Depuis le 28 août, un kilomètre de site propre bus traverse le quartier sensible de La Grande-Borne, à Grigny (Essonne). Cette desserte, essentielle au désenclavement, prépare la future mise en service d’une ligne de BHNS de 14 km, à l’horizon 2021.
Il aura fallu quinze ans d’efforts pour parvenir enfin à inaugurer le nouveau site propre de la ligne de bus 402, qui traverse désormais le quartier de La Grande-Borne, à Grigny. Un symbole de poids, relevé par le maire de la ville, Philippe Rio, qui a rappelé que bien des barrières ont été franchies pour obtenir « le droit à la ville ». Le projet, qui comprend la réalisation d’un kilomètre de voie bus et de ses accès, ainsi que la rénovation de la place du Damier, aura coûté 22 millions d’euros, financés à 40 % par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru), 40 % par la région Ile-de-France, 10 % par le département de l’Essonne, et 10 % par la communauté d’agglomération Grand Paris Sud Seine Essonne. « Un pognon de dingue, a ironisé Philippe Rio, qui apparaîtrait comme une dépense normale partout ailleurs. »
Véritable « projet de cohésion sociale et territoriale », comme l’a qualifié le préfet de l’Essonne, Jean-Benoît Albertini, le nouveau site propre de la 402 permet de désenclaver le quartier sensible de La Grande-Borne, où résident 11 000 habitants. Surtout, le bus traverse le quartier, et ne se contente pas de le tangenter. Il prépare aussi la montée en gamme de cette ligne 402, (la plus fréquentée de toute la grande couronne avec 26 000 voyageurs par jour), qui doit devenir à l’horizon 2021 le futur TZen 4. Sur 14 km, la ligne reliera Corbeil-Essonne à Grigny en passant par Evry, Courcouronnes, Ris-Orangis… et les quartiers sensibles des Tarterêts ou des Pyramides. Avec une fréquentation « qui dépassera les 40 000 voyageurs par jour », a rappelé Stéphane Beaudet, vice-président de la région Ile-de-France en charge des transports, et maire de Courcouronnes.
Cette inauguration marque aussi une étape de taille pour la société Tice (Transports intercommunaux centre Essonne). « Nous nous positionnons comme le transporteur de référence sur ce territoire », déclare Jean Caron, président de Tice. Seule SEM d’Ile-de-France, Tice sera confrontée à la concurrence dès l’année prochaine, comme partout en grande couronne. « Nous sommes une petite entreprise, mais nous connaissons bien nos lignes et nos clients. Notre atout, c’est la proximité. » Avec près de 90 000 voyageurs par jour, le réseau a de quoi attiser les convoitises. En particulier la ligne 402, à la fois longue et très fréquentée. D’où des performances hors normes: « Nos véhicules parcourent 1 million de kilomètres, le double de ce que réalisent les autres réseaux », précise-t-il. Pour les équipes de Tice, les défis s’enchaînent.
La mise en service du site propre de Grigny a été l’occasion pour l’exploitant du réseau urbain, les Transports intercommunaux centre Essonne (Tice), de remplacer le système de vidéosurveillance équipant les arrêts de bus. « Notre équipement analogique, déployé il y a dix ans, était devenu obsolète, précise Frantz Isambert, directeur technique de Tice. Nous avons choisi un nouveau système proposé par Génetec, dont l’intégration a été assurée par Spie. L’opération nous a également permis de moderniser notre centre de supervision. » Le tout a été financé par Ile-de-France Mobilité. La vidéosurveillance embarquée dans les bus n’a pas été concernée par le renouvellement. En revanche, des caméras directionnelles ont été installées le long du tracé du site propre, pour un montant pris en charge par la communauté d’agglomération Grand Paris Sud Seine Essonne.
En pointe sur la sécurité depuis la fin des années 1990, Tice est parvenu à faire baisser le nombre d’incidents sur son réseau à moins de 400 par an, pour 87 000 voyageurs transportés chaque jour. Le réseau, qui emploie 40 contrôleurs et 40 médiateurs, a signé en mai dernier un contrat local de sécurité pour améliorer encore le travail avec la police locale.
