Permettre aux plus âgés de continuer à prendre le bus en toute sécurité, c’est l’objectif du projet EasyBus. Testé en Allemagne, le véhicule développé par Iveco offre des aménagements spécifiques.
Depuis la loi de 2005, l’accessibilité est devenue un sujet prioritaire dans les transports publics, même si les efforts entrepris ne sont pas toujours allés aussi loin que l’auraient souhaité les associations de personnes en situation de handicap. Avec le vieillissement de la population, la part des usagers qui éprouvent des difficultés à se déplacer ne cesse d’augmenter. Le développement du transport adapté constitue une solution, qui ne peut être généralisée en raison de son coût individuel et collectif. En outre, les spécialistes s’accordent sur le fait que les personnes qui restent autonomes dans leurs déplacements vivent généralement plus longtemps en bonne santé.
En Allemagne, où la part des plus de 65 ans est la plus forte en Europe, le vieillissement est un sujet de société de premier plan, et les associations de seniors y sont plus actives et plus structurées. Iveco s’est lancé dans le projet EasyBus, une expérimentation menée en partenariat avec la DB et l’institut Fresenius, un centre de formation spécialisé dans le secteur de la santé. « Les personnes équipées de rollateurs ont beaucoup de difficultés à prendre le bus. Elles veulent être repérées par le conducteur, mais ne peuvent pas monter à l’avant, la porte étant trop étroite. De plus, elles ne savent pas où se placer dans le bus afin de voyager en sécurité. Et pour tous ceux qui souffrent d’arthrose, les sièges des bus sont trop bas », résume le professeur Christian T. Haas, chercheur à l’Institut Fresenius.
Sur la base d’un véhicule Iveco Crossway LE, le véhicule EasyBus propose une série d’aménagements destinés à faciliter les trajets de ceux qui redoutent de prendre le bus. Tout d’abord, grâce à une double porte équipée de rampe d’accès et de mains courantes, il devient possible de monter par l’avant du bus, même avec un rollateur. Ensuite, un cheminement matérialisé par une ligne jaune tracée sur le sol du véhicule conduit les passagers jusqu’à un emplacement spécifique, qui permet de « garer » le rollateur. Strictement réglementée, la hauteur de l’assise des sièges ne pouvait être modifiée. Pour contourner l’obstacle, il a suffi de surélever le sol! Ingénieusement placé sur une estrade, un siège permet de s’asseoir sans trop plier les genoux, avant de pivoter d’un quart de tour pour ne pas laisser ses pieds dépasser dans l’allée.
« Ces équipements ne coûtent pas cher, souligne Stéphane Espinasse, en charge du projet chez Iveco. Et nous pouvons proposer trois types d’aménagements différents. » En Allemagne, les véhicules EasyBus sont testés sur différentes lignes opérées par la DB. Un bilan complet sera dressé cet automne. D’ores et déjà, MVV, l’autorité organisatrice des transports de Munich, projette d’inclure ce type de véhicules dans ses prochains appels d’offres. Mais les bus aménagés ne sont pas seulement un gain de confort pour les aînés. « Les personnes âgées ont besoin de davantage de temps pour monter et descendre des bus. Nous avons calculé qu’une augmentation de 10 % des passagers de plus de 60 ans dans les bus ferait perdre 6 000 heures dans les transports publics », avance le Pr Christian T. Haas. Ces minutes perdues à chaque arrêt dégradent la régularité des lignes, et affectent l’attractivité du transport public. Il est donc doublement indispensable de favoriser l’inclusion des personnes âgées dans les bus.
