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Expérimentation

ESPRIT, des véhicules d’autopartage qui s’emboîtent

Les promoteurs du projet européen ESPRIT, soutenu entre autres par le CEA, Keolis et Vedecom, ont conçu des voiturettes électriques d’autopartage destinées à compléter les lacunes du réseau de transport en commun. Particularité: les petits véhicules de 2 ou 3 places peuvent s’assembler et former un train, ce qui facilite leur redisposition à travers le réseau de stations.

Imaginez des voiturettes électriques capables de s’emboîter les unes dans les autres jusqu’à former un petit train routier. Ces véhicules de démonstration ont été présentés la dernière semaine du mois d’août dans le quartier de Confluences (Lyon 2), dans le cadre du projet européen ESPRIT réunissant 18 acteurs européens, parmi lesquels on retrouve des entreprises françaises comme Keolis, Vedecom, Citiz, Lyon Smart Design. D’aspect assez rustique, tant extérieur qu’intérieur, ces voiturettes sont destinées à servir de solution d’auto-partage en corrélation avec les transports en commun. Ses concepteurs, avec le CEA et son Laboratoire d’innovation pour les technologies des énergies nouvelles et les nanomatériaux (Liten) en tête de file, veulent à tout prix éviter de reproduire les erreurs du passé, notamment les déboires connus par Autolib’. La clé du système ESPRIT, dont l’acronyme signifie Easily diStributed Personal RapId Transit, réside en effet dans sa faculté à offrir un taux de disponibilité continu de 90 % des véhicules dans toutes les stations en utilisant moins de main-d’œuvre par rapport aux systèmes actuels « qui ont 50 % des stations vides plusieurs fois par jour ».

En emboîtant les véhicules les uns à la suite des autres, les opérateurs vont en effet pouvoir redistribuer huit véhicules à la fois par un seul chauffeur. Le chiffre de huit véhicules n’a pas été fixé au hasard. « Il correspond d’après nos simulations à l’optimum en termes économiques », explique Valéry Cervantès, coordinateur du projet en provenance du CEA-Liten de Grenoble. En deçà, il n’y a pas assez de véhicules à convoyer et cela multiplie les allers-retours. Au-delà, il faudrait attendre trop longtemps de nouveaux véhicules pour repartir, ce qui créerait de la pénurie sur les autres stations.

Logique du premier et dernier kilomètre

Très compacts, les véhicules Esprit ne disposent que d’une rangée de sièges (avec des modèles à 2 ou 3 sièges). Ils prennent moins de place sur l’espace public et nécessitent une seule borne d’alimentation pour recharger toutes les batteries, puisqu’ils se rangent les uns après les autres, un peu comme des chariots de supermarché. Lorsqu’un utilisateur veut emprunter une voiture, il prend possession du véhicule de tête. Inversement, lorsqu’il rend son véhicule en station, il se dirige vers le dernier véhicule de la rangée. La connexion au dernier véhicule s’effectue de manière automatique, grâce à un dispositif de park assist. « Nous avons souhaité que l’utilisateur ait le moins d’opérations à faire, en facilitant l’étape de parking et en gérant nous-mêmes l’alimentation », souligne Valéry Cervantès. Les véhicules sont produits en France, par le carrossier-constructeur Technical-Studio, installé dans le Loiret. Leur prix est évalué à 15 000 € environ.

Le projet Esprit vise à compléter les réseaux publics de transport, en adoptant une logique du dernier kilomètre. Ainsi, les véhicules électriques disposent d’une autonomie assez réduite, de l’ordre de 50 kilomètres. « Ils sont destinés à des trajets de cinq minutes qui évitent les déplacements en voiture dans des zones moins bien desservies par les transports en commun, par exemple pour une liaison d’une zone pavillonnaire à un arrêt de tram, ou bien pour aller du tram à une zone industrielle », précise Valéry Cervantès.

Pourra-t-on un jour observer ces véhicules sur le réseau Keolis, qui fait partie intégrante du projet? Valéry Cervantès ne s’avance pas. « Keolis s’est intéressé au projet avec une curiosité bienveillante. Aujourd’hui, nous obtenons quelque chose qui marche en termes de fonctionnalités, même si le projet n’a pas atteint un niveau industriel. Nous recherchons maintenant un site de test. » Outre la région lyonnaise, le projet Esprit sera également présenté à Glasgow, ainsi qu’à L’Hospitalet de LLobregat, près de Barcelone, autres lieux possibles d’expérimentation.

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Auteur

  • Grégoire Hamon
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