Dans le cadre d’un contrat de performance signé avec son autorité organisatrice, la compagnie strasbourgeoise devrait éviter toute mise en concurrence lors du prochain renouvellement de la concession de son réseau.
La CTS vient de relever « un défi presque existentiel », déclare Alain Fontanel, son président. La raison? L’entreprise est en capacité de réaliser, à la fin 2019, les 5 millions d’euros d’économie en année pleine exigés par l’Eurométropole de Strasbourg, son autorité organisatrice, dans le cadre d’un contrat de performance signé en 2017. Ce produit – qui va même atteindre les 5,24 M€ – est le fruit, entre autres, d’une optimisation des organisations à la maintenance (0,47 M€) et d’une intensification de la lutte contre la fraude (0,40 M€). Il résulte aussi et surtout « du développement de la sous-traitance sur toutes les lignes ayant un caractère périurbain », indique Jean-Philippe Lally, le directeur général de la CTS. D’ici à l’an prochain, 17 % des lignes de bus de la compagnie seront affrétées, contre 7 % en 2015. À la clé: un gain de 2,86 M€.
Avoir rempli sa part du contrat de performance est important pour la CTS car, « en contrepartie », l’Eurométropole de Strasbourg s’était engagée à lui renouveler, sans mise en concurrence, la concession de son réseau dont l’échéance est fixée au 31 décembre 2020. Problème: conformément à la législation européenne, une telle relation in house est impossible avec une société d’économie mixte comme la compagnie strasbourgeoise.
Afin de contourner cet obstacle, les élus de l’Eurométropole ont été appelés, ce 29 juin, à valider le principe d’un changement du statut de l’entreprise. L’objectif affiché: la transformer en SPL ou société publique locale. Exit donc à terme tous ses actuels actionnaires privés, à l’instar de Transdev. Seules l’Eurométropole et la région Grand-Est se partageront ses parts (la première collectivité à titre principal, l’autre à titre secondaire).
Cette modification doit encore faire l’objet de discussions en 2019 et englober la question de l’avenir de Strasbourg Mobilités, la filiale de la CTS à la tête du service de vélos partagés Vélhop. Sa reconfiguration en société indépendante n’est pas à exclure. En revanche, cette transformation « ne changera rien pour les salariés CTS », assure Jean-Philippe Lally. De son côté, l’Eurométropole pointe surtout que cette société publique locale « pourrait constituer le modèle d’opérateur le plus à même de répondre aux défis de demain: connexion entre territoires urbain et périurbain, co-organisation de dessertes… ». En outre, le rapprochement par ce biais de ladite collectivité avec la région Grand-Est – comprendre avec l’autorité organisatrice du ferroviaire régional – devrait permettre de « franchir de nouvelles étapes dans la complémentarité des réseaux ».
Validés le 21 juin en assemblée générale, les résultats 2017 de la CTS sont marqués par une hausse de la fréquentation de son réseau de l’ordre de 2,8 % (119,7 millions de voyages), alors même que son offre kilométrique n’a augmenté que de 0,1 %. La contribution de l’Eurométropole de Strasbourg a diminué de 0,80 M€ sur un an pour atteindre les 109,30 M€. Le taux de couverture des dépenses par les recettes a, pour sa part, cru de 2 % pour s’élever à 46,4 %. Précision: les mesures inhérentes au contrat de performance n’ont eu qu’un impact limité sur ces résultats, leur instauration étant essentiellement survenue au second semestre de l’année.
