Adapter le réseau routier pour accompagner l’évolution des comportements et le développement des nouvelles mobilités. Pour répondre à cette demande, les élus franciliens et l’État sollicitent experts et urbanistes.
Le Forum métropolitain du Grand Paris a lancé une consultation internationale sur le devenir des autoroutes urbaines, du boulevard périphérique et des voies rapides du Grand Paris. La démarche associe l’État, la Ville de Paris, la Région, la Métropole du Grand Paris, l’Association des maires d’Île-de-France (Amif), des départements et des intercommunalités franciliennes. Quatre équipes pluridisciplinaires seront invitées à plancher sur des solutions destinées à améliorer le fonctionnement des réseaux, réduire les nuisances liées à la circulation autoroutière ou encore mieux insérer les autoroutes urbaines dans leur environnement. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 3 août 2018.
Selon le préfet de région, Michel Cadot, « l’ambition majeure de ce projet, soutenu par le gouvernement et la ministre des Transports, est de prendre en compte l’accélération des transformations liées à la mobilité ». 800 km de linéaire routier ont été identifiés dans le cadre de cette étude, qui résulte du livre blanc intitulé « Vers des mobilités durables, intelligentes et optimisées à l’horizon 2030 en Île-de-France », réalisé dans le cadre du Forum métropolitain. Le budget du projet s’élève à 1 million d’euros, abondé par la Région et la Ville de Paris. Les résultats de cette consultation feront l’objet d’une grande exposition au printemps/été 2019.
Parmi les pistes envisagées: le développement du véhicule autonome, mais aussi l’aménagement de voies réservées au covoiturage ou aux transports collectifs sur les autoroutes, voire la mise en place de péages sur les tronçons urbains. « Les autoroutes gratuites sont une aberration en zone dense, puisque c’est là qu’elles coûtent le plus cher », souligne notamment Jean-Louis Missika, adjoint à la Ville de Paris en charge de l’urbanisme. Si la présidente de la Région, Valérie Pécresse, souhaite que ce projet contribue « à réinventer la route et en finir avec l’autosolisme », elle espère aussi que les hypothèses soulevées permettront « une simplification de l’enchevêtrement des compétences ». Pour Jean-Yves Le Bouillonnec, président du Forum métropolitain, « on peut attendre de cette consultation le pointage des contradictions en matière de gouvernance. Mais il faut distinguer la construction des compétences et les modalités d’exercice de ces compétences. »
Jusqu’en juin 2019, Île-de-France Mobilités, en partenariat avec Airparif, va mesurer les émissions des gaz d’échappement d’un panel de 22 bus diesel et hybrides représentatifs du parc de bus franciliens. Les bus diesel représentent actuellement 83 % du parc des 9 500 véhicules en circulation. « Nous avons besoin de ce type de démarche scientifique pour améliorer nos politiques publiques et le niveau des émissions de notre flotte bus actuelle en parallèle de la modernisation du parc qui reste la priorité absolue », explique Valérie Pécresse, présidente d’Île-de-France Mobilités et de la région Île-de-France. Airparif, partenaire reconnu pour son expertise du recueil et du traitement des données de qualité de l’air, va réaliser cette étude en conditions réelles d’exploitation et de circulation. Son financement est assuré à 100 % par Île-de-France Mobilités pour un montant total de 1,3 million d’euros. Les mesures des polluants émis par les bus permettront, entre autres, d’identifier un niveau moyen de pollution par motorisation (hybride et diesel) et par norme de véhicule (Euro 4 et 6). Les données recueillies serviront à Airparif pour enrichir son algorithme de modélisation de la qualité de l’air et mieux comprendre la pollution routière.
Les bus achetés à partir de 2019 seront équipés de la climatisation, a déclaré Valérie Pécresse dans une interview au quotidien 20 Minutes, en précisant toutefois que le système adopté ne devrait « pas trop consommer d’énergie ». La présidente du conseil régional d’Île-de-France a également précisé que les prix du Pass Navigo à tarif unique (75,20 € mensuels) et du forfait Imagin’R (destiné aux lycéens, étudiants et apprentis) resteraient stables en 2018.
