Après la RATP, c’est au tour d’Arriva de signer un partenariat avec Régions de France. Des nouvelles mobilités à la réforme ferroviaire, l’échelon régional investit toujours davantage des compétences en matière de transports, renforcées par la loi NOTRe. En s’engageant dans des démarches coopératives avec les grands acteurs du secteur, Régions de France affirme également l’importance d’une réflexion mutualisée et partagée entre les différentes collectivités. Le temps où chaque entité régionale développait pour elle-même ses propres outils d’intermodalité ou de billettique serait-il révolu? Face aux défis à venir, l’heure est aux synergies, rendues plus que jamais indispensables face à la contrainte budgétaire.
Aux transitions énergétiques et numériques, s’ajoutent les retards pris en matière d’entretien des infrastructures. Le ministère des Transports a publié les résultats de l’audit mené sur les plus grands ouvrages d’art du pays. Les deux ouvrages les plus fragiles font déjà l’objet de travaux, mais il en reste une vingtaine à traiter en priorité. Ceux-là sont du ressort de l’État, mais les réseaux dépendant des collectivités nécessitent eux aussi des interventions… et donc des moyens. L’hypothèse d’un financement par la Caisse des Dépôts, via la Banque des Territoires créée ce printemps, a été évoquée. Tandis que le feuilleton du retour de la vignette poids lourds devrait se poursuivre, au moins jusqu’à la fin octobre.
Mais, même avec les moyens d’entreprendre les travaux, les collectivités auront-elles les capacités et le niveau d’expertise nécessaires pour instruire les dossiers? Cette mise à niveau du réseau routier devrait accompagner et préparer les grandes orientations de la politique des transports et de la mobilité. À condition que certains choix soient arbitrés en amont, à commencer par la hiérarchisation des réseaux et l’articulation entre ferroviaire et routier. Des orientations qui passent par une vision commune entre Régions, métropoles, et bassins de vie. Avec l’objectif de soutenir le développement économique local, pour faire en sorte que, in fine, s’il faut traverser la région plutôt que la rue pour trouver un emploi, les trajets ne soient pas un obstacle.
