Pour sa 17e édition, la Semaine européenne de la mobilité a choisi, cette année, de mettre l’accent sur la multimodalité. Mixer les modes de déplacements semble en effet la meilleure recette pour se déplacer sans prendre sa voiture en solo. Le Gart et l’UTP, quant à eux, ont placé l’événement sous les auspices du sport, partant du principe que l’utilisateur des transports collectifs bouge davantage que l’automobiliste lambda. Cette nécessité de faire de l’exercice s’avère de plus en plus impérieuse, si l’on en croit les dernières statistiques publiées par l’OMS. L’espérance de vie en Europe, en croissance continue depuis des décennies, serait ainsi menacée par l’obésité qui progresse inexorablement, mais aussi par la persistance du tabagisme et de l’alcoolisme. À terme, la courbe pourrait bien se tasser, voire s’inverser et l’espérance de vie reculer en Europe, comme c’est déjà le cas aux États-Unis.
Le transport public peut-il contribuer à entretenir notre forme physique, voire inciter à bouger plus? Pas si sûr, quand on sait que la majorité des trajets effectués en autobus font moins de 3 kilomètres, une distance facile à parcourir à pied. Les effets pervers de la forfaitisation des tarifs, conjugués à un maillage performant, sont également bien connus. Le détenteur d’un abonnement mensuel aura ainsi tendance à attraper un bus ou un tramway s’il le peut, plutôt que de marcher quelques centaines de mètres. Sur certains réseaux, comme à Bordeaux, le phénomène prend une telle ampleur que l’exploitant en arrive à communiquer sur les bienfaits de la marche, y compris en termes de temps de parcours…
Se déplacer d’accord, mais en usager responsable. Pourtant, il raffole également de tous les nouveaux modes de déplacement individuels: vélo électrique, trottinette électrique, gyropode, hoverboard, monocycle… autant d’alternatives à la marche à pied!
Alors quoi? L’Homo mobilis, l’œil sans cesse rivé sur ses écrans, agile dans un monde numérique en permanente mutation, serait-il devenu incapable de se mettre en marche? Selon Georges Amar, expert en usages de la mobilité, la qualité du temps consacré aux transports devrait suivre une évolution comparable à celle de l’alimentation. L’usager va choisir ses modes de déplacements comme ses tomates: bio, décarbonés et inclusifs. Destiné à soutenir les modes doux, le forfait mobilité présenté le 14 septembre par François de Rugy pourrait, un jour peut-être, être bonifié en fonction des calories dépensées…
