajouter aux 130 000 voyages / jour de la ligne a. Dans ces conditions, la part du métro automatique léger pourrait atteindre les 60 % à l’horizon 2024 (sur une fréquentation totale du réseau de 112 millions de voyageurs) contre 43 % actuellement.

Contrairement à la ligne a où il n’y a pas de possibilité d’étendre les quais, à moins de travaux très onéreux, la ligne b ne sera pas contrainte au niveau de son développement. Sa capacité sera de 200 000 voyages / jour en maintenant des rames à deux caisses. Puis, elle sera portée à 340 000 voyages quotidiens grâce à la mise en place de triplets. Concrètement, l’exploitant rajoutera, alors, une caisse supplémentaire.

Profonde restructuration du réseau

Tout comme en 2002 avec la ligne a, la ligne b va entraîner une profonde restructuration du réseau le jour de sa mise en service. Afin d’éviter les doublons, des lignes de l’hyper centre de Rennes desservies par bus seront éliminées. Cela devrait entraîner une réduction du trafic de bus de l’ordre de 25 %. A contrario, l’offre de transport sera considérablement renforcée pour les communes extra-urbaines. Ainsi, un million de kilomètres supplémentaires sera créé pour les lignes de bus métropolitaines desservant les pôles d’échange du métro. En outre, sera mis en place une extension des horaires en soirée pour les lignes desservant les communes de plus de 6 000 habitants de Rennes Métropole.

Ces efforts ne seraient pas complets s’il n’y avait aussi le développement des parcs relais. La ligne b en comportera trois pour une capacité de 2 000 places. Celui de La Poterie, sur la ligne a, sera agrandi de 300 places à partir de 2019. Ainsi, l’offre totale passera à 4 000 places sur les deux lignes.

Pour l’heure, « il n’existe pas de projet de développement du métro rennais au-delà des deux lignes a et b », confirme Jean-Jacques Bernard. Tout juste Rennes Métropole a-t-il réservé « les emprises nécessaires sur 2 km environ pour accompagner la future extension de Cesson-Viasilva et donc de la ligne b à l’un de ses terminus ».

La mise en œuvre du nouveau plan de déplacements urbains courant 2019 permettra d’examiner les nouveaux moyens à mettre en œuvre pour répondre au trafic bus grandissant existant sur l’axe est-ouest. Cela pourrait être l’occasion de reconsidérer un projet d’extension de la ligne a vers Chantepie, un temps considéré. Il reste que la ligne b va donner de l’air à la ligne a sur le tronçon central entre Sainte-Anne et Gares. Ces deux lignes seront donc parfaitement complémentaires pour assurer l’irrigation au plus près (cf tableau) du territoire métropolitain de la capitale de la région Bretagne.

La ligne b en chiffres

• Longueur commerciale: 13 km

• Nombre de stations: 15

• Connexions avec ligne a: 2

• Nombre de rames: 25

• Capacité: 179 places dont 26 assises, 8 sièges relevables et 1 UFR

• Vitesse maximum: 80 km/h Vitesse moyenne d’exploitation (arrêts compris): 37 à 38 km/h

• Nombre de voyageurs / jour: 113 000

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  • Olivier Constant
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